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Pizzorno Environnement veut accompagner la transition écologique en France

Par Hélène Lascols, le 18 janvier 2023

Positionné sur un marché qui a longtemps été basé sur le volume de déchets collectés, le groupe Pizzorno Environnement fait évoluer son modèle d’affaires pour prévenir la production de déchets et optimiser la valorisation des déchets restants. Renforcé par l’arrivée de Paprec à son capital, le groupe varois entend ainsi poursuivre son maillage du territoire national pour maintenir un niveau solide de croissance.

En 2021, le groupe Pizzorno Environnement a renoué avec un contrat d’image : le marché de propreté de l’Avenue des Champs Elysées, à Paris (2,80 M€ sur 4 ans).
En 2021, le groupe Pizzorno Environnement a renoué avec un contrat d’image : le marché de propreté de l’Avenue des Champs Elysées, à Paris (2,80 M€ sur 4 ans). — Photo : Pizzorno Environnement

Depuis le 1er novembre 2022, le groupe Pizzorno Environnement exécute le plus gros marché de son histoire, démarrée en 1974. Ce contrat de prestations de collecte des déchets ménagers concerne les 61 communes de la Métropole Européenne de Lille représentant plus de 500 000 habitants. Il mobilise 250 salariés et représente un chiffre d’affaires de 161 millions d’euros sur sept ans. Le marché est de taille pour un groupe qui a réalisé 208,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021. Il marque aussi une nouvelle étape dans le déploiement géographique du groupe, qui est devenu "un spécialiste de l’économie circulaire" et accompagne ses clients sur l’ensemble des métiers du déchet : de la collecte au nettoiement, du centre de tri à l’incinération en passant par l’enfouissement. "Après les métropoles parisienne et lyonnaise, ce nouveau contrat traduit notre capacité à conquérir de nouvelles parts de marché dans une nouvelle région", confie Frédéric Devalle, le directeur général.

Un maillage national

La première incursion du groupe hors du Var remonte à 1997, dans les Alpes-Maritimes, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Puis, ce sera la Roya, la Vésubie et en 2000, Nice et Paris.

Il entre en 2004 sur le territoire marseillais, "par la petite porte", le nettoyage des tags, puis fait petit à petit le lien entre la capitale et le Var, remportant des marchés à Lyon, Valence ou Grenoble. En 2022, il fait une belle percée dans les Bouches-du-Rhône, intervenant dans 10 communes du Pays d’Aix et trois communes du Territoire Istres Ouest Provence.

Le groupe fondé par Francis Pizzorno conquiert. Il fidélise, aussi. En 2021, il a enregistré un taux de renouvellement de ses contrats de 81,1 % (en termes de chiffre d’affaires), de 95,1 % sur la région Paca. "Nous avons renoué en 2021 avec notre plus beau contrat, celui de la propreté de l’avenue des Champs Elysées." Le groupe a aussi renouvelé des marchés dans le 15e arrondissement de Paris, à Valence, Lyon ou encore Sainte-Maxime.

Comptant 8 sites industriels et 28 agences en France, le groupe dracénois collecte les déchets de 5,2 millions d’habitants et a enregistré une croissance de ses activités de 4,8 % de ses activités en 2021, malgré l’arrêt de marchés au Maroc. La dynamique se confirme avec une croissance de 7,3 % au premier semestre 2022. Au 30 septembre 2022, il dispose par ailleurs d’un solide carnet de commandes s’élevant à 777,8 millions d’euros. "Ces bonnes performances confortent nos ambitions de nous recentrer sur le marché français, de maintenir un niveau solide de croissance rentable. Elles nous donnent aussi les moyens de conserver notre autonomie", se félicite Frédéric Devalle, le gendre du fondateur.

Frédéric Devalle, directeur général et Magali Devalle, présidente du groupe Pizzorno Environnement, entourés de la troisième génération, François et Jean-Charles Devalle.
Frédéric Devalle, directeur général et Magali Devalle, présidente du groupe Pizzorno Environnement, entourés de la troisième génération, François et Jean-Charles Devalle. - Photo : Pizzorno Environnement

Changement de modèle

Une autonomie précieuse lorsqu’il s’agit de faire évoluer son modèle d’affaire. "La mutation sur 20 ans a été particulièrement importante. Là où notre modèle économique a longtemps été basé sur le volume de déchets collectés, nous sommes désormais payés à la tonne évitée et mettons en œuvre des opérations pour développer l’écocitoyenneté", explique Frédéric Devalle. À l’image du contrat de performance que le groupe exécute pour Valence Romans Agglo depuis le 1er janvier 2023. Ce contrat, l’un des premiers en France, fait suite à un appel à projets lancé par l’Ademe et préfigure les futurs contrats de collecte intégrant des objectifs de performance et des actions de prévention.

Anticipant sur l’obligation de collecte et la valorisation des biodéchets fixée au 1er janvier 2024, Pizzorno Environnement développe aussi ce segment d’activité. Le groupe a, par exemple, investi dans des installations de valorisation organique, sur son centre de compostage de Cabasse (Var). En 2021, le groupe a signé un nouveau contrat de collecte des biodéchets pour les cantines et cuisines centrales des établissements scolaires et paramédicaux de 21 communes des Établissements Publics Territoriaux (Vallée Sud-Grand Paris ; Paris Est Marne Bois et Grand Orly-Seine Bièvre). Il collecte aussi les biodéchets des 556 cantines de Marseille et est engagé auprès d’enseignes de la grande distribution et de la restauration rapide pour collecter et traiter leurs invendus alimentaires.

Des déchets pleins de ressources

Le groupe a fait sien un principe clé : le meilleur déchet est celui que l’on ne génère pas. Mais il n’a aussi jamais cessé d’investir dans la valorisation. Il y a 40 ans, 100 % des déchets étaient stockés. En 2021, sur un total de 811 882 tonnes collectées par l’entreprise, 404 920 tonnes ont été valorisées en matière ou énergie.

En octobre 2022, moyennant un investissement d’un million d’euros, Pizzorno a ouvert une nouvelle déchetterie pour les déchets des professionnels du Golfe de Saint-Tropez, offrant une solution de proximité pour la valorisation des déchets d’activité économique.

Le centre de tri du Muy a ouvert en 2007 et traite 120 000 tonnes de déchets par an. 
Le centre de tri du Muy a ouvert en 2007 et traite 120 000 tonnes de déchets par an.  - Photo : Michael Alesi

Toujours dans le Var, à Pierrefeu, le groupe traite et valorise les mâchefers (résidus issus du traitement thermique des déchets de l’Unité de Valorisation Énergétique) pour les réutiliser dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Sur son centre de tri et de valorisation du Muy, près de Draguignan, de nouveaux investissements sont en cours pour créer un espace de stockage et un lieu dédié au traitement et à la valorisation des encombrants.

Valoriser les déchets en énergie

Les déchets peuvent aussi être convertis en énergie, notamment en bio GNV, qui alimente une station d’avitaillement ouverte en 2019 en partenariat avec le groupe varois de transport de voyageurs Beltrame. Pizzorno s’est également associé à Idex pour moderniser l’Unité de valorisation énergétique de l’aire toulonnaise (capacité annuelle de 285 000 tonnes d’ordures ménagères), devenue le premier producteur indépendant d’électricité du Var avec 110 000 MWh, soit l’équivalent de la consommation de 50 000 logements.

La transformation énergétique des déchets est devenue un nouvel axe de développement pour le groupe dracénois, un axe encore renforcé depuis 2021. Après une entrée en Bourse en 2005, un second tour de table a été organisé fin 2021 et a vu l’entrée du groupe Paprec (12 500 salariés, 2,5 milliards d’euros de CA) à hauteur de 20 % du capital du groupe. "C’est un groupe familial, nous partageons les mêmes valeurs. Leur arrivée nous ouvre les portes de la valorisation énergétique puisque Paprec s’impose comme le numéro trois français du secteur. Ils ont des compétences et références que nous n’avons pas et nous bénéficierons de leur soutien actif pour poursuivre notre plan de développement", commente le directeur général. Cette complémentarité a déjà permis au groupe dracénois de se positionner sur un marché lancé par Dracénie Provence Verdon Agglomération, pour la construction et l’exploitation d’une unité de prétraitement et d’une unité de valorisation des déchets ménagers et assimilés et du réseau de chaleur associé. Réponse attendue en 2023.

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