Agroalimentaire : Crise: des industriels trouvent la parade
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Agroalimentaire : Crise: des industriels trouvent la parade

Instabilité, volatilité et mauvaise régulation des marchés accroissent les risques de spéculation. En région, des industriels de l'agro développent de nouvelles pratiques.

Marché ne rime plus avec régulation. «Nous sommes passés du stable à l'instable», explique avec conviction l'économiste Philippe Chalmin qui participait le mois dernier à une matinée lilloise consacrée à l'agroalimentaire et organisée par le Crédit Agricole Nord de France. «Les marchés ont enclenché une spirale boursière irrationnelle», souligne Bernard Pacory, son nouveau président, en relevant que «la question agricole était redevenue complexe».






Construire de nouvelles relations, de nouveaux outils

Cette crise multiforme, difficile à appréhender, oblige tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire à des remises en cause. «Nous devons gérer cette instabilité à l'intérieur même des filières», plaide Xavier Beulin. Le président de la FNSEA milite depuis longtemps pour «la construction de nouvelles relations dans les filières». Contractualisation, interprofession, nouvel observatoire des prix et des marges: la boîte à outils est là. «Reste qu'il faut retrouver de vrais centres de discussion dans la filière!» Et pour lui, on ne peut plus se contenter d'une seule négociation annuelle entre industriels et GMS. «On doit pouvoir les rouvrir en cours d'année!» Ce passage du «stable à l'instable» oblige également au développement de nouveaux outils. C'est ainsi qu'une coopérative agricole comme Unéal s'appuie de plus en plus sur les marchés à terme pour faire face aux risques de volatilité. «Il devient de plus en plus difficile de signer des accords pluriannuels dans un tel contexte», fait ainsi remarquer Louis Guillemant son directeur général en poursuivant: «Nous sommes obligés de détricoter des accords à long terme que nous avions avec le groupe Tereos.»




Atteindre une taille critique, internationale Pourtant, c'est une voie que des groupes comme Bonduelle ou Mc Cain ont décidé de privilégier dans les rapports futurs avec leurs producteurs. Face à une telle volatilité, les groupes sucrier Tereos et laitier Sodiaal ont trouvé la parade. «Il s'agit d'avoir une taille critique, de s'investir dans plusieurs métiers et de s'implanter sur plusieurs continents», ont précisé Alexis Duval, directeur international et financier chez Tereos et Gérard Budin, président de Sodiaal International. Chez Tereos, cette stratégie est permise par l'existence de relations durables avec les 12.000 associés coopérateurs. Appuyant son développement sur le sucre et l'alcool, (betteraves et canne), le groupe s'est également diversifié dans l'amidon et implanté sur trois continents.


Innover

Innovation, qualité et sécurité alimentaire resteront, ainsi que le fait remarquer Pierre Deloffre, directeur général de Bonduelle, toujours le garant du développement. Développer une idée avant tout le monde à l'image de Cocorette surfant avant tout le monde sur la segmentation de l'oeuf et développant ses fermes de production sur paille, ne reste-t-il pas encore le meilleur rempart face à la crise?

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