Strasbourg

Biotech

Defymed veut lever 10 millions pour lancer un essai clinique

Par Lucie Dupin, le 06 février 2018

Sept ans après sa création, la spin-off du centre européen d’études du diabète, la société strasbourgeoise de biotechnologie, Defymed, devrait voir ses premiers essais cliniques se concrétiser en 2018. Pour cela, Defymed cherche à lever dix millions d'euros. 

Richard Bouaoun est directeur des opérations et Séverine Sigrist présidente de Defymed. La biotech développe, sur le principe de l’innovation ouverte, des dispositifs médicaux destinés aux personnes atteintes de diabète. On en compte 200 000 en Alsace, soit 10 % de la population. — Photo : Lucie Dupin

La start-up Defymed développe, à destination des patients diabétiques, un dispositif médical de délivrance d’insuline ainsi qu’un pancréas bioartificiel. La société est en train de lever dix millions d’euros pour lui permettre de lancer les essais cliniques de son dispositif médical, Exolin, mais aussi de poursuivre la validation préclinique du pancréas bioartificiel, Mailpan.

Levée de fonds privés

« Nous sommes dans une phase clé de notre plan de levée de fonds. 20 % des dix millions d’euros sont déjà collectés. Maintenant, nous avons besoin qu’un fonds santé prenne le lead. Notre société est prête à lancer des essais cliniques. Il s’agit de la phase la plus compliquée dans le cadre d’une levée de fonds. En effet, il existe des fonds d’amorçage prêts à investir à la création de sociétés ou bien des fonds intéressés par un investissement lorsque deux ou trois essais auront déjà été réalisés. Or, nous avons besoin de ces fonds maintenant pour lancer les premiers essais », souligne Séverine Sigrist fondatrice et présidente de Defymed.

Celle-ci précise que « dix millions d’euros est une somme difficile à faire sortir en France alors que ce n’est presque pas assez aux Etats-Unis », à l’image de la start-up américaine Semma Therapeutics. Partenaire de Defymed pour la validation de la phase préclinique de Mailpan, Semma Therapeutics est spécialisée dans le développement de thérapies cellulaires pour le traitement du diabète. Celle-ci a levé près de 100 millions d’euros (114 M$) en fin d’année dernière.

Vers un marquage CE en 2020

La fabrication d’Exolin est réalisée à 80 % par des partenaires industriels français. Defymed espère lancer les essais cliniques avant la fin de l’année. Huit premiers patients testeront Exolin dans un centre de recherche strasbourgeois spécialisé dans la délivrance d’insuline.

Dans un deuxième temps, le dispositif sera testé sur 40 patients dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique. « Nous planifions d’obtenir le marquage CE d’ici mi-2020 puis notre modèle économique reposera sur la commercialisation du dispositif à travers des contrats de licences à des grands groupes pharmaceutiques qui disposent des capacités de commercialisation que nous n’avons pas. A l’avenir, notre dispositif de délivrance d’insuline pourrait être utilisé pour administrer de façon ciblée des médicaments destinés à d’autres pathologies, notamment les cancers » précise Richard Bouaoun, directeur des opérations chez Deymed.

La start-up, composée d’une équipe de 12 personnes, a dégagé en 2016 un chiffre d’affaires de 114 000 euros en offrant une prestation de service auprès des fabricants de cellules. Ceux-ci testent en effet leurs procédés avec les dispositifs médicaux développés par Defymed. Depuis 2011, la biotech alsacienne a, par ailleurs, déjà levé 3,8 M€ de fonds publics.

Richard Bouaoun est directeur des opérations et Séverine Sigrist présidente de Defymed. La biotech développe, sur le principe de l’innovation ouverte, des dispositifs médicaux destinés aux personnes atteintes de diabète. On en compte 200 000 en Alsace, soit 10 % de la population. — Photo : Lucie Dupin