Alpes-Maritimes

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Comment le Stade Niçois fédère les chefs d'entreprise azuréens

Par Olivia Oreggia, le 14 janvier 2022

Le Stade Niçois est le club de rugby de Nice, qui évolue en troisième division et vise la montée en proD2. C’est aussi une entreprise qui s’est structurée grâce notamment à l’implication de dirigeants locaux devenus actionnaires majoritaires.

Régis Brandinelli est le président du Stade Niçois, club de rugby de Nice.
Régis Brandinelli est le président du Stade Niçois, club de rugby de Nice. — Photo : Olivia Oreggia

Le Stade Niçois, club de rugby de Nice, est monté de trois divisions en cinq ans, jusqu’en Nationale (troisième division). Une ascension en flèche qui a entraîné du changement aussi en coulisses, avec une structuration en conséquence. "Mon travail est de créer les conditions qui permettent à l’entreprise d’avoir une organisation professionnelle dans une ambiance amateurs", résume Régis Brandinelli, président du club. "Nous avons totalement changé notre modèle économique. Beaucoup de clubs professionnels ont un mécène, c’est très bien mais quand celui-ci s’arrête, le modèle économique de la structure périclite. Dans son histoire, le club a déjà déposé le bilan par deux fois (en 2001 et en 2012, NDLR), au moment de la professionnalisation du rugby. On ne veut plus mettre le club en danger, que ce soit pour l’équipe première et surtout la formation. Nous avons donc décidé d’avoir une holding, aux côtés de la SAS et de l’association, portée par des entrepreneurs locaux que nous sommes allés chercher."

Une brasserie de 600 m²

Directeur général des services d’Université Côte d’Azur depuis 2020, Régis Brandinelli était à la tête du groupe scolaire Stanislas à Cannes. Il a embarqué avec lui des parents d‘élèves, amateurs de rugby eux aussi comme Laurent Villa (RX Venture) ou Pierre Ippolito (groupe Ippolito) qu’il a connu lorsque celui-ci était étudiant à Skema Business School alors que Régis Brandinelli en était directeur général adjoint. À leurs côtés, Franck Cannata (Transcan), Laurent Bourelly (groupe BTF), Yann Delieuvin (concession Nissan) et Axel Graverol (Ag Invest). "Je ne veux pas de sleeping partners (actionnaire dormant, NDLR) mais des gens qui aiment le rugby, qui aiment les Alpes-Maritimes et Nice. Ils participent à la vie du club, au recrutement des joueurs, ils participent évidemment à toute la structuration administrative et professionnelle, et développent toute l’activité hors cœur de métier."
Ainsi, en s’appuyant sur l’expertise de Laurent Villa et de sa dizaine de restaurants en France, le Stade Niçois ouvrira une brasserie sur 600 m² au sein d’Iconic (bâtiment de 19 000 m² en centre-ville de Nice qui doit être livré au premier semestre 2022), pour un investissement entre 600 000 à 700 000 euros. "Nous allons faire un sport bar à l’américaine. Cela nous permettra de nous faire connaître, de développer la marque, de faire du chiffre d’affaires récurrent. Nous avons déjà aussi deux boutiques, une au stade des Arboras, l’autre à NicEtoile (centre commercial en centre-ville) pour développer les produits dérivés, la marque. Aujourd’hui, nous sommes structurés comme en pro D2 (plus de 60 salariés, sportifs compris au total aujourd’hui, NDLR). Nous avons été prêts plus tôt sur la partie administrative que sur la partie sportive, c’est un vrai choix car c’est justement la faiblesse de la majorité des clubs."

2,5 millions d’euros de budget en plus

Ne reste plus qu’à monter en proD2. En tête du championnat la saison dernière, le Stade Niçois en est passé tout près. Le club qui compte un budget de 5 millions d’euros, pourrait alors y ajouter 2,5 millions d’euros de droits tv. En attendant, le Stade Niçois a lancé une levée de fonds sur Tudigo, sur l’idée d’un de ses actionnaires. Une manière d’impliquer davantage encore le grand public auprès de sa marque mais aussi de financer des projets complémentaires pour "améliorer les conditions de travail et de vie des jeunes en formation ainsi que des personnels".
Le stade est un autre axe de développement, avec un espace "VIP" et B to B augmenté à 800 m² et pouvant désormais accueillir 500 partenaires par match. Tandis qu’une nouvelle tribune sortira de terre d’ici 18 mois portant la capacité de l’enceinte à 10 000 places, là où seulement 3 500 spectateurs peuvent prétendre aujourd’hui à un sésame.

Régis Brandinelli est le président du Stade Niçois, club de rugby de Nice.
Régis Brandinelli est le président du Stade Niçois, club de rugby de Nice. — Photo : Olivia Oreggia

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