À Laval, le siège social qu’occupe le groupe Actual depuis 2002 est saturé. Et ce, malgré les extensions et réaménagements successifs, explique le président du groupe, Samuel Tual. "Nous réalisions 45 millions d’euros de chiffre d’affaires il y a vingt ans, nous en faisons aujourd’hui 1,6 milliard. Nous avons mené une phase soutenue de croissances externes. Nous avons désormais 200 personnes en gestion support sur 4 100 collaborateurs au total", détaille le dirigeant.
Cette accélération concerne aussi la diversification des activités du groupe dans l’intérim, le recrutement, l’insertion, la formation, ou encore les nouveaux supports digitaux avec l’implication dans des start-up, etc. Ces métiers sont déployés sous les noms Actual, Leader, Envergure, Esup ou encore Holberton School.
20 millions d’euros investis dans un nouveau siège de 6 000 m2
Pour construire son nouveau siège, le groupe Actual attend l’obtention du permis de construire sur des parcelles voisines de l’Espace Mayenne, en bordure de la ville. Le lancement des travaux est espéré à l’automne 2025, la livraison pour la fin d’année 2027. L’investissement représentera une vingtaine de millions d’euros.
Un outil pour fédérer les équipes
"Nous allons tripler les surfaces pour disposer de 6 000 m2 environ. Nous pourrons encore développer le nombre de fonctions support. Mais ce ne sera pas seulement un siège. Notre capacité d’accueil participera au sentiment d’appartenance à l’entreprise, notamment pour les collaborateurs qui viendront dans des agences plus éloignées de l’Ouest (le groupe possède 600 agences pour l’emploi en France, NDLR). Nous pourrons organiser des formations internes, nous aurons des salles de réunion, un vrai réfectoire et un amphithéâtre de 200 places, contre 70 actuellement", détaille Samuel Tual.
Un cadre de travail attractif
Le dirigeant a souhaité un cadre de travail exemplaire, dans la conception et les matériaux, mais aussi pour les conditions de travail. "Il y aura des coursives pour faire des pauses ou se croiser entre collègues. Le bâtiment est pensé pour qu’il n’y ait pas de bureau isolé dans un coin devant lequel personne ne passe jamais. Il y aura de la lumière, de l’espace et de la verdure autour. J’estime que lorsque des gens travaillent à Laval, ils cherchent un cadre de travail agréable. Nous ne sommes pas sur les mêmes préoccupations qu’à Paris, où un salarié accepte d’avoir un bureau situé au sixième étage sans fenêtre qui s’ouvre", poursuit Samuel Tual.
Emploi, mobilité et salariés logés
En parallèle, le groupe mène plusieurs projets immobiliers à Laval, Lyon et Paris. "On ne peut pas traiter le sujet de l’emploi durablement, sans aborder la question du logement", insiste Samuel Tual.
Son groupe s’ouvre ainsi au marché du logement, pour y héberger ponctuellement ou par intermittence des profils variés. Ce service, qui servira en priorité les besoins propres du groupe, sera proposé à d’autres entreprises.
Un immeuble pour les cadres à Laval
Face à la gare de Laval, un bâtiment va être construit en lieu et place de l’ancienne Poste. Coût de l’opération : dix millions d’euros. "Nous allons créer quarante-cinq logements pour accueillir des cadres qui viennent d’être recrutés, ou qui peuvent venir travailler sur Laval seulement deux jours par semaine par exemple. Je trouve que louer un appartement pour un salarié qui ne l’occupe pas en permanence n’est pas responsable. Et l’hôtel reste une solution temporaire. Ici, ce seront de grands T2 de standing avec en commun un rooftop et une salle de fitness au rez-de-chaussée. C’est un levier de mobilité et d’attractivité pour le territoire", présente Samuel Tual.
Mitoyen du premier immeuble d’Actual
Le futur bâtiment sera mitoyen du Trèfle, un immeuble de 5 000 m2 appartenant au groupe où travaillent des salariés de différentes entreprises, de manière régulière ou occasionnelle, des coworkers, avec des salles de réunion et quelques appartements à louer. Les équipes support d’Actual qui s’y trouvent rejoindront leurs collègues dans le futur siège.
Une offre diversifiée à Paris
À Paris, un autre immeuble a été aménagé en 21 logements à destination de cadres. Actual y a consacré quinze millions d’euros.
Toujours dans la capitale, le groupe a également racheté une auberge de jeunesse pour y accueillir une autre population de salariés. "Là, ce sont des chambres communes destinés à des salariés recrutés pour venir travailler sur des chantiers à Paris", cite en exemple le patron mayennais.
Héberger les jeunes à Lyon
À Lyon, ce sont 19 logements qui ont été rénovés et seront proposés à partir de la rentrée 2025 pour des alternants et de jeunes actifs. Là, ce sont 3,3 millions d’euros qui y ont été investis.
Une filiale appelée à se développer
La société My Business Home a été créée pour gérer ce parc de logements, en full services. "Les salariés doivent se sentir chez eux, même s’il y a des espaces partagés. Un service de conciergerie se chargera de prendre en charge la lessive, l’entretien des lieux, etc. et la gestion de la rotation des occupants auprès des entreprises clientes", résume Samuel Tual.
Un fils Tual pour gérer la société
Pour diriger cette société, le dirigeant a nommé l’un de ses fils, Geoffroy, formé aux métiers de l’hôtellerie (écoles Vatel à Paris et Glion à Londres). Son rôle devrait rapidement prendre de l’épaisseur. La nouvelle filiale est en effet amenée à s’implanter en différents types de logements, en fonction des besoins identifiés. "Nous allons étendre notre offre dans d’autres métropoles", annonce Samuel Tual.
L’aîné de la fratrie et créateur de la start-up Jobpass, Pierre-Yves Tual, a également intégré le groupe, en septembre 2024.
"Cela n'augure en rien de l'avenir de la gouvernance du groupe, insiste Samuel Tual. Cela peut en revanche rassurer les collaborateurs sur le fait que la famille reste impliquée dans la gestion du groupe, ce qui offre une certaine stabilité."