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2026 devrait être l’année de l’ajustement en immobilier d’entreprise en Ille-et-Vilaine
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2026 devrait être l’année de l’ajustement en immobilier d’entreprise en Ille-et-Vilaine

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Après les turbulences de ces dernières années, 2025 a été une année contrastée dans l’immobilier d’entreprise. La demande placée de bureaux a reculé de 11 %, mais les secteurs des locaux d’activité et de la logistique se portent plutôt bien, et les investissements se stabilisent. Pour 2026, un ajustement du marché se profile, porté notamment par des projets liés à la souveraineté économique.

Safran va implanter à Rennes-La Janais une nouvelle usine spécialisée dans la fabrication de pièces de moteurs d’avion. C’est la plus grosse transaction en volume en 2025, pour 23 000 m² — Photo : Safran

Après une année 2024 en net ralentissement dans l’immobilier d’entreprise en Ille-et-Vilaine, "2025 a été une année de résistance, avec des dynamiques contrastées en fonction des classes d’actifs", résume Kévin Levaire, président de la Fnaim Entreprises 35. La fédération des professionnels de l’immobilier bretilliens dresse un bilan plutôt encourageant pour l’avenir, dans un contexte économique et géopolitique qui reste instable.

La demande placée de bureaux encore en chute

C’est sur le marché des bureaux que l’incertitude s’est le plus fait sentir en 2025, les chefs d’entreprise ayant été prudents. Ainsi, la demande placée s’établit à seulement 80 500 m² en 2025 sur Rennes Métropole, en recul de 11 % sur un an, et même de 25 % par rapport à la moyenne décennale. Il s’agit de la troisième année consécutive de baisse. "Toutefois, Rennes se situe au 8e rang des métropoles alors qu’elle est la 11e ville de France. Nous faisons mieux que Nantes", tempère Eric Debarnot, directeur de Giboire Entreprise et Commerce. Le centre-ville de Rennes reste le plus attractif. L’activité a été soutenue par une opération majeure, le futur siège de Samsic à EuroRennes, sur 11 000 m², mais aussi par les petites transactions inférieures à 400 m². "Elles montrent la résilience des PME et professions libérales notamment, et une situation économique qui reste saine, ajoute Eric Debarnot. Mais on constate un coup de frein très important des sociétés du numérique, qui ont augmenté le télétravail et vu la commande publique baisser."

Une offre de bureaux surabondante

Parallèlement, l’offre disponible de bureaux continue de progresser. "Elle est de + 28 %, atteignant près de 220 000 m² à un an, soit l’équivalent de 2,3 années de transactions. C’est l’effet miroir de la demande qui baisse. Nous avons une offre surabondante", analyse Eric Debarnot. Cette hausse est principalement portée par la seconde main, conséquence des arbitrages opérés par les grands utilisateurs au profit d’immeubles neufs, plus performants et mieux situés. La question du "stock dur" (ces bâtiments obsolètes ou mal localisés) – devient ainsi un enjeu central pour les années à venir. Des réflexions émergent et de premiers bâtiments tertiaires anciens vont être transformés en logements, comme avec une résidence services route de Fougères à Rennes, sur 4 000 m².

Rebond pour les locaux d’activité

À l’inverse, le marché des locaux d’activité a signé un net rebond en 2025, avec 128 000 m² transactés (+ 29 % sur un an), au-dessus de la moyenne quinquennale. Cette dynamique est toutefois amplifiée par quelques opérations exceptionnelles, dont l’installation de Safran à La Janais sur 23 000 m². "L'appétence pour le neuf se confirme, avec des volumes multipliés par deux, tandis que les PME continuent de constituer le socle du marché", résume Delphine Baron, consultante activités chez BNP Paribas real Estate. L’offre disponible, elle, a fait un bond de + 53 % en un an, laissant espérer un maintien du marché pour 2026."

C’est la même tendance dans la logistique, où "il y a eu en 2025 une petite embellie de la demande placée et l’augmentation de l’offre disponible, dont 150 000 m² immédiatement disponibles, indique Stéphane Dauphin, directeur de Cushman & Wakefield Rennes. L’offre se réorganise en Ille-et-Vilaine à + 30 % par rapport à 2024, enfin composée de bâtiments de dernière génération." L’axe Rennes-Paris et le sud de Rennes sont toujours recherchés. Les volumes placés continuent sur leur lancée, avec déjà 10 000m² rien qu’en janvier 2026.

Les investissements se stabilisent

Enfin, du côté des investissements, la métropole rennaise résiste bien. Près de 90 millions d’euros ont été investis en bureaux en 2025, un niveau proche de celui de 2024, auxquels s’ajoutent 93 millions d’euros en activité et logistique. "Les taux prime se maintiennent autour de 6,25 %, traduisant un marché désormais stabilisé", analyse Frédéric Laurent, directeur associé de Cap Transactions.

Pour 2026, la trajectoire devrait rester comparable. "L’alignement des planètes ne sera pas parfait, mais 2026 sera une année d’ajustement", estime Kévin Levaire. La capacité du territoire à capter les projets liés à la réindustrialisation et à la souveraineté économique pourrait constituer un levier de reprise progressive.

Ille-et-Vilaine # Immobilier # Conjoncture # Économie # Écosystème et Territoire