Haute-Garonne

Technologies

Epsi s’impose dans la surveillance millimétrée des sites sensibles

Par Philippe Kallenbrunn, le 09 mai 2022

Trois ans après sa création par le groupe francilien Itni, le fabricant haut-garonnais Epsi cartonne avec ses radars à onde continue qui permettent de scruter des petits périmètres. Initialement destinée à la surveillance des centrales nucléaires ou des réseaux électriques, elle intéresse désormais les sites industriels et poursuit son fort développement.

Frédéric Chaumeil, directeur de la société Epsi, prévoit une nouvelle forte croissance en 2022.
Frédéric Chaumeil, directeur de la société Epsi, prévoit une nouvelle forte croissance en 2022. — Photo : Ombre & Lumière

Créée en 2019, Epsi, la division produits de la société francilienne Itni (140 salariés, CA : 120 M€), acteur du secteur de la Défense, conçoit, développe et fabrique des systèmes de surveillance radar par onde continue. Ses activités d’ingénierie et commerciales sont implantées à Beauzelle (Haute-Garonne), au nord de Toulouse. "Au démarrage, nous nous sommes spécialisés dans la surveillance et la protection des sites sensibles (centrales nucléaires, zones navales, barrages, bases aériennes…), détaille son directeur Frédéric Chaumeil. Nous poursuivons notre développement dans ces domaines-là mais notre technologie intéresse de plus en plus de monde."

Solutions de protection nomades

Sites industriels, parcs automobiles, transporteurs, sites de loisirs, parcs d’animation, événementiel, agriculture constituent pour elle autant de nouveaux débouchés, forte croissance à l’appui. "Nous sommes passés de 6 collaborateurs à 30 en trois ans seulement, indique le dirigeant. Alors que nous produisions 100 radars à l’origine, nous atteignons le millier maintenant. Et, pour la première fois cette année, nous ajoutons de l’intelligence artificielle à nos algorithmes."

Epsi (chiffre d'affaires non communiqué) a aussi élargi sa gamme de radars, nommée PSR (perimeter surveillance radar), à six modèles, dont la précision d’observation peut aller jusqu’à un couloir de cinq mètres ou au-dessus d’une clôture. Elle a par ailleurs lancé des solutions de protection nomades, moins coûteuses qu’une installation fixe, qui séduisent les organisateurs d’événements éphémères ou les agriculteurs soucieux de surveiller leurs récoltes.

Assemblage à Limoges

En France, Epsi est la seule à produire des radars à onde continue dans la niche qui permet de surveiller des zones sur une distance allant de 0 mètre à 1 kilomètre. "Cette technologie est ancienne, facile à fabriquer et fiable parce qu’il n’y a pas de pièces d’usure, précise Frédéric Chaumeil. La complexité, en revanche, c’est le traitement des informations fournies par ces radars. Il faut être capable de distinguer les alertes que l’on veut remonter à un poste de surveillance des alertes que l’on ne veut pas remonter. Par exemple, l’intrusion d’un piéton qui entre sur un site mais pas le lapin ou le chat de passage. Ce qui change aussi, ce sont les capacités de calcul des processeurs. Nous nous servons de processeurs graphiques qui viennent du monde des jeux vidéo et qui nous donnent des capacités phénoménales."

Epsi fabrique intégralement ses radars. Seuls les composants électroniques sont sourcés en Asie. Pour le reste, elle recourt à des sous-traitants, tous situés entre Toulouse et Limoges (Haute-Vienne), où se trouve sa chaîne de production, d’assemblage et de tests. La société Itni finance sur ses fonds propres les investissements d’Epsi. "Cela nous a permis d’accélérer notre croissance, surtout en 2021, se réjouit Frédéric Chaumeil. Elle va continuer de façon importante en 2022 : nos ventes grossissent et nous allons compléter notre offre de produits, de logiciels ou de services associés." Pour la première fois, Epsi exposera sa gamme à Eurosatory, le salon mondial de la Défense et de la Sécurité, qui se tient du 13 au 17 juin à Paris Nord Villepinte.

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