Var

Énergie

Fioul 83 croit à l’essor des biocarburants dans la transition écologique

Par Matthias Galante, le 22 novembre 2022

L’entreprise varoise de livraison de carburants et combustibles Fioul 83 vient d’avitailler pour la première fois un yacht avec un gasoil beaucoup moins polluant. Elle se prépare à l’évolution de son activité.

Du carburant issu d’huile de cuisine usagée a été mis dans les réservoirs d’un superyacht.
Du carburant issu d’huile de cuisine usagée a été mis dans les réservoirs d’un superyacht. — Photo : Sylvain. THIOLLIER

C’était annoncé comme une grande première en France. Et un symbole, parmi d’autres, des actions possibles sur le délicat chemin de la protection de l’environnement. Le 7 novembre dernier à La Seyne-sur-Mer (Var), Fioul 83 a avitaillé Lammouche, un superyacht de 44 mètres, avec un biocarburant baptisé XTL100. Concrètement, ce gasoil, fabriqué à partir d’huile de cuisine usagée, "permet une réduction de 90 % des émissions de CO2 et de 80 % de particules fines", assure Philippe Falaize, cogérant de l’entreprise. Doté d’une une teneur réduite en soufre, il est surtout totalement biodégradable. "L’absence de soufre permet d’éviter la création d’acide sulfurique au contact de l’eau de mer et de l’air. Ses caractéristiques favorisent la réduction du bruit du moteur ainsi que celle des émanations de fumées", ajoute-t-il.

Les biocarburants en attendant mieux

Cette initiative, décidée après des discussions avec le capitaine du bateau, le propriétaire et le motoriste de l’embarcation, n’est pas anodine. "La transition écologique ? Tout le monde est d’accord pour la faire. Mais on ne va pas changer nos habitudes du jour au lendemain. Toutes les voitures ne pourront pas être électriques immédiatement. Il y aura une inertie", constate le dirigeant de cette société varoise basée à La Crau. En attendant que des verrous technologiques sautent pour assurer une énergie 100 % propre à destination de la mobilité, Fioul 83 croit dur comme fer au développement de ce biocarburant de deuxième génération fabriqué dans les pays nordiques et 100 % renouvelable. C’est une manière d’agir concrètement et d’améliorer un tant soit peu les choses, plaide-t-elle. En bref, un moindre mal pour la planète : "La réduction de la pollution, c’est une voie majeure pour tous. On réalise 3 600 avitaillements annuels et le domaine marin représente 50 % de notre activité. Nous espérons que cette première va donner l’idée à d’autres de suivre."

40 % des ventes d’ici à cinq ans

Spécialisée, depuis 1993, dans la livraison de carburants et de combustibles comme les granulés bois, dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes, l’entreprise qui réalisera autour de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022, vise à terme une croissance de 10 % grâce à ces nouveaux produits. Ces derniers pourraient d’ailleurs représenter jusqu’à 40 % du volume des ventes dans les cinq ans ambitionne les dirigeants. En particulier grâce au marché maritime et du yachting considéré comme particulièrement stratégique pour Fioul 83 car "les marins aiment leur métier et font, pour la plupart, très attention à l’environnement."

Avec ses 33 salariés et sa quarantaine de véhicules (dont 35 citernes), la société varoise, planche activement sur le futur. Eu égard au contexte, elle n’a de toute façon pas vraiment le choix reconnaît Philippe Falaize. "Nous savons que notre métier d’hier et celui d‘aujourd'hui vont disparaître. Demain passera, notamment, par la distribution d’hydrogène gazeux. Mais pas seulement. Il faut croire à la jeunesse, il y aura des solutions techniques. On a bien réussi, à un moment, à arrêter le charbon pour le chauffage…"

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition