Coup de massue pour Tilly-Sabco et Doux, les deux géants de la volaille export, implantés dans le Finistère. La Commission européenne a annoncé mi-janvier qu'elle divisait par deux les restitutions accordées aux entreprises avicoles exportatrices, dont elles bénéficiaient. Instaurées en 1964, ces aides étaient destinées à compenser le manque de compétitivité à l'export des entreprises européennes face à leurs concurrents internationaux. Aujourd'hui, seules les entreprises Doux et Tilly-Sabco profitent encore de ces restitutions, qui représentent une grande partie de leurs bénéfices. Doux a ainsi touché, en 2012, 55 M€, ce qui fait de son pôle export le seul rentable. Tilly-Sabco a reçu 19,3 M€. Pour ces deux entreprises, cette annonce est une catastrophe. Pour Doux, que les difficultés financières avaient poussé à liquider le pôle « poulet frais » et supprimer un millier d'emplois, cette baisse significative pourrait grever un retour aux bénéfices anticipé pour 2013. La Commission européenne n'a jamais caché sa volonté de supprimer ces restitutions. L'an dernier déjà, les aides étaient passées de 325 ? la tonne à 217 ?. Elles sont aujourd'hui rapportée à 108 €. Cette baisse n'est donc pas une surprise mais son ampleur et la soudaineté de l'annonce ont choqué. Politiques et organisations représentatives locales ont levé les boucliers. « L'attitude de la Commission européenne est inapropriée », a fait savoir Pierrick Massiot, président de la Région Bretagne, rappelant « la crise que traverse actuellement la filière volaille en France ». « Les restitutions ne représentent que 0,2% du budget agricole européen », rappelle la FDSEA du Finistère, qui s'inquiète, à raison, pour les éleveurs avicoles : Doux et Tilly-Sabco ont annoncé leur intention de baisser le prix d'achat de la volaille aux éleveurs.
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