Sans nouveau stade, l’avenir du Rugby Club Toulonnais serait menacé, estime la direction, qui vient de dévoiler les contours d’un projet de nouvelle enceinte pour le club varois. Un club qui génère 21,5 millions d’euros de retombées économiques et 243 emplois. Le budget pour le nouvel équipement est estimé à 200 millions d’euros et le moment choisi pour présenter ce projet ne doit rien au hasard : il intervient à quelques jours des élections municipales.
Le Stade Mayol, un modèle à bout de souffle
"Chaque saison, le RCT subit un déficit structurel de 8 à 10 millions d’euros", souligne son président Bernard Lemaître. Pour lui, tout l’enjeu est de doter le club sportif d’un stade à la hauteur des standards du rugby professionnel, car "les principales recettes doivent venir du stade, qui doit être moderne, confortable et répondant aux normes de sécurité".
Car le stade Mayol est considéré par la direction comme "obsolète et structurellement limité". Avec des experts et des architectes, le club a réalisé un diagnostic complet. "Les tribunes présentent de nombreuses dégradations : fissures, rouille, équipements vieillissants et absence de couverture sur plusieurs zones. L’expérience spectateur est jugée insuffisante, notamment à cause du manque de confort des sièges et de problèmes de visibilité." Quant aux services, ils sont insuffisants. Pour la direction du club, il manque des buvettes et sanitaires, des espaces dédiés aux supporters. Les installations "premium" (loges, espaces médias) sont jugées inférieures aux standards du Top 14 et les installations sportives "limitées".
Une rénovation jugée "utopique"
Et, rénover le stade Mayol, pour le rendre conforme au règlement relatif aux grands établissements à exploitation multiple (plus de 15 000 personnes) serait, selon le club, "extrêmement complexe (en raison de son implantation dans un quartier dense) et coûteux (le budget est estimé à 400 millions d’euros, NDLR)", et finalement "utopique."
Le projet de rénovation se heurtant à des "obstacles rédhibitoires", Bernard Lemaître constate qu’il faut "une alternative, tournée vers un équipement neuf et moderne."
Un projet de stade d’environ 18 000 à 20 000 places
L’idée serait de doter Toulon d’une infrastructure moderne, capable de répondre aux standards actuels du rugby professionnel tout en devenant un véritable équipement métropolitain. Le projet présenté est un stade d’environ 18 000 à 20 000 places (17 500 aujourd’hui) entièrement couvert, offrant des capacités d’accueil et d’exploitation supérieures, ainsi que davantage de loges, d’espaces de réception et de services pour les supporters.
"L’objectif serait de diversifier les sources de revenus et de faire du stade un moteur économique local, capable d’attirer visiteurs, entreprises et événements"
Au-delà de l’accueil des matchs du RCT, l’équipement serait conçu comme un site multifonctionnel ouvert toute l’année. Il intégrerait des espaces dédiés à l'accueil réceptif et aux loges, un musée du club, des restaurants et des lieux de réception, ainsi que des installations adaptées à l’organisation de concerts, de spectacles ou d’événements professionnels. "L’objectif serait de diversifier les sources de revenus et de faire du stade un moteur économique local, capable d’attirer visiteurs, entreprises et événements", souligne la direction du club.
Deux sites en bord de mer sont avancés par le club : Pipady et la Tour Royale, à proximité du centre-ville, pour maintenir l’ancrage territorial du club et face à la mer Méditerranée. Quant à son coût, il est évalué à 200 millions d’euros, soit deux fois moins qu’une rénovation, selon la direction du RCT. Pour les responsables du club, l’idée est lancée, mais elle ne leur appartient pas. La décision d'engager un tel projet appartient maintenant aux collectivités.