Haute-Garonne

Transport

Rachat d'ATB : au moins cinq dossiers sur la table de Casil Europe

Par Paul Falzon, le 14 mars 2019

Ce vendredi 15 mars est la date limite pour le dépôt des offres de rachat des parts de Casil Europe dans l'aéroport Toulouse-Blagnac. En plus des quatre dossiers déjà sélectionnés, Edeis confirme sa candidature, tandis que la rumeur d'un prétendant chinois persiste.

L'actionnaire majoritaire, Casil Europe, attendrait une offre minimal de 500 M€ pour l'aérogare toulousain, acheté 308 M€ il y a quatre ans.
L'actionnaire majoritaire, Casil Europe, attendrait une offre minimal de 500 M€ pour l'aérogare toulousain, acheté 308 M€ il y a quatre ans. — Photo : © Philippe Garcia / Aéroport Toulouse-Blagnac

Le feuilleton du rachat de l'aéroport Toulouse-Blagnac, devenu le troisième aéroport régional français, n'est certainement pas terminé. Mais une étape décisive se tient ce vendredi 15 mars, jour limite de dépôt des offres de rachat des 49,9 % que détient le groupe chinois Casil Europe dans ATB. La banque Lazard, en charge de la transaction, a retenu dès le mois dernier quatre dossiers, dont ceux du groupe Eiffage, de la branche Airports de Vinci, et d'EDF Invest, la filiale de l'électricien chargée de sécuriser le financement du démantèlement des centrales nucléaires. Un quatrième dossier réunit deux banques régionales, la Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées et la Banque Occitane, associées aux fonds d'investissement Mirova et Ardian.

Edeis promet "une solution locale"

Une cinquième candidature semble acquise : celle du groupe Edeis, qui a développé depuis 2016 une activité de gestion qui concerne aujourd'hui 19 aéroports, dont la base toulousaine de Francazal. Des concurrents au rachat ont laissé entendre ces derniers jours que le dossier n'irait pas au bout : la porte-parole d'Edeis indique au Journal des Entreprises qu'une offre sera bien déposée. "Nous sommes en train de parler avec l'ensemble des interlocuteurs concernés par la gestion d'ATB, dont les collectivités et les pouvoirs publics : notre objectif est de favoriser une solution locale et de long terme, dans une logique d'intérêt général", précise Anna Gallay, directrice de la communication d'Edeis. 
Si elle ne souhaite pas communiquer le nom de ses partenaires pour l'heure, la société affirme disposer "tant sur le plan local que financier, de tous les appuis nécessaires pour boucler l'opération". Le projet d'Edeis inclut la création d'une société dédiée, Aéroports Occitanie (AD’OC), avec un actionnariat majoritairement public, grâce notamment au levier des 10% d'actions que l'Etat conserve dans ATB. Cette société regrouperait autour de Toulouse-Blagnac trois autres aéroports de la région (Nîmes, Tarbes-Lourdes Pyrénées et Francazal) avec l'objectif de faire de l'Occitanie le deuxième hub aéroportuaire français.

Rachat d'ATB ou de Casil ?

Le dépôt d'une offre par un prétendant chinois, le fonds d'investissement Everbright, reste elle plus incertaine. Certains candidats français voient dans cette rumeur un moyen de pression de Casil Europe pour faire accepter ses conditions aux repreneurs : l'actionnaire majoritaire chercherait à faire racheter non pas sa participation dans ATB mais ses propres titres. "Nous avons bien insisté auprès de Casil Europe : nous sommes candidats seulement au rachat des titres de l'aéroport", a précisé ce mardi Pierre Carli, président du directoire de la Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées, en marge de la présentation des résultats de la banque régionale. Contactés, les autres prétendants n'ont pas répondu aux demandes de précision sur les modalités de leur offre.

Un recours en référé tranché le 22 mars

Une autre inconnue est judiciaire : le tribunal de commerce de Paris doit rendre le 22 mars sa décision sur la demande de mise sous séquestre des actions de Casil Europe dans ATB. Une action initiée par les syndicats CGT, Solidaires et FSU, qui ont assigné en plus du groupe chinois les autres actionnaires d'ATB : l’Etat, la CCI Toulouse, Toulouse Métropole, la région Occitanie et le Conseil départemental de la Haute-Garonne. Reste enfin le dernier scénario, celui d'un renoncement de Casil Europe à vendre ses parts : "Il s'agit d'un appel d'offres privé, rien n'interdit au vendeur de se rétracter", a commenté Pierre Carli. Le groupe chinois espérerait récupérer 500 M€ dans la transaction, soit une belle plus-value par rapport au 308 M€ déboursés en 2015.

L'actionnaire majoritaire, Casil Europe, attendrait une offre minimal de 500 M€ pour l'aérogare toulousain, acheté 308 M€ il y a quatre ans.
L'actionnaire majoritaire, Casil Europe, attendrait une offre minimal de 500 M€ pour l'aérogare toulousain, acheté 308 M€ il y a quatre ans. — Photo : © Philippe Garcia / Aéroport Toulouse-Blagnac

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