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3DiTex devient Ollow et industrialise la production de ses tubes en composite
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3DiTex devient Ollow et industrialise la production de ses tubes en composite

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La start-up girondine Ollow (ex-3DiTex) entame sa transformation industrielle. Elle prévoit la construction de deux usines d’ici à 2028 pour fabriquer des pièces composites creuses. Dédiée d’abord au secteur des sports et loisirs, notamment à la fabrication de cadres de vélos, elle espère démocratiser l’usage de son matériau dans d’autres industries, comme l’automobile.

Bertrand Laine, co-fondateur d’Ollow, actuellement hébergé à Canéjan (Gironde). La start-up prévoit de construire une première usine en 2025 — Photo : Romain Béteille

Créée en 2018, la deeptech girondine 3DiTex, qui fabrique des pièces composites creuses, s’est récemment rebaptisée Ollow et enclenche son industrialisation. Elle deviendra locataire en 2025 d’une première usine de 3 000 m2 au Haillan, près de Bordeaux, puis d’une seconde de même taille et sur le même terrain en 2028.

Objectif : fabriquer des pièces en thermoplastique à destination, dans un premier temps, du marché des sports et loisirs. L’une de ses ambitions est de fabriquer de cadres de vélos "made in France" se substituant à une production aujourd’hui effectuée en Asie du Sud-Est.

La société souhaite aussi fabriquer d’autres objets, comme des bâtons de marche, des crosses de hockey ou des raquettes de tennis.

12 millions d’euros d’investissements 

Ollow, qui a levé 5 millions d’euros fin 2022 (dont 2,5 M€ en capital auprès des fonds Supernova et GSO) pour financer sa R & D et le développement de ses propres machines, est passée d’un effectif d’une dizaine de personnes à 30 aujourd’hui.

Elle anticipe le recrutement de 10 salariés de plus en 2024 et le double l’an prochain, jusqu’à atteindre "150 à 200 personnes en 2028. Nous avons prévu d’investir 12 millions d’euros en équipements industriels d’ici là. Passer d’une start-up à un industriel est nécessaire pour des raisons de volumes : il faut fabriquer des milliers de cadres pour être rentables et amortir cet investissement", explique Bertrand Laine, PDG et cofondateur d’Ollow.

La start-up girondine Ollow va fabriquer des cadres de vélo en composite pour le fabricant de vélos occitan Caminade — Photo : Ollow

La société a signé une première commande de présérie pour "quelques centaines de tubes" avec le fabricant de vélos haut de gamme Caminade (6 salariés, 637 000 euros de CA en 2022), basé à Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales). Ce dernier se chargera de les assembler pour fabriquer ses cadres sur-mesure.

Cette commande servira de test à la ligne pilote d’Ollow, montée à Canéjan (Gironde) avant d’être transférée dans sa première usine. Elle a déjà dans les tuyaux deux autres commandes plus importantes, "une de type bâton et l’autre dédiée à une application dans le monde de la piscine", révèle Bertrand Laine, le tout pour 2024.

Un marché plus accessible

Après un premier démarrage vers la production en composite de textiles techniques (pour des applications comme des ballons ou des sacs de luxe), Ollow a basculé dans le domaine du sport, "un marché plus rapidement accessible car déjà existant".

Entouré d’un écosystème de partenaires industriels (Arkema en tant que principal fournisseur de matière première, Protoform Bourgogne pour le procédé de surinjection nécessaire à l’assemblage de ses tubes), Ollow fait valoir ses atouts.

"Les matières utilisées pour fabriquer le thermoplastique sont partiellement biosourcées et plus facilement recyclables car la fibre peut être retransformée, à l’inverse de matières thermodurcissables comme l’époxy dont la transformation après cuisson n’est pas réversible", détaille Bertrand Laine. "C’est une matière intéressante pour de la production de masse, avec un cycle de transformation plus court".

Les objets fabriqués partent ainsi de rubans de fibre longue achetés à des fournisseurs locaux, français et européens et sont transformés, par plusieurs processus brevetés par l’entreprise, en pièces rigides. Ollow espère industrialiser la fabrication de cadres au deuxième semestre 2025 en signant d’ici l’été avec deux gros partenaires fabricants. Elle prévoit de fabriquer 70 000 pièces (tubes) par an en 2025 et 200 000 fin 2026.

Vers des industries lourdes

Le marché des sports et loisirs est envisagé comme une première étape vers son but ultime : la démocratisation de l’utilisation de pièces creuses en composite dans des industries plus lourdes, comme l’automobile - pour fabriquer des armatures de sièges - ou l’énergie pour des réservoirs à hydrogène à destination de multiples types de transports. Elle ambitionne de réaliser des pièces en plus grande série, là où d'autres entreprises locales comme CMP Composites se spécialisent davantage pour équiper des réservoirs cryogéniques de fusées par exemple. 

"Nous souhaiterions ouvrir ces composites à de nouveaux marchés auxquels ils n’ont pas accès. Dans l’automobile, par exemple, ils répondent à l’enjeu essentiel d’allègement du poids des véhicules. Mais pour adresser ce marché, comme d’autres, il faut évangéliser l’utilisation du thermoplastique à fibre longue afin d’être crédible", termine le cofondateur.

Pour l’heure, Ollow démarre tout juste son virage industriel. L’entreprise anticipe déjà une seconde levée de fonds d’une dizaine de millions d’euros entre fin 2024 et début 2025 pour le financer et vise "40 millions d’euros de chiffre d’affaires avant 2030".

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