10 entreprises régionales à la pointe de l'innovation
# Innovation

10 entreprises régionales à la pointe de l'innovation

Les entreprises des Hauts-de-France ne sont pas à la traîne dans le domaine de l'innovation. La Ch'tilicon Valley génère chaque année son lot de petites perles technologiques. Le Journal des entreprises a sélectionné dix initiatives régionales à suivre dans ce domaine.

Fin novembre 2016, la région Hauts-de-France accueillait la toute première édition de la Semaine de la recherche et de l'innovation. C'est ainsi 24 manifestations qui se sont tenues dans 16 villes de la région, rassemblant quelque 6.000 participants : porteurs de projets, chercheurs, étudiants, chefs d'entreprise, salariés, etc. L'objectif était de stimuler l'envie d'innover chez ces acteurs mais aussi de montrer le potentiel de la région Hauts-de-France dans ce domaine. Une manière de faire prendre de la vitesse à un train qui est déjà en marche. Preuve en est : l'année 2016 a vu émerger au sein d'entreprises régionales quelques innovations qui devraient continuer à faire parler d'elles. Le Journal des entreprises vous propose un tour d'horizon des entreprises à suivre dans ce domaine.

Une caméra à 360 degrés

À Lille, la start-up Giroptic, dirigée par Richard Ollier, a mis au point une caméra capable de prendre des photos et de filmer à 360 degrés, baptisée la 360 cam et commercialisée au prix de 499 euros. Une levée de fonds de 4 millions d'euros a d'ailleurs été bouclée fin 2015, pour en accélérer la commercialisation durant l'année 2016. Cette innovation a su séduire l'Europe, le Japon et les États-Unis. Richard Ollier a d'ailleurs récidivé mi décembre avec le lancement d'une nouvelle caméra à 360 degrés. Baptisée IO, celle-ci vient se fixer sur un iPhone ou un iPad. Cette nouvelle caméra est commercialisée au prix de 299 euros ; les livraisons démarreront en janvier 2017. Giroptic misait pour 2016 sur un chiffre d'affaires prévisionnel de 30 millions d'euros. La jeune société emploie une trentaine de salariés.

Des protéines à partir de racines de navet

Mi 2016, la biotech Root Lines Technology, basée à Amiens, a levé 2 millions d'euros pour industrialiser un processus peu commun. Ce dernier consiste à produire des protéines à partir de racines de navet. Cette biotech est née en 2011, afin d'exploiter sous licence mondiale et exclusive ce procédé, breveté en 2010 par l'UPJV (Université de Picardie Jules Verne), qui a été mis au point après plusieurs années de recherches, menées par le professeur Michèle Boitel et son équipe. Ce procédé novateur permettra de traiter des patients atteints de maladies rares, et plus précisément de maladies lysosomales. « Nous espérons concrétiser les premiers partenariats industriels pour fin 2017 », a déclaré Marina Guillet, directrice générale de Root Lines Technology. En 2015, Root Lines Technology a réalisé un chiffre d'affaires de 57 500 euros.

L'imprimante 3D low cost

À Roubaix, Mathieu Régnier et Gauthier Vignon se sont lancés sur le créneau encore peu fréquenté de l'imprimante 3D low cost. Leur idée ? Imprimer eux-mêmes en 3D les parties en plastique de leurs imprimantes afin de limiter les coûts. La start-up Dagoma commercialise donc une imprimante 3D à partir de 299 euros (modèle en kit) ou 399 euros (modèle monté). En pleine phase de déploiement, la société a bouclé en septembre une levée de fonds de 3 millions d'euros. Une opération qui permettra le recrutement de 5 à 10 personnes. Une version améliorée de l'imprimante est aussi commercialisée depuis la rentrée 2016. Dagoma mise sur un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros à la fin 2016. « Pour le moment, nous avons déjà dépassé le million, nous sommes dans les clous », indiquait en septembre dernier le dirigeant. La start-up a également ouvert en septembre un bureau de 150 m² à Bordeaux, avec une zone production, une zone formation et une zone maintenance, qui devrait permettre à la start-up de rayonner dans un rayon de 200 kilomètres autour de la ville.

Le poulailler connecté

À Amiens, la start-up Awelty, dirigée par Arnaud Jibault, a eu l'idée de connecter... un poulailler. Baptisé Eggs Iting, ce poulailler nouvelle génération est équipé de plusieurs capteurs qui suivent et commandent à distance la luminosité, l'humidité, la température, la présence de l'animal, le niveau de grain et d'eau. Ces capteurs identifient également la présence d'oeufs dans le nid. Ce poulailler est également équipé d'un panneau photovoltaïque, pour produire sa propre énergie. Ce poulailler doit être commercialisé dès le printemps 2017, aux alentours de 600 à 650 euros, directement par Internet et peut-être en magasin via des enseignes partenaires. Awelty compte d'ailleurs créer une nouvelle société pour ce projet, qui vendra par la suite d'autres objets connectés liés au jardin. Awelty réalisait en 2015 un chiffre d'affaires d'1,5 million d'euros, avec 25 salariés.

Un objet connecté pour la santé des chevaux

Installée à Lille, au coeur du pôle Euratechologies, la start-up Equisense s'est spécialisée dans les objets connectés pour les chevaux. L'objectif ? Faire progresser le couple cheval/cavalier grâce aux objets connectés. La start-up a démarré début 2016 avec la performance sportive, grâce à un collier connecté à fixer sur la sangle. À la fin de l'année dernière, elle lançait un deuxième produit : un body connecté permettant de veiller sur la santé de l'animal. Ces deux produits collectent des données, que le propriétaire du cheval peut consulter et analyser via une appli sur son smartphone. Durant l'été 2016, Equisense a bouclé une levée de fonds de 3 millions d'euros pour accélérer la R&D et fédérer sa communauté à travers le monde. Le dirigeant, Benoît Blancher, ambitionne pour 2016 un chiffre d'affaires d'1 million d'euros.

Des véhicules en lin

À Sallaumines (Pas-de-Calais), le constructeur carrossier Durisotti fait sortir de ses ateliers depuis septembre des carrosseries en lin. Une manière de séduire les clients, actuels comme potentiels, mais aussi de s'adapter à la pénurie future de pétrole. C'est en 2015 que le constructeur carrossier a mis au point ces carrosseries en lin. Une innovation présentée et primée lors du salon Solutrans, à Lyon, et qui s'apprête à être déployée. « La majorité des produits composites sortant de chez nous vont passer en lin dans les quatre ans à venir », annonce d'ores et déjà François Loor, président de Durisotti. Des véhicules qui seront destinés aussi bien à des TPE, PME que des grands groupes. Celle-ci va permettre au groupe industriel d'offrir de la valeur ajoutée à ses clients, en diminuant par exemple le poids du véhicule ou en s'inscrivant dans une démarche RSE. Le lin est aussi un argument pour gagner de nouveaux clients, sensibles à l'écologie. Le dirigeant précise ensuite que ces matériaux en lin « ne changeront ni les fonctionnalités originelles du véhicule, ni son coût pour le client ». Durisotti réalisait en 2015 un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros, avec 234 salariés.

Du métal imprimé en 3D

Au sein de la pépinière de la CASO, à Saint-Omer (Pas-de-Calais), Maxime Hugues s'est lancé sur un créneau un peu particulier : l'impression de métal en 3D. Initialement axée autour du médical, la société audomaroise 3D-MetalPrint a très vite pris un tournant multisectoriel pour tirer, dorénavant, 50 % de son chiffre d'affaires des secteurs de l'aéronautique et du satellitaire. Depuis sa création, à la fin de l'année 2015, l'entreprise a enregistré un chiffre d'affaires de 150.000 euros. « J'aimerais pouvoir atteindre les 500.000 euros de chiffre d'affaires d'ici deux ou trois ans, il faut pour cela développer mon portefeuille clients », indique le jeune dirigeant. Les deux axes de développement de la société resteront le médical, avec de la production titane notamment, et l'aérospatial. L'entreprise d'engineering propose ainsi des pièces réduisant le poids des composants, ce qui présente un avantage certain dans l'automobile, l'aéronautique et le médical. Le reste de l'activité étant conduit par la production de produits pour l'industrie high-tech (15 % du CA) et, dans une moindre mesure, avec du prototypage.

Des neurones artificiels éduqués à la déco d'intérieur

L'intelligence artificielle : c'est l'innovation qu'a choisi d'explorer la start-up lilloise What a nice place, née en octobre 2014 et installée à Lille Euratechnologies. La jeune société, spécialisée dans la création et la commercialisation de solutions de coaching déco, a adopté un réseau de neurones artificiels, développé par des universités américaines et disponible en libre partage. « Nous avons fait entraîner ces neurones artificiels par des décorateurs d'intérieur, afin qu'ils soient capables de faire eux-mêmes une proposition de décoration correcte. » Eduqué en 9 mois, ce réseau de neurones va être testé chez Leroy Merlin, dans un premier temps au niveau du rayon luminaires. L'idée étant qu'il soit capable de proposer un luminaire adapté à la décoration de la pièce du client, à partir d'une photo de celle-ci. Anne Debertonne, cofondatrice de What a nice place, vise un chiffre d'affaires 2017 compris entre 500.000 et un million d'euros. En mars 2016, la société a levé 800.000 euros pour financer son développement et évoque la possibilité d'une deuxième levée de fonds courant 2017. Elle emploie pour le moment dix salariés.

Un capteur d'émotions

Dirigée par Olivier Janin et installée à La Plaine Images, la start-up Néotrope a quant à elle développé une solution baptisée Affect-Tag. Celle-ci permet de capter et d'analyser les émotions des clients (via leur rythme cardiaque, la température de leur corps, la sudation, etc.) et ce, afin de permettre aux distributeurs d'améliorer l'expérience clients. Cette solution vient d'être testée auprès de l'enseigne Intermarché, pour la mise en place d'un rayon bio. « Nous avons mesuré les émotions de clients testeurs face à deux rayons bio virtuels. Les deux rayons bio étaient aménagés différemment et nous avons mesuré les réactions du panel de testeurs », explique le dirigeant. Les données biométriques des testeurs sont captées par un bracelet connecté, avant d'être analysées par un algorithme. L'offre commerciale sera lancée début 2017. Olivier Janin ne communique pas son chiffre d'affaires actuel mais vise 4 millions d'euros dès 2020, le tout avec 17 salariés (contre 4 aujourd'hui).

Des empreintes digitales comme moyen de paiement

Ne plus taper son code de carte bleue en caisse, ou ne plus en rentrer les références pour payer sur Internet, c'est la promesse de la start-up Trust Designer, basée à Euratechnologies. Elle a mis au point différents systèmes pour autoriser des transactions grâce aux empreintes digitales. Un procédé rapide, infalsifiable et inviolable, assure Jérôme Dusautois, qui a fondé Trust Designer en 2007 avec Pascal Merlin. Trust Designer propose des objets connectés avec lesquels on peut ouvrir une session sur un site, ou payer un achat, grâce à ses empreintes digitales. Le premier système, baptisé Tedego, est destiné aux paiements en magasins. Trust Designer prévoyait 600.000 euros de chiffre d'affaires en 2016.

# Innovation