Vent-debout contre la décision d'Emmanuel Macron. Trois des quatre actionnaires locaux d'Aéroports de Lyon, -sauf la Ville de Lyon, dont le maire Gérard Collomb organisait ce mardi pour le Ministre de l'Economie un grand meeting à la Mutualité à Paris-, ont décidé de se retirer de la procédure de sélection qui doit désigner le repreneur des parts (60%) de l'Etat dans Lyon-Saint-Ex.
Règle du jeu
Emmanuel Imberton, président de la CCI Lyon-Saint-Etienne-Métropole, actionnaire à 25%, mais aussi Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et Christophe Guilloteau président du département du Rhône ont fait part presque simultanément de leur décision, dénonçant un changement de règle du jeu "à la dernière minute, à la demande d’Emmanuel Macron, le Ministre de l’Economie". Tous trois s'étaient publiquement prononcés en faveur du fonds d'investissement Ardian autour duquel un consortium d'acteurs économiques locaux s'était formé (Siparex, Caisse d'Epargne, Jean-Michel Aulas...) et était prêt à entrer au capital de l'aéroport. Selon des informations de nos confères de La Tribune, Bercy aurait retenu les candidatures d'un consortium emmené par Vinci et de l'Australien Macquarie, un groupe offrant des services bancaires et financiers allié à FPP (holding familial de Peugeot).
Décision incompréhensible
Les acteurs locaux ont en eu confirmation ce mardi. Pour Emmanuel Imberton, "cette décision de l’Etat est incompréhensible (...). Il était essentiel d’entendre les collectivités territoriales. Cette méthode témoigne d’un centralisme dépassé où Paris décide pour les territoires et à la place des acteurs locaux. J'ai décidé de ne pas participer à cette concertation artificielle qui n’aura comme objet que de cautionner le choix final de l’Etat". Laurent Wauquiez souligne de son côté qu'il préfère laisser l’Etat seul dans son désengagement de Lyon-Saint-Exupéry, Etat, dénonce-t-il qui "comme à Toulouse, a déjà montré son incapacité à écouter les acteurs locaux avec pour conséquence des résultats désastreux". Le département du Rhône par la voix de son Président Christophe Guilloteau se retire également, estimant que "les conditions de transparence et d’égalité pour l’ensemble des candidats ne sont plus réunies".
Nice
Concernant la privatisation de l’aéroport de Nice, les deux finalistes seraient le groupe Vinci, associé à l’assureur Predica et la Caisse des dépôts, et le consortium formé par Atlantia et EDF Invest. Pour rappel l’Italien Atlantia, gestionnaire notamment de l’aéroport de Rome, abrite en son giron la société Ecomouv, chargé un temps des fameux portiques écotaxe…