À défaut de décrocher la lune, AFC Stab pourrait prochainement contribuer à la fabrication des satellites géostationnaires. Installée dans le pays de Retz, cette TPE de sept salariés qui réalise des moules en bois, collabore en effet aujourd'hui avec le Centre national d'études spatiales (Cnes). « Cela faisait des mois qu'on essayait d'entrer en relation avec les donneurs d'ordres de l'industrie aérospatiale, mais on n'y arrivait pas », se rappelle Henrick Merle, P-dg d'AFC Stab. La situation se débloque lors d'une rencontre organisée par le pôle de compétitivité EMC2, auquel la TPE ligérienne adhère. « Le Cnes était venu découvrir de nouvelles technologies. Je leur ai présenté ce que l'on faisait et on a très vite entamé une collaboration avec eux », poursuit le dirigeant.
Un bois « technologique »
Ce qui a intéressé l'agence spatiale française, c'est la technique de modification moléculaire d'un contre-plaqué réalisé par AFC Stab. Cette technologie permet de créer des moules en bois à prix compétitifs. La TPE, qui réalise par ailleurs des prestations d'usinage et fabrique des pièces en composite, en commercialise aujourd'hui auprès de l'industrie aéronautique. Ses clients se nomment Daher, Eurocoptère, EADS ou Spirit. Et l'activité est en plein essor, comme l'atteste un chiffre d'affaires qui devrait doubler cette année, pour s'établir entre 700.000 et 800.000 euros.
Résultats en 2014 ?
Demain, une nouvelle gamme de moules en bois composite permettra peut-être de créer les paraboles qui sont utilisées sur les satellites. Le bois remplacerait notamment l'invar, un alliage de fer et de nickel qui coûte plus cher que l'or et dont l'approvisionnement est soumis aux méandres de la géopolitique mondiale. C'est tout l'enjeu de la collaboration entre AFC Stab et l'agence spatiale française. « Le Cnes nous a apporté un financement qui nous permet de développer un produit sans déstabiliser l'entreprise », indique Henrick Merle. Celui-ci devrait connaître l'issu de ces développements à l'été 2014. Le dirigeant ligérien affiche sa confiance : « Depuis cinq ans, on a déjà surmonté plusieurs difficultés techniques. Aujourd'hui, je ne vois pas de frein particulier ». Si les résultats s'avèrent positifs, « cela peut révolutionner notre entreprise », assure le dirigeant qui estime que cette technologie pourrait lui rapporter entre cinq et dix millions d'euros de chiffre d'affaires par an.
Investissements en projet
Pour maîtriser de A à Z son process, celui-ci projette de se doter fin 2014 d'un autoclave afin d'internaliser le procédé de transformation moléculaire. Dans le même temps, devant la demande croissante d'usinage dans le secteur aéronautique, Henrick Merle envisage d'acquérir de nouvelles machines à commandes numériques. L'investissement nécessaire à ces équipements est évalué à près d'un million d'euros.
AFC Stab
(Saint-Hilaire de Chaléons) P-dg : Henrick Merle 7 salariés 400.000 € de CA en 2012 02 28 25 09 27