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Interview Jérôme Stivin (groupe Advance) : "La marque employeur doit entrer dans les gènes de l’entreprise au quotidien"

Entretien avec Jérôme Stivin, cofondateur du groupe Advance

Propos recueillis par Olivia Oreggia - 29 novembre 2023

Jérôme Stivin est le cofondateur, avec Jérôme Spaterna et Julien Hélly, du groupe Advance. Spécialiste de l’emploi et des ressources humaines, celui-ci affiche une croissance de +138 % en deux ans. Le chiffre d’affaires dépassera cette année les 20 millions d’euros dont un tiers est réalisé par l’agence implantée à Grasse, spécialisée dans l’industrie - parfum et arômes - et depuis cette année, dans la santé.

De gauche à droite : Julien Helly, Jérôme Stivin et Jérôme Spaterna sont les cofondateurs du groupe Advance.
De gauche à droite : Julien Helly, Jérôme Stivin et Jérôme Spaterna sont les cofondateurs du groupe Advance. — Photo : DR

Le Groupe Advance affiche une croissance de + 138 % en deux ans. Comment expliquez-vous cette performance ?

Je pense que cela est dû à la croissance organique de nos agences. Après cinq ans d’existence sur la partie intérim avec Advance Emploi, elles arrivent à un certain degré de maturité et de notoriété sur le territoire. Nous en avons 9 au total dans le quart Sud-est : d’Annecy, jusqu’en Corse et à Montpellier, trois dans les Bouches-du-Rhône, une à Toulon et à Grasse. Cela regroupe 37 collaborateurs en comptant Advance Solutions (conseil en ressources humaines, formation et recrutement de cadres, NDLR). En janvier, il y aura une nouvelle agence à Saint-Laurent-du-Var puis à Porto-Vecchio et en Auvergne-Rhône-Alpes. Chacune va s’adapter aux dominantes de son bassin d’emploi.

Cette spécialisation est très marquée à Grasse où vous adressez essentiellement l’industrie et la santé…

Sur les plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires que nous atteindrons cette année, 5,8 millions d’euros sont réalisés à Grasse. Nous avons lancé le département santé début 2023 à la suite d’une rencontre avec Sandra Zimorski, devenue directrice sur cette partie, qui avait déjà cette fibre médicale. Depuis, une cinquantaine d’entreprises du secteur nous ont déjà fait confiance : Ehpad, cliniques, hôpitaux ou centres de convalescence, pour des postes d’agents de services hospitaliers, d’infirmiers, des personnels techniques et de maintenance… C’est un travail spécifique car il y a beaucoup de vacations courtes mais nous travaillons aussi sur du placement en CDI comme nous l’avons fait pour une infirmière d’entreprise ou un directeur d’Ehpad par exemple.

Dans l’industrie, notamment celle du parfum et des arômes, le recrutement est-il toujours aussi compliqué ?

La concurrence est très forte entre les acteurs industriels qui jouent de créativité et d’initiatives pour être les plus attractifs possible. Les candidats sont très sélectifs sur les offres, la localisation, les conditions de travail, les avantages… Nous avons un rôle de conseil auprès de nos entreprises clientes en termes de marque employeur, pour leur expliquer que chaque détail est important à valoriser : la proximité avec le responsable ou le chef d’équipe, la prise en charge des transports, les tickets-restaurants, la flexibilité des horaires… Tout cela est au moins aussi important que le salaire et ses composantes comme le treizième mois.

"L'entreprise doit être vigilante sur la qualité de l'accueil, l'accompagnement, la formation au poste. Les premiers jours sont déterminants."

Les entreprises industrielles ont-elles pris conscience de l’enjeu de la marque employeur ?

Sur les 273 établissements industriels que compte le pays de Grasse, une soixantaine sont nos clients, des grands groupes aux TPE. Le rapport de force s’est inversé, on le sait, et c’est assez nouveau de dire à une entreprise que c’est à elle d’être séduisante et attractive car il y a une pénurie, à la fois quantitative et qualitative, de candidats. Sur cet aspect qualitatif, nous actionnons d’ailleurs le levier formation avec des partenaires comme l’Asfo (Centre de formation aux métiers des parfums, des arômes et de la cosmétique) à Grasse.
Mais l’entreprise doit être vigilante, au moment du recrutement comme à l’intégration, sur la qualité de l’accueil, l’accompagnement, la formation au poste. Les premiers jours sont déterminants. La promesse initiale doit être tenue, elle doit être authentique. Tout cela est vrai dans l’intérim comme dans le recrutement. La marque employeur doit entrer dans les gènes de l’entreprise au quotidien, c’est de la RSE. Être impliqué sur son territoire, montrer ses savoir-faire, attirer des gens plus ou moins éloignés de l’emploi, cela relève de la responsabilité. Il faut absolument intégrer cette donnée-là, sinon on a du mal à recruter et à fidéliser.

Ce rapport de force entre candidats et recruteurs tend-il à s’équilibrer ?

Nous constatons toujours une certaine volatilité des candidats. Ils ont malgré tout toujours le choix. Mais cela finira par se stabiliser et s’équilibrer. Nous sommes là pour conseiller tant les entreprises que les candidats, les mettre aussi en phase avec leurs compétences et les réalités du marché. Nous travaillons à identifier ceux qui, sur le papier, n’auraient pas retenu l’attention des entreprises car nous avons détecté un potentiel ou des qualités. C’est là qu’intervient le savoir-être, devenu au moins aussi important que le savoir-faire. C’est, à compétence égale, ce qui fait la différence.

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