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Accro prend un bon départ avec ses simili-carnés fabriqués en France
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Accro prend un bon départ avec ses simili-carnés fabriqués en France

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Porté par un marché en plein essor, Accro, fabricant d’alternatives végétales à la viande, a vu son chiffre d’affaires passer de 4 à 10 millions d’euros entre 2023 et 2024. Détenue par Creadev et Roquette Ventures, la PME de 115 salariés mise sur le made in France, mais aussi sur l’innovation et l’origine locale de ses matières premières pour se différencier.

Installée à Vitry-en-Artois, dans le Pas-de-Calais, l’usine d’Accro affiche une capacité de production de 5 000 tonnes par an — Photo : Alexis Delespierre Photographe

Fraîchement arrivé sur le marché des alternatives végétales à la viande, Accro prend un bon départ. Après un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2023, soit la première année de commercialisation de ses produits à base de protéines végétales, la PME de 115 collaborateurs a terminé 2024 avec 10 millions d’euros, un chiffre d’affaires qu’elle compte bien doubler en 2025.

Détenue de manière majoritaire par deux fonds d’investissement familiaux, Creadev et Roquette Ventures, Accro va accélérer auprès de la grande distribution et de la restauration hors foyer. Portée par un marché en plein essor, la PME prévoit aussi des investissements dans son outil de production situé à Vitry-en-Artois, près d’Arras, dans le Pas-de-Calais.

S’imposer sur un marché bien investi

Selon Accro, le marché des alternatives à la viande, ou simili-carnés, atteignait en France, et en 2024, les 90 millions d’euros, soit une croissance de 43 % par rapport à 2023. Pour faire la différence sur un marché déjà bien investi, Accro mise sur l’extrusion humide des protéines végétales. "La plupart des autres acteurs font de l’extrusion sèche. Notre procédé, qui a nécessité six années de R & D, permet de produire un muscle végétal à partir des protéines de pois et de blé, qui est la base de tous nos produits. Ce muscle permet d’obtenir un bon niveau de qualité de produits, ce qui nous a ouvert des portes", revendique Renaud Saïsset, directeur général d’Accro.

Grâce à un procédé d’extrusion humide des protéines de pois et de blé, Accro fabrique un muscle végétal, qui est à la base de tous ses produits — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Autre argument, celui des matières premières locales. Accro se fournit en protéines de pois et de blé dans un rayon de 200 km pour produire ses simili-carnés made in France. "Nous sommes quasiment les seuls à fabriquer en France. Cela coûte plus cher mais notre processus de fabrication intégré, depuis la réception de protéines végétales jusqu’à l’emballage des produits, nous permet d’être compétitifs, en réduisant les intermédiaires", explique le dirigeant, qui compte atteindre la rentabilité cet été.

Muscler la distribution

Accro distribue ses alternatives végétales à la viande en grande distribution et en restauration hors foyer (RHF). Ce premier segment représente deux tiers de l’activité, dont 70 % réalisés sous la marque Accro et le reste en marques de distributeur. La RHF représente le tiers restant. "Nous avons démarré par là, ce qui nous a permis de faire connaître nos produits, notamment via les festivals", précise Renaud Saïsset. Le potentiel de développement reste important, "car toutes nos gammes ne sont par exemple pas présentes en grande distribution. Nous comptons 21 produits à date et nous en lançons en permanence de nouveaux, comme bientôt, une alternative au poisson", note le dirigeant.

Accro compte 21 produits à date et continue à innover en la matière — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Un projet d’extension de l’usine

En 2024, Accro a recruté 35 collaborateurs et investi près d’un million d’euros sur son site de Vitry-en-Artois, dans les process et l’innovation produits. L’usine affiche une capacité de 5 000 tonnes de produits par an qui, face à la croissance, atteindra vite ses limites. "Dans les deux ou trois prochaines années, nous prévoyons des investissements de l’ordre de 20 millions", annonce Renaud Saïsset. Ces derniers concerneront des innovations produits face à un "un marché encore très mouvant", mais aussi une nouvelle ligne de production en 2026, d’une capacité annuelle de 2 500 tonnes, ainsi qu’une extension de l’usine, sur un terrain adjacent.

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