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Le varois Alliance Marine consolide ses positions européennes

Par Hélène Lascols, le 15 novembre 2023

Si son président a changé il y a quelques semaines, le cap reste le même pour le groupe varois Alliance Marine. Ce distributeur d’équipements dans le monde du nautisme, devenu un acteur de niveau européen en moins de 20 ans, entend consolider ses positions en France et en Europe, avec en ligne de mire les 600 millions d’euros de chiffre d’affaires.

De gauche à droite : Jérémy Tedguy, président d’Alliance Marine, Yann Bouctot, directeur des opérations et Louis Egon, directeur de la stratégie et des acquisitions.
De gauche à droite : Jérémy Tedguy, président d’Alliance Marine, Yann Bouctot, directeur des opérations et Louis Egon, directeur de la stratégie et des acquisitions. — Photo : Sylvie Fréjoux

Un nouveau capitaine a pris la barre du groupe varois Alliance Marine au cours de l’été 2023. Jérémy Tedguy, jusqu’alors Directeur général Finances & Acquisitions, a succédé à son fondateur Jean-Paul Roche. Si le capitaine a changé, le cap défini un an plus tôt, à la faveur d’une opération de LBO, reste le même : saisir et créer les opportunités qui permettront au groupe spécialisé dans la distribution d’équipements pour la navigation de plaisance et la marine professionnelle, de poursuivre son développement.

En route vers les 600 millions d’euros de chiffre d’affaires

Un développement mené tambour battant depuis la création d’Alliance Marine en 1999, et qui s’est accéléré depuis 2016, avec l’arrivée au capital du fonds Weinberg Capital Partners. En près de 24 ans, le groupe a réalisé une vingtaine d’acquisitions en France (SEIMI, Euromarine, Reya, Accastillage Diffusion, Berthelot, Plastimo, Kent, Berra puis Sogeric, HDS et Lognav), puis en Europe, étendant ainsi sa présence en Allemagne, Italie, au Royaume-Uni, Espagne, Suède, aux Pays Bas et aux États-Unis. Lorsqu’en 2021, Weinberg Capital Partners cède la majorité de ses parts à LBO France, le groupe réalise un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros, il emploie 635 personnes et "bénéficie de positions de leader au sein de ses principaux marchés." L’année passée, il a dépassé les 310 millions d’euros de chiffre d’affaires et la feuille de route, définie en 2021, doit le mener à doubler son activité d’ici à cinq ans. "Nous sommes sur la bonne voie et avons les moyens de réussir notre ambition", confie Jérémy Tedguy, qui a travaillé pendant plus de huit ans aux côtés de Jean-Paul Roche, "à une époque de forte croissance" et qui a choisi de renouveler une recette qui a fait ses preuves. À savoir, mener l’aventure en trio avec à ses côtés, Louis Egon, arrivé il y a un an comme directeur de la stratégie et des acquisitions et Yann Bouctot, directeur des opérations, monté à bord il y a 7 ans.

50 % de l'activité réalisée à l'international

"Avec nos 800 collaborateurs, nous voulons poursuivre notre développement tout en consolidant nos positions en France et en Europe. Nous entamons aussi la transformation du groupe pour davantage bénéficier de toutes ses forces", confie le nouveau dirigeant. Alors que le groupe avançait jusqu’alors en "escadrille, avec un fonctionnement très décentralisé", Jérémy Tedguy entend rationaliser l’approche du marché autour de trois sujets : le marketing, la coordination des efforts à l’export et la digitalisation.

Toutes les sociétés du groupe conserveront leur liberté d’action mais, dans le même temps, la holding, dont le siège est à La Garde, à l’est de Toulon, se structure pour aborder des sujets transversaux, passant de 10 à une trentaine de salariés en quelques mois. Une équipe marketing a notamment été recrutée et les chantiers sur ce sujet ont été lancés. Le groupe propose plus de 120 000 références. Il réalise plus de 75 % de son chiffre d’affaires en distribution mais a, dans son portefeuille, quelques-unes des plus belles marques françaises du nautisme, comme Plastimo, avec 13 000 produits dont un bon nombre conçu ou fabriqué à Lorient. "L’enjeu, désormais, est de créer une marque d’accastillage forte, d’harmoniser notre offre produits et en définitive d’en faciliter la distribution via nos filiales existantes ou à venir", explique Jérémy Tedguy.

Devenu par ailleurs un leader européen de son secteur, "avec une offre inégalée sur le continent", le groupe Alliance Marine n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. "Nous avons relevé le défi de l’Europe avec 50 % de notre activité réalisée en dehors des frontières françaises en 2022. Cette consolidation va se poursuivre avec comme objectif premier d’offrir toujours plus de solutions à nos clients."

30 millions d'euros investis dans la transformation numérique

Le chantier le plus important pour le groupe démarre en France, au niveau de la holding. Il s’agit de sa transformation numérique. "Nous allons investir 10 millions d’euros par an sur trois ans et avons déjà recruté 13 rock stars de l’informatique", précise Jérémy Tedguy, qui veut préparer l’ensemble du groupe à la transformation digitale des 10 à 15 ans qui viennent. Alors qu'Alliance Marine compte autant d’ERP que d’entités juridiques, un ERP commun est mis en place pour faciliter les interactions. Le groupe de distribution veut aussi être capable demain, d’apporter toujours plus de services à ses clients. "Le numérique nous offre cette opportunité. La première étape consiste à améliorer nos outils existants afin de mieux répondre aux attentes de nos clients. Mais il faut aussi préparer le groupe aux transformations de demain. L’IA générative, par exemple, fait une entrée fracassante en 2023. Nous devons être prêts à intégrer ces révolutions techniques. Et ces changements doivent être accompagnés en interne, notamment à travers la formation."

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