Quel est votre parcours?
Je travaille depuis 1998 chez Vinci dans les concessions d'infrastructures. J'ai été expatrié au Mexique jusqu'en 2005 pour la gestion de la concession de 22 aéroports remportée par Vinci. Je suis ensuite rentré en France pour la réponse à l'appel d'offres de la délégation de service public de Clermont-Ferrand. Nous l'avons gagné. J'y ai travaillé jusqu'en 2008.
Quelle est la situation de l'aéroport de Quimper?
L'aéroport de Quimper emploie 27 salariés, des gens passionnés par leur outil de travail et très polyvalents (N.D.L.R: Au 1ermars, date de la fin de la concession de l'aéroport par la CCI, le déficit annoncé est de 1,2M€).
Ce changement de concessionnaire s'accompagne-t-il d'un défi managérial?
Sur la situation, les salariés peuvent avoir deux appréciations: soit ils appréhendent le passage du statut public au privé -mais sur ce point, nous les avons rassurés: pas de diminution de salaire, maintien de l'ancienneté, pas de licenciements-, soit ils apprécient l'opportunité d'être adossés à un groupe qui leur offre des perspectives de développement.
Quelles sont les pistes de développementjustement?
D'abord, Quimper va pouvoir bénéficier de notre structure mutualisée dédiée au développement des lignes aériennes. Pour un aéroport isolé comme Quimper, il serait très coûteux de maintenir un tel outil. Cette cellule à des contacts réguliers avec des compagnies aériennes et TO. Mais attention. Nous n'allons pas générer de trafic dès cet été. Lancer une ligne est un investissement lourd pour une compagnie aérienne. Cela demande du temps. Et puis elles travaillent en général avec une ou deux saisons d'avance. À peine arrivés aux commandes, nous sommes en phase d'exploration de différentes possibilités. Mais déjà, il semblerait qu'un potentiel existe pour du charter vers le ski.
Quels sont les objectifs?
Nous avons clôturé 2008 à 120.000 passagers. L'objectif est d'atteindre les 150.000 à la fin de la délégation dans six ans et 10 mois.
Certains se demandent si l'aéroport de Quimper est indispensable. Qu'en pensez-vous?
L'aéroport de Quimper arrive, tant bien que mal certes, à 120.000 passagers sans subventions de ligne. Et Air France y trouve bien une logique et une rentabilité. On peut donc difficilement nier son utilité publique.
Et avec Notre-Dame des Landes?
C'est encore loin... Et puis Quimper et Notre-Dame des Landes n'ont pas la même zone de chalandise.
Que répondez-vous aux critiques des usagers sur les retards à l'aéroport?
Tout cela a déjà changé. Brit Air a remplacé son Fokker 100 par un CRJ 700 beaucoup plus fiable. Les plaintes ont cessé. Les gens, qui délaissaient Quimper au profit de Brest reviennent. Et puis Quimper a des atouts. L'aéroport est facile d'utilisation et familial.
Quels sont les investissements prévus?
Nous devons mettre l'aéroport en conformité avec la loi sur l'eau, dès cette année (750.000euros). Sont également prévus quelques investissements pour améliorer les systèmes d'exploitation opérationnelle d'embarquement et d'enregistrement.
Thierry Ligonnière, 36 ans, dirige l'aéroport de Quimper depuis le 1ermars et l'entrée en vigueur du nouveau contrat de délégation de service public entre la Région et Vinci-Kéolis. Entretien.