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Interview Fabrice Fournier (FEP Sud-Est) : "Nos métiers nécessitent du savoir-être"

Entretien avec Fabrice Fournier  président de la Fédération des Entreprises de Propreté et Services Associés Sud-Est (FEP Sud-Est).

Propos recueillis par Didier Gazanhes - 04 novembre 2021

À l’occasion de la remise des diplômes et certificat de qualification professionnelle du CFA de la branche professionnelle de la propreté, Fabrice Fournier, président de la FEP Sud-Est revient sur les enjeux du secteur et notamment sur l’impact de la crise sanitaire.

Fabrice Fournier, président de la Fédération des Entreprises de Propreté et Services Associés Sud-Est (FEP Sud-Est).
Fabrice Fournier, président de la Fédération des Entreprises de Propreté et Services Associés Sud-Est (FEP Sud-Est). — Photo : © Sébastien Borda

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises du secteur de la propreté ?

Il a été plus ou moins violent en fonction des entreprises. Au sein de la Fédération, nous avons des entreprises de toutes tailles. La grande majorité a moins de dix salariés, mais il y a aussi de très grands groupes au sein de nos membres. L’impact a surtout varié en fonction des clients de nos entreprises. Quand ceux-ci ont été fermés pendant le confinement, il y a forcément eu un impact négatif malgré les aides de l’État. Certaines de nos entreprises ont subi des chutes de chiffre d’affaires de 80 à 100 %. Pour celles dont les clients n’ont pas été fermés, en revanche, il y a eu une petite croissance des prestations du fait de la désinfection mise en place dans les entreprises. Mais, il était toutefois impossible d’augmenter réellement les prix. Les clients demandent toujours des gestes commerciaux. Au final, aujourd’hui, ces prestations existent toujours mais elles sont intégrées à la prestation complète et classique que nous proposons. Il y a par ailleurs désormais un problème lié au remboursement du PGE (Prêt garanti par l’État), remboursable sur cinq ans. C’est un délai trop court. Il est difficile pour les entreprises de rembourser sur cette durée. Nous militons pour un étalement plus long.

La crise a en revanche permis à nos entreprises d’être plus visibles par nos clients. Nos salariés ont en effet travaillé dans la journée pour les opérations de désinfection. La presse, le gouvernement ont parlé des entreprises de seconde ligne dont nous faisons partie.

Y a-t-il une spécificité régionale des entreprises de la propreté ?

Dans la Région Sud, nous comptons plus de 1 934 entreprises, employant 43 857 salariés. Notre particularité sur ce territoire ? Le tourisme. Cet été, ce secteur est très bien reparti et il y a même eu des tensions au niveau de l’emploi. Il a été très difficile de trouver des agents pour les opérations saisonnières alors que, pourtant, 5,7 millions de personnes sont inscrites à Pôle Emploi, dont 3,5 millions recherchent un travail à temps plein. Nous employons 545 000 salariés en France. Nous organisons pas mal d’opérations en partenariat avec Pôle Emploi, les Maisons de l’emploi, mais nous trouvons difficilement des salariés. Où sont tous ces chômeurs ? Ce manque de main-d’œuvre nous conduit à être particulièrement actifs en termes de formation. Travailler dans une entreprise de propreté n’est pas forcément accessible à tous. Nous cherchons des compétences, des aptitudes. Il y a des techniques, des méthodes, du savoir-faire et, plus important encore, du savoir être. C’est en valorisant nos métiers que nous allons pouvoir fidéliser nos salariés.

Au début 2021, vous avez ainsi inauguré une Maison de la formation à Château-Gombert, à Marseille. Pouvez-vous nous en parler davantage ?

C’est un outil de travail dédié à nos étudiants, qu’ils soient en CFA ou en formation continue. Cette filière de formation complète prépare les salariés d’aujourd’hui et de demain aux différents métiers de l’exploitation à la direction en passant par le commercial ou la qualité. Au sein de notre CFA, nous comptons 150 apprentis et nous visons les 200 pour l’année prochaine, surtout les niveaux de formation, du CAP au MBA. Nous avons, par ailleurs, une centaine de personnes en formation continue. Nous ne trouvons pas facilement des candidats, bien que nous participions à des Bourses de l’emploi, que nous soyons en partenariat avec l’Éducation nationale… Nous sommes conscients qu’il existe des freins à ces métiers, dont notamment les horaires. La crise sanitaire et les confinements ont conduit les gens à avoir de nouvelles habitudes de vie. Nous travaillons ainsi à mettre le plus souvent possible des interventions en journée, comme le font beaucoup de pays du nord de l’Europe. Dans les aéroports, les hôpitaux, les copropriétés, le nettoyage a lieu en journée. Il faut que, petit à petit, nous convainquions nos clients dans le tertiaire, dans le commerce, à cesser les interventions en décalé. Côté rémunérations, dans le secteur de la propreté nous avons un minimum qui est de 8 % au-dessus du Smic depuis très longtemps.

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