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Aéronautique

À Nîmes, le hub européen de la protection civile va décoller

Par Anthony Rey, le 20 mai 2022

La France et l’Europe accélèrent la formation d’un centre d’expertise sur la protection civile situé à Nîmes. Nemausus, le dispositif préfigurateur de la démarche, s’appuiera notamment sur un nouvel incubateur/accélérateur.

Les canadairs de la Base aérienne de sécurité civile sont positionnés à l’aéroport de Nîmes depuis 2017.
Les canadairs de la Base aérienne de sécurité civile sont positionnés à l’aéroport de Nîmes depuis 2017. — Photo : J. Groisard/Ministère de l'Intérieur

L’année 2017 restera comme une date clef dans l’histoire récente de Nîmes (Gard). Choisie par l’État pour accueillir sur son aéroport la base aérienne de la sécurité civile (BASC) précédemment située à Marignane (Bouches-du-Rhône), la cité gardoise a été positionnée de facto comme nouveau pôle national de compétences sur le sujet. Si la future loi d’orientation du ministère de l’Intérieur, qui sera votée en septembre, entérine la démarche, la France est déjà allée plus loin en candidatant et en remportant, en octobre 2021, un appel à projets européen visant à construire un hub européen dédié à la protection civile. Il est naturellement basé à Nîmes.

La concrétisation d’un engagement européen

L’objectif de l’Europe est de constituer, en 2024, un nouveau centre d’expertise, en s’appuyant sur la recherche, pour renforcer la réponse opérationnelle en matière de protection civile. Sous l’égide de la Direction générale de la sécurité civile (DGSC), un programme de préfiguration, baptisé "Nemausus", a été déployé dès l’automne 2021 pour avancer sur un premier sujet : la lutte contre les feux de forêt. Conclu pour une durée de 18 mois, le dispositif associe des agences de protection civile et des laboratoires issus de 7 États-membres (France, Suède, Italie, Allemagne, Espagne, Croatie et Chypre), ainsi qu’une collectivité locale, l’Agglomération de Nîmes Métropole. "Notre ambition est d’être en capacité de répondre au mieux aux crises, en matière de sécurité civile, qui vont inévitablement se poser en raison du réchauffement climatique. C’est aussi un engagement européen. L’Europe a identifié les risques les plus prégnants selon les États-membres, comme les feux de forêt en France. Pour les États qui ont une connaissance du sujet, Nemausus sera donc un moyen d’échanger et de travailler ensemble", résume Stéphane Thébaut, sous-directeur de la stratégie à la DGSC.

De multiples retombées économiques

En termes économiques, Nemausus s’appuiera sur un nouveau bâtiment de 900 m2 en cours de construction dans l’aéroport de Nîmes, et livrable en juin 2023. Baptisé "B46", il mobilise un budget de 1,6 million d’euros, financés à 90 % par Nîmes Métropole et 10 % par la Région Occitanie. Le premier étage accueillera le futur hub européen, tandis que le rez-de-chaussée sera dévolu à l’accueil et à l’accélération de start-up évoluant dans l’aéronautique, le spatial ou la conception de drones pour la gestion de crise. "Il s’agira d’un lieu pensé pour les start-up et les porteurs de projets, qui pourront tester leurs innovations pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois avant de lancer leur produit sur le marché", décrit Adrien Mangiavillano, responsable de la filière aéronautique à la direction économique de Nîmes Métropole. Ce dernier ajoute : "Depuis de longues années, l’Agglo voit dans la sécurité civile une opportunité de développement pour son aéroport et pour son territoire, et structure de nouveaux outils économiques autour de ces sujets".

Ainsi, en parallèle à la démarche Nemausus, Nîmes Métropole vient de mettre en chantier un deuxième bâtiment à vocation économique, livrable en 2024. Sous le nom de "Basecamp 3", cette plateforme de 3 600 m2, fruit d’un investissement de 7 millions d’euros, intégrera de nouveaux hangars : ils renforceront la capacité opérationnelle des industriels de l’aéronautique déjà présents sur l’aéroport, comme l’entreprise de maintenance Sabena Technics, qui auront alors la possibilité de s’étendre. "Nous tablons aussi sur des installations d’entreprises étrangères, notamment nord-américaines, maintenant que Nîmes est identifiée comme rampe de lancement vers le marché européen de la sécurité civile", espère Adrien Mangiavillano. La zone d’activités de l’aéroport nîmois représente à ce jour près de 1 000 emplois, une jauge que les acteurs locaux veulent allègrement dépasser avec les retombées économiques attendues atour du hub européen.

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