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À 30 ans, Ressources T prépare des axes de diversification
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À 30 ans, Ressources T prépare des axes de diversification

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Le groupe coopératif breton Ressources T, basé à Rennes et présent également à Brest et Saint-Brieuc, allie économie circulaire et insertion depuis maintenant trente ans. En forte croissance, il cherche à s’agrandir, pour pouvoir aussi lancer de nouveaux services.

Ludovic Blot, directeur général de Ressources T et Daniel Boujard, président de la coopérative, œuvrent pour le réemploi et l’insertion — Photo : Virginie Monvoisin

Né en 1994 à Rennes, le groupe coopératif Ressources T fait figure de pionnier sur le marché du réemploi. D’abord association, devenue SCIC coopérative, il regroupe aujourd’hui cinq entreprises d’insertion par le travail dédiées au réemploi, au recyclage et à la valorisation des déchets : Envie Électroménager Bretagne, Envie Recyclage Bretagne (pour les équipements électriques et électroniques, matelas, déchets du bâtiment), Envie Transport Bretagne, Envie Autonomie Bretagne (matériel médical) et SITI Intérim. Elle emploie 250 collaborateurs dont 160 en insertion, et ambitionne de doubler de taille d’ici à 2030.

Innovation et diversification

"Nous lançons une réflexion sur notre stratégie, que nous baptisons Cap 2030, indique Ludovic Blot, directeur général de Ressources T. Nous sommes à un tournant, et pour cela nous devons nous développer par l’innovation et nous diversifier." L’entrepreneuriat social non lucratif fonctionne, puisque le groupe réalise en propre 11 millions d’euros de chiffre d’affaires, et vise les 22 millions en 2030. "Mais le marché attire aujourd’hui les distributeurs qui voudraient privatiser le gisement, s’inquiète Ludovic Blot (les distributeurs tendent à créer leur propre filière de réemploi pour revendre directement dans leurs magasins, NDLR). Nous interpellons l’État pour que ce gisement soit adressé en priorité à l’économie sociale et solidaire, vertueuse."

Le gisement ? Il s’agit de tous les objets dont les particuliers se débarrassent parce qu’ils sont cassés, abîmés ou trop vieux. Les entreprises de Ressources T sont chargées par les éco-organismes de les collecter, de les trier, de les réparer et de les reconditionner pour les remettre sur le marché. Une démarche qui va dans le sens de la loi AGEC, qui doit permettre à l’État d’atteindre ses objectifs en matière de réemploi.

Déménager la logistique

Pour faire face à ces enjeux et reconditionner encore plus, Ressources T a besoin de davantage de place dans ses locaux rennais de la rue de la Donelière. Le groupe envisage de déménager son activité logistique, qui occupe 2 000 des 3 200 m² de bâtiment. "Nous avons besoin de 4 000 m² couverts sur un grand terrain pour augmenter la capacité de production de nos magasins", indique Ludovic Blot. C’est en effet une trentaine de camions qui apportent ici les gisements de matériel électrique, électronique et électroménager qu’il faut trier pour garder les plus à même d’être reconditionnés dans ses ateliers. Cela représente 15 000 tonnes par an, auxquelles il faut ajouter 530 tonnes d’objets réemployables comme du mobilier, des vélos, etc.

Une levée de fonds à impact de 2 millions d’euros

"Pour financer ce développement, nous allons chercher une levée de fonds à impact avant fin 2024, autour de 2 millions d’euros", annonce Ludovic Blot. Ensuite, Ressources T pourra aller chercher des financements complémentaires. D’autant que ses projets sont nombreux. Outre le développement de son activité logistique et donc de son atelier de reconditionnement, le groupe veut se diversifier en dehors du déchet.

Prestations informatiques

Fin septembre, il lance une activité de prestation informatique, toujours avec des salariés en insertion, son modèle depuis trente ans. "Nous gardons cet objectif de permettre l’insertion sur le marché du travail de salariés grâce à un parcours de 24 mois chez nous", précise le directeur général. Ressources T travaille les savoir-être puis les savoir-faire vers la professionnalisation pour les amener ensuite à s’insérer dans des entreprises classiques. "Nous allons embaucher des profils différents, souvent plus jeunes, avec une appétence pour l’informatique, pour répondre à un besoin que nous avons identifié auprès des TPE, PME et entreprises de l’ESS, poursuit le dirigeant. Dans l’insertion, il existe peu de postes proposés en tertiaires pour l’instant." Ressources T a testé l’infogérance en interne pour ses besoins d’infogérance informatique, et l’ouvre donc à toute entreprise ou collectivité. Il s’agit de proposer tous services d’assistance, de résolution de pannes, d’administration serveur, d’aide aux logiciels métiers et de renouvellement de parc, notamment par du reconditionné, évidemment. Deux salariés en insertion sont déjà à l’œuvre.

Vers la maintenance des bâtiments

Ressources T prépare en parallèle une autre diversification, dans les métiers de la maintenance des bâtiments et des outils de production. "Nous pourrons proposer des services de petite maintenance, en menuiserie, électricité, plomberie par exemple", précise Ludovic Blot. Le lancement est prévu pour 2025. Parmi les projets de ce Cap 2030 figure aussi l’adaptation d’outils et d’activités plus accessibles à un public féminin. "Nous devons notamment travailler à la représentation des métiers chez nos prescripteurs", ajoute le directeur.

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