En novembre dernier, l'Académie de l'Air et de l'Espace a fêté son 30e anniversaire. Pour l'occasion, un colloque sur les trente dernières années de l'aéronautique et de l'espace a été organisé à Toulouse, réunissant la crème des directeurs des industries concernées. L'occasion aussi pour l'association née dans la Ville rose de faire le bilan de ces trois décennies d'activité. « Depuis 2007, l'Académie est devenue européenne par la modification de nos statuts qui a consacré les membres associés européens en membres à part entière », rappelle son président Philippe Couillard. Aujourd'hui, l'association regroupe 350 personnes, dont 100 membres titulaires. Un quart des membres provient d'un pays européen autre que la France. « Notre objectif est d'accentuer ce caractère européen, car il n'y a plus de grand projet aéronautique ou spatial qui ne soit d'envergure européenne », souligne-t-il.
Influencer par une expertise
Le rôle de l'Académie de l'Air et de l'Espace ? Apporter une pierre à l'édifice de l'aérospatial en lançant des réflexions sur des sujets d'actualités. « Nous cherchons à influencer tous les décideurs, nationaux et européens, industriels et institutionnels, grâce à notre expertise », avance son président. L'avantage : les membres de l'Académie, plutôt retirés des affaires, peuvent exprimer librement leur opinion. Les profils, eux, sont variés : si les ingénieurs sont légion, on compte aussi des scientifiques, des pilotes et des astronautes, des financiers et des juristes, des historiens, journalistes et artistes. Les résultats des travaux de réflexion ou des colloques sont publiés régulièrement, portant, pour les derniers, sur « La politique industrielle » ou « Comment volerons-nous en 2050 ». Mais l'Académie délivre aussi depuis 2013 des avis et recommandations formalisés, sur des sujets divers tels que l'avenir de l'industrie des avions de combat ou bien les leçons à tirer après l'éruption du volcan islandais en 2010.
Un prochain colloque sur les drones civils
Aujourd'hui, l'Académie entame sa quatrième décennie avec sur le feu, plusieurs sujets brûlants qui collent aux enjeux actuels du secteur aérospatial. « Nous prévoyons un colloque sur les drones civils, et un autre sur l'attractivité des métiers d'ingénieurs et de techniciens, ces derniers ne touchant pas assez de jeunes ni de femmes », annonce Philippe Couillard. En attendant, l'Académie poursuit son cycle de conférences à Toulouse, à Paris, à Bruxelles plus récemment et espère les décliner bientôt à Bordeaux et à Rome.Elle propose aussi une activité de formation : tous les ans en avril se tiennent les Entretiens de Toulouse dans les locaux de l'Isae, soit 40 entretiens thématiques répartis sur quatre demi-journées pour une « formation par le débat ». En 2013, 190 participants avaient assisté à la 6e édition : un record. « Notre défi actuel ? Attirer davantage de PME, qui ont du mal à venir à cette formation, confie le président. C'est dommage : voilà une belle opportunité de participer à des débats qui réunissent les donneurs d'ordres, les chercheurs, les systémiers et les équipementiers. »
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