Strasbourg

Santé

Defymed développe un pancréas artificiel adapté à la chirurgie mini-invasive

Par Charlotte Stiévenard, le 04 octobre 2021

La medtech strasbourgeoise Defymed s’allie au fabricant de dispositifs médicaux Statice et à l’Institut de chimie et procédés pour l’énergie, l’environnement et la santé afin de développer une nouvelle version de son pancréas artificiel adaptée à la chirurgie mini-invasive.

De gauche à droite, Guy Schlatter, directeur de l’lCPEES, Séverine Sigrist, présidente de Defymed, et Benoît Studlé, président de Statice, ont annoncé le lancement du projet Decapes fin septembre 2021 à Strasbourg.
De gauche à droite, Guy Schlatter, directeur de l’lCPEES, Séverine Sigrist, présidente de Defymed, et Benoît Studlé, président de Statice, ont annoncé le lancement du projet Decapes fin septembre 2021 à Strasbourg. — Photo : Charlotte Stiévenard

Une alliance entre une medtech, un sous-traitant chargé de l’industrialisation et un laboratoire vient d’être officialisée dans le Bas-Rhin. Le strasbourgeois Defymed (CA 2020 : 1,5 M€, 15 collaborateurs), le prestataire de services en microtechniques et en biomatériaux Statice (CA 2020 : 11 M€, 120 collaborateurs), basé à Besançon (Doubs), et l’Institut de chimie et procédés pour l’énergie, l’environnement et la santé (ICPEES) de Strasbourg ont décidé de travailler ensemble. Ils veulent développer une version adaptée à la chirurgie mini-invasive du MailPan, le pancréas bioartificiel de Defymed, capable de produire de l’insuline de façon physiologique pour les patients diabétiques. Cette entreprise, spin-off du Centre européen d’études sur le diabète à Strasbourg, travaille depuis sa création en 2011 sur ce sujet.

Une membrane souple

Le MailPan est constitué d’une poche perméable dans laquelle se trouvent les cellules souches qui produisent l’insuline. "La première version s’implante grâce à une incision de dix centimètres dans l’abdomen. Cette nouvelle version ne nécessitera qu’une incision d’un à deux centimètres. Cela permettra de minimiser les cicatrices et de diminuer les complications et le coût", dévoile Séverine Sigrist, présidente de Defymed.

La société a fait appel à l’ICPEES pour son expertise en électrospinning, une technologie qui permet de créer des matériaux fibreux. C’est ainsi que sera fabriquée la poche souple qui pourra être roulée afin de passer dans l’incision. La société Statice interviendra, elle, sur la production et l’industrialisation. Elle fait partie des actionnaires historiques de Defymed à hauteur d’environ 2 %.

Développer un prototype en trois ans

Les trois partenaires doivent développer ensemble un prototype afin d’effectuer la validation industrielle. Ce projet sur trois ans appelé Decapes représente un investissement conjoint de 1,62 million d’euros, financé à hauteur de 703 000 euros par Defymed, dont 14,4 % de subvention d’État et 35,6 % d’avances remboursables de la Région Grand Est. L’ICPEES apporte 357 000 euros intégralement financés par l’État, et Statice apporte 562 000 euros, dont la moitié provient d’une subvention de la Région Bourgogne Franche-Comté. D’ici trois ans, les études précliniques pour cette deuxième version du MailPan pourront être lancées, puis les études cliniques au bout de cinq ans. Decapes permettra de créer deux emplois chez Defymed, deux à l’ICPEES et trois chez Statice. À terme, ce dispositif pourra être utilisé pour d’autres pathologies chroniques que le diabète comme l’hémophilie, la maladie d’Alzheimer ou encore les maladies lysosomales (troubles de l’activité des protéines des lysosomes).

Les études cliniques de la première version du MailPan devraient démarrer dans deux ans. Defymed pourrait céder la licence du dispositif d’ici à fin 2023. "Nous discutons avec des grands groupes pharmaceutiques intéressés par cette première version car elle arrivera plus vite sur le marché que la version micro-invasive", détaille Richard Bouaoun, le directeur des opérations de Defymed. La medtech vise un marché en croissance, avec 629 millions de diabétiques d’ici à 2045 dans le monde pour un coût annuel 1 569 milliards d’euros.

De gauche à droite, Guy Schlatter, directeur de l’lCPEES, Séverine Sigrist, présidente de Defymed, et Benoît Studlé, président de Statice, ont annoncé le lancement du projet Decapes fin septembre 2021 à Strasbourg.
De gauche à droite, Guy Schlatter, directeur de l’lCPEES, Séverine Sigrist, présidente de Defymed, et Benoît Studlé, président de Statice, ont annoncé le lancement du projet Decapes fin septembre 2021 à Strasbourg. — Photo : Charlotte Stiévenard

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