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Numérique

Nanaba accélère pour favoriser l'apprentissage à travers les écrans

Par Olivia Oreggia, le 05 mai 2022

La start-up niçoise Nanaba devrait clôturer une nouvelle levée de fonds de 2 millions d’euros avant l’été. Son application, qui fait réviser les enfants pour leur permettre d’accéder aux réseaux sociaux ou à leur jeu vidéo, semble avoir trouvé son public. Mais les ambitions de la jeune pousse vont bien plus loin en matière d’apprentissage.

Anne-Laure Monier (deuxième à gauche) et Olivier Guérin (à droite) ont cofondé l’edtech Nanaba début 2021.
Anne-Laure Monier (deuxième à gauche) et Olivier Guérin (à droite) ont cofondé l’edtech Nanaba début 2021. — Photo : Olivia Oreggia

Après une première levée de fonds de 500 000 euros en octobre 2021, Nanaba se prépare à en clôturer une seconde, d’un montant de 2 millions d’euros, d’ici la fin juin, pour accélérer au-delà de son application éducative. La start-up de "l'education tech" ou "edtech", née à Nice début 2021, compte déjà 20 collaborateurs et est en recrutement d’une dizaine supplémentaire. L’objectif est d’être une cinquantaine d’ici la fin de l’année. "Transformer le temps d’écran en temps d’apprentissage" pour les enfants et adolescents scotchés à leur smartphone : la promesse de Nanaba est très ambitieuse lorsque l’on sait que les 11-14 ans passent 47 minutes par jour sur leur téléphone, selon une étude de Médiamétrie fin 2021, et que ce chiffre grimpe à 3 heures et 41 minutes chez les 15-24 ans.

Selon le paramétrage choisi par les parents, l’application Nanaba troque l’utilisation des réseaux sociaux ou des jeux vidéo par des quizz de français, mathématiques ou anglais. "Nous proposons d’être dans la permission intelligente, explique Anne-Laure Monier, sa présidente et cofondatrice. On ne peut pas lutter contre le téléphone portable mais là, l’enfant apprend quelque chose à chaque fois qu’il va dessus, sans s’en rendre compte. L’intelligence artificielle permet d’identifier ses vraies difficultés d’apprentissage et, selon la méthode Leitner (principe de la répétition espacée, NDLR), d’adapter et de répéter les questions selon les erreurs commises. En trois semaines d’utilisation, les effets se font sentir."

Un outil pour les enseignants

Outil d’apprentissage et pacificateur entre parents et enfants, pour qui le smartphone est souvent objet de conflits, Nanaba est désormais présent dans quatre pays et mène des discussions pour ouvrir une succursale au Québec. "Nous comptons 30 000 utilisateurs, précise Olivier Guérin, son cofondateur. Et nous avons dépassé la barre des 1,3 million de quizz réalisés, soit 1 800 quizz par élève et par mois. C’est pour nous une réussite, nous avançons vite !".

Pour Nanaba, l’application mobile n’est que la première étape. "Nous voulons révolutionner l’apprentissage, nous ne sommes qu’à la première marche de notre escalier. Nous avons envie par exemple de mettre en place des choses avec les écoles et les enseignants", décrit Anne-Laure Monier. Un travail déjà entamé. La start-up a ainsi mené un projet avec la Ville de Nice et l’Union Européenne pour construire une application autour des valeurs de l’Europe, avec la participation active des élèves d’une école primaire. Entièrement gratuite, elle sera traduite dans tous les pays de l’UE et disponible à compter du 9 mai, journée de l’Europe. Plus largement, Nanaba œuvre à la création d’une plateforme collaborative gratuite pour les enseignants, opérationnelle dès septembre, et lancera prochainement un service de blocage d’applications pour aider les parents dans leur quotidien.

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