Nouvelle-Aquitaine

Immobilier

Les promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine alertent encore sur le manque de logements neufs

Par Astrid Gouzik, le 05 juillet 2022

La Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine a, une nouvelle fois, tiré la sonnette d’alarme sur le déficit de logements neufs, notamment dans la métropole bordelaise. Et n’a pas hésité à adresser un avertissement aux élus locaux.

Christophe Noël, Pierre Vital et Pierre Aoun, à la tête de la Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine.
Christophe Noël, Pierre Vital et Pierre Aoun, à la tête de la Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine. — Photo : Astrid Gouzik

Il faudrait construire dans la métropole bordelaise environ 7 000 logements neufs par an, notamment pour accueillir les 10 000 nouveaux ménages qui s’y installent chaque année. En 2021, 2 500 logements neufs ont été construits. Forcément ça coince… et la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) de Nouvelle-Aquitaine grince des dents. Jusque-là rien de nouveau sous le soleil girondin, la ritournelle se fait entendre chaque année.

"Pour chaque logement construit, 2 équivalents temps plein sont créés. On a détruit 7 000 emplois locaux en ne remplissant pas les objectifs de construction", alerte Pierre Aoun, vice-président de la FPI Nouvelle-Aquitaine et directeur général du groupe LP Promotion. Plus exactement, 7 000 emplois n’ont pas été créés dans la région. "Et nous n’avons pas construit non plus suffisamment de logements sociaux", renchérit le professionnel.

Hausse des prix et problèmes d’approvisionnement

En cinq ans, le délai moyen de livraison des opérations a augmenté de 50 % et le coût des travaux de 35 % sur le même temps. La crise liée au Covid-19 et la guerre en Ukraine s’invitant dans cette "équation impossible pour garantir des prix de sortie sensés de logements toujours plus performants et de qualité", déplore la fédération aquitaine. "Nous rencontrons d’importants problèmes d’approvisionnement en matières premières, notamment pour l’acier et l’aluminium, liés à l’outil de production ukrainien. Le prix du bois a augmenté, comme le prix des céramiques, des briques, du ciment qui flambe à cause de la hausse du prix du gaz", décrit Christophe Noël, vice-président de la FPI Nouvelle-Aquitaine et directeur général délégué de Réalités.

Au-delà de ces constats, la FPI a identifié des solutions afin d’améliorer la situation en Nouvelle-Aquitaine, et particulièrement dans la métropole de Bordeaux où le marché est sous tension depuis plusieurs années. "Pour commencer, nous proposons d’appliquer le plan local d'urbanisme dans sa pleine capacité", détaille Pierre Vital, président de la FPI Nouvelle-Aquitaine et associé fondateur d’ID & AL groupe. Dans la ligne de mire des promoteurs, les élus locaux réticents à accepter des permis de construire respectant pourtant le PLU. "Ils ne vont jamais pousser un projet au maximum de ce qui est autorisé par le PLU", déplore Pierre Vital. 

Utiliser la capacité maximale du PLU

"Ces règles ont été pourtant été mûrement réfléchies, en concertation", souligne Pierre Aoun. Et de glisser collectivement en guise d’avertissement : "de plus en plus de promoteurs attaquent les refus de permis de construire abusifs". "Nous incitons nos adhérents à se montrer vindicatifs et à faire respecter leurs droits", abonde Christophe Noël.

Parmi les autres solutions proposées, plus anecdotiques : accroître l’information sur l’utilité et la nécessité de construire des logements, renforcer un dialogue objectif avec les acteurs de la construction et mobiliser des espaces fonciers publics pour retrouver de la matière première à bon prix. "Nous demandons une mobilisation générale de la filière pour accélérer une production qui est aujourd’hui à l’arrêt. Il est temps que tout le monde prenne ses responsabilités", conclut la FPI.

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