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Colère chez Ressources T qui risque de perdre 200 emplois
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Colère chez Ressources T qui risque de perdre 200 emplois

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L’avenir du réseau Envie est menacé en Bretagne. Un appel d’offres logistique lancé par l’éco-organisme Ecosystem remet en effet en question le modèle de la filiale Envie Transport Bretagne du groupe coopératif Ressources T. Spécialisé dans l’économie circulaire, il pourrait perdre 200 emplois, dont une majorité en insertion.

À Rennes, chez Ressources T, auquel appartient Envie Transport Bretagne, un atelier est dédié à la réparation de produits électroménagers qui partent vers du réemploi — Photo : Virginie Monvoisin

Un appel d’offres logistique mené par l’éco-organisme Ecosystem est à l’origine de l’inquiétude chez Envie Transport Bretagne. Cette société du groupe coopératif Ressources T (230 salariés, 11 M€ de CA), basé à Rennes et présent à Brest et Saint-Brieuc, est spécialisée dans la collecte dite "préservante" de gros électroménager, c’est-à-dire destinée au maximum au réemploi.
La mise en œuvre de ses prestations de collecte est organisée par l’éco-organisme Ecosystem, avec qui elle fonctionne depuis près de vingt ans, grâce à des marchés remportés successivement. Mais Ecosystem, qui est une entreprise d’intérêt à but non lucratif agréée par les pouvoirs publics, n'a pas retenu Envie Transport Bretagne dans son dernier appel d’offres qui sera effectif en mai. C'est également le cas de quatre autres sites logistiques du groupe Envie (à Nantes, Angers, Niort et Mulhouse). Ecosystem est détenue par des distributeurs et fabricants d’électroménager, qui sont tenus par l’obligation dite du pollueur-payeur de financer, à partir des éco-participations sur leur vente, l’organisation et la mise en œuvre des solutions de collecte, mais aussi de réparation, de réemploi, de réutilisation, ou de recyclage pour leurs produits.

Un marché qui représente 70 % de l’activité

Alors que les politiques publiques misent sur l’insertion et l’économie circulaire pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux, Envie ne comprend pas cette décision et demande un "réexamen, afin de préserver ses missions et son ancrage territorial". Car l’enjeu est bien plus large qu’une perte de marché public. En ne remportant pas cet appel d’offres, Envie Transport Bretagne pourrait être contraint de fermer son site rennais, puisque ce marché avec Ecosystem représente à lui seul 70 % de son chiffre d’affaires. Par répercussion, c’est même l’ensemble des structures d’Envie Bretagne qui sont menacées. Cela représenterait plus de 200 emplois, dont 150 en insertion.

Un coup dur pour l’insertion professionnelle

"Je suis abasourdi et en colère face à cette décision basée sur le critère du coût, réagit Ludovic Blot, directeur général de Ressources T. Elle ne tient en compte ni de la qualité et la cohérence de nos offres techniques, ni des spécificités de notre collecte préservante pour le réemploi, ni surtout de l’impact désastreux sur les emplois d’insertion." Elle met à mal également les nombreux investissements faits sur la durée par Ressources T. Cette activité constitue en effet un support d’insertion professionnelle sur des métiers logistiques, avec un taux de sortie vers l’emploi ou la formation évalué à 81 % en 2024.

"Une grande inquiétude pour l'emploi et l'économie circulaire"

"Cette décision suscite une grande inquiétude pour l’emploi et l’économie circulaire sur notre territoire. Envie 35 est un pilier de l’insertion par l’activité économique […] Nous sommes pleinement mobilisés à leurs côtés", réagit pour sa part Sébastien Sémeril, vice-président en charge du développement économique et de l’emploi chez Rennes Métropole.

À l’échelle nationale, le réseau Envie (53 entreprises adhérentes), auquel appartient Ressources T, estime à 1 000 le nombre d’emplois en insertion menacés par cette décision de l’éco-organisme.
Contacté par nos soins, Ecosystem n’avait pas encore réagi ce lundi 14 avril après-midi.

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