Strasbourg

Santé

Defymed lève 1,8 million d'euros pour lancer les essais cliniques sur son implant ExOlin

Par Charlotte Stiévenard, le 07 mai 2020

La medtech strasbourgeoise Defymed a levé 1,8 million d’euros. Cette somme va lui permettre de financer la première phase de l’essai clinique pour l’ExOlin, son dispositif médical de délivrance d’insuline. Ce spin-off du Centre européen d’étude du diabète passe ainsi une étape attendue depuis longtemps.

Séverine Sigrist, ancienne directrice du laboratoire du Centre européen d'étude du diabète à Strasbourg, a fondé la spin-off Defymed en 2011.
Séverine Sigrist, ancienne directrice du laboratoire du Centre européen d'étude du diabète à Strasbourg, a fondé la spin-off Defymed en 2011. — Photo : © Bartosch Salmanski

Trouver un fonds d’investissement pour financer la première phase de l’essai clinique pour son dispositif médical de délivrance d’insuline, l’ExOlin, n’a pas été facile pour Séverine Sigrist, la présidente de Defymed (CA : 350 000 €, neuf collaborateurs). Fin avril 2020, la medtech strasbourgeoise a finalement obtenu 1,8 million d’euros, dont un million d’euros de Cap Innov’Est, fonds géré par Capital Grand Est, et 800 000 euros de Bpifrance.

L’ExOlin est implanté dans l’abdomen du patient atteint de diabète et permet de délivrer de l’insuline directement dans le foie. L’administration d’insuline est ensuite activée par le patient via une pompe externe. La durée de vie de cet implant est de quatre à six ans.

« Pas beaucoup de fonds prêts à financer les medtech »

La première phase de l’étude clinique qui doit débuter au dernier trimestre de cette année devrait durer entre 12 et 18 mois et porter sur une dizaine de patients, sélectionnés par la professeure Nathalie Jeandidier, chef du service d’endocrinologie et diabétologie du CHRU de Strasbourg et investigatrice de cette étude clinique.

En 2018, la medtech avait déjà annoncé qu’elle comptait lever dix millions d’euros pour lancer un essai clinique pour l’ExOlin, mais aussi afin de poursuivre la validation préclinique de son autre dispositif médical, le pancréas bioartificiel, MailPan. « Cela a été difficile, explique Séverine Sigrist, car il n’existe pas beaucoup de fonds prêts à financer les medtech et encore moins les dispositifs implantables. Les fonds préfèrent se concentrer sur l’e-santé. Dans notre domaine, les chaînes de valeur sont très longues et la notion de risque est importante ». Defymed a été retoqué par un certain nombre de fonds, car ils voulaient des premiers résultats cliniques et ne finançaient l'étude que sur deux ou trois patients avant de s'engager. « Tandis que vis-à-vis des autorités, il fallait être en capacité de prouver que l’on peut financer l’ensemble de la première étape, sur huit à dix patients », explique Séverine Sigrist.

Finalement, ce sont donc Bpifrance et Cap Innov’Est, un fonds notamment abondé par la Région Grand Est, qui se sont décidés. Le fonds était déjà entré au capital de la medtech en 2015, accompagné du Fonds Lorrain des Matériaux (FLM) pour 1,8 million d’euros. La première levée avait, elle, eu lieu en 2013. Le FLM et le Centre européen d’études du diabète (CeeD), l’association à l’origine de la création de Defymed, avaient apporté 1,2 million d’euros. Les deux premières levées avaient permis de financer à la fois le développement de l’ExOlin et du MailPan.

450 millions de patients diabétiques dans le monde

Malgré ces difficultés, le traitement du diabète semble avoir de l’avenir si on en croit ce qui est arrivé à la medtech en 2018 avec un de ses partenaires. En effet, en 2011, Defymed a lancé le développement du MailPan, son pancréas bioartificiel. En 2017, la medtech s’était alliée à la biotech américaine Semma Therapeutics pour développer des molécules contenues par ce pancréas et capables de produire l’insuline de façon physiologique pour la libérer ensuite dans le foie. « Fin 2018, cette entreprise s’est retirée de la collaboration et neuf mois plus tard, nous avons appris qu’ils avaient été rachetés pour 950 millions de dollars (861 M€) par la biotech américaine Vertex Pharmaceuticals. Cela donne une idée des sommes qui sont en jeu », indique la présidente de Defymed.

Depuis, la medtech alsacienne a choisi de travailler avec l’israélien Kadimasten sur le même sujet. Un partenariat "stratégique" doit être signé d’ici la fin de l’année avec un ou plusieurs partenaires pour développer ces molécules qui viendront compléter le dispositif médical de Defymed.

« Le nombre de diabétiques dans le monde est estimé à 450 millions de patients et pourrait passer à 600 millions en 2040. Le marché des traitements du diabète est évalué à 50 milliards de dollars ». Au delà du business potentiel que représente ce marché, Séverine Sigrist, biologiste spécialisée en thérapie cellulaire rappelle néanmoins que Defymed « est issu du secteur associatif avec le Ceed. Notre objectif avec ce partenariat stratégique est avant tout de trouver la meilleure combinaison pour les patients. »

Séverine Sigrist, ancienne directrice du laboratoire du Centre européen d'étude du diabète à Strasbourg, a fondé la spin-off Defymed en 2011.
Séverine Sigrist, ancienne directrice du laboratoire du Centre européen d'étude du diabète à Strasbourg, a fondé la spin-off Defymed en 2011. — Photo : © Bartosch Salmanski

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail