Toulouse

RSE

Specialisterne facilite l'inclusion professionnelle des personnes autistes

Par Philippe Kallenbrunn, le 28 janvier 2022

Depuis Toulouse, la Scop Specialisterne agit en faveur du recrutement des profils neuroatypiques. Un moyen encore méconnu pour les entreprises de développer leur politique RSE.

Gabrielle Blinet a cofondé la Scop Specialisterne à Toulouse en avril 2021.
Gabrielle Blinet a cofondé la Scop Specialisterne à Toulouse en avril 2021. — Photo : Marjorie Mailhol

Le groupe international Specialisterne, né au Danemark en 2004, fait découvrir aux entreprises l’avantage concurrentiel que peuvent leur apporter les personnes autistes. Parmi ses clients figurent Microsoft, IBM, Danone, Carrefour, Deloitte, KPMG ou encore la banque Santander. Depuis sa création, ses 450 collaborateurs dans le monde ont permis le recrutement de plus de 10 000 personnes neuroatypiques. L’entreprise s’est implantée en France l’année dernière, sous la forme d’une société coopérative et participative (Scop), a établi son siège social à Toulouse et s’est déjà rapprochée de Veolia.

Sensibilisation des salariés et managers

“70 % des personnes autistes peuvent travailler en milieu ordinaire, en particulier dans le tertiaire, explique sa cofondatrice Gabrielle Blinet. Les profils autistiques possèdent des qualités comme la rigueur, la droiture, la franchise, le goût des détails, la satisfaction d’atteindre un résultat ou encore une grande capacité à apprendre en autodidacte, comme les langues étrangères et des langages informatiques. Une entreprise peut ainsi avoir besoin d’une excellente assistante juridique pour relire des contrats et alerter son manager sur des points de vigilance.” Avec son associée Pascale Marchal, Gabrielle Blinet déniche ces talents au profit d’entreprises prêtes à inclure la neurodiversité dans leur politique RSE. “Lorsqu’une entreprise nous confie le recrutement d’un candidat autiste pour un poste précis, le processus dure plusieurs mois et nous le réalisons en partenariat avec elle, décrit-elle. Nous analysons le poste de travail à pourvoir, nous sourçons des candidats et nous évaluons leurs compétences. Nous ne pratiquons pas l’entretien d’embauche traditionnel qui juge notamment un candidat sur ses capacités à communiquer car c’est ce qui met la personne autiste en difficulté.” Specialisterne s’assure ensuite de la bonne intégration du candidat recruté en sensibilisant les salariés et les managers qui vont l’accueillir.

Du job coaching pour accompagner les personnes autistes

Gabrielle Blinet confie que la question de l’autisme en milieu professionnel est plus répandue que ce que l’on pourrait imaginer. “Des managers nous consultent parce qu’ils expérimentent eux-mêmes la neurodiversité au quotidien, lorsqu’ils sont parents d’un enfant autiste, dyslexique ou dyspraxique, dit-elle. Nous recevons aussi des managers de 40 ou 50 ans diagnostiqués neuroatypiques tardivement, y compris à des postes de haute direction, et qui taisent leur différence cognitive de peur d’être rejetés. Ce sont des cas très fréquents.” Specialisterne intervient aussi comme médiateur, via du “job coaching”, pour accompagner les personnes autistes, leur manager et leurs collègues de travail. La Scop mène par ailleurs des actions de formation, “parce qu’il est parfois difficile de comprendre qu’on peut avoir une thèse ou un diplôme d’ingénieur et être maladroit socialement”, affirme Gabrielle Blinet. Partenaire de l’ONU et du Forum économique mondial, Specialisterne (CA non communiqué) s’appuie sur une équipe de 4 collaborateurs permanents en France, renforcée par des prestataires occasionnels.

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