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Télécoms

Manifone aiguise ses ambitions sur le marché BtoB

Par Bertrand Tardiveau, le 30 mai 2022

Opérateur lancé en 2006 à Vannes pour faciliter les appels des particuliers vers l’international, Manifone a réorienté depuis une dizaine d’années son offre commerciale en développant des services dédiés aux centres d’appels. Une stratégie qui commence aujourd’hui à porter ses fruits.

Lounis Goudjil (à gauche) prévoit de consolider l’activité de Manifone depuis l’Espagne.
Lounis Goudjil (à gauche) prévoit de consolider l’activité de Manifone depuis l’Espagne. — Photo : Edouard Jacquinet

Fournir des canaux de télécommunications est un métier où peu d’acteurs peuvent émerger face aux mastodontes du secteur. Manifone a pourtant su trouver sa place sur un marché de niche particulièrement dynamique. "Nos clients sont les grands centres d’appels européens, comme le français Teleperformance pour n’en citer qu’un", explique Lounis Goudjil, gérant fondateur de l’entreprise.

15 millions d’appels par jour

Un chiffre d’affaires porté en 2021 à 11,6 millions d’euros, contre 10,8 millions l’année précédente. Des effectifs étendus à une vingtaine de salariés, dont quinze au siège de l’entreprise à Vannes, auxquels devraient s’ajouter cinq nouvelles recrues espérées d’ici la fin de l’année. Avec une activité qui a doublé en moins de 5 ans, plus de 300 clients actifs et 15 millions d’appels traités chaque jour, Manifone fait partie de ces pépites du numérique dont on vante régulièrement le savoir-faire et la croissance.

Les débuts n’ont pourtant pas été si évidents pour Lounis Goudjil. "Au départ, l’idée consistait à fournir un service BtoC de téléphonie discount aux personnes appelant beaucoup l’international depuis leur mobile. Le principe était simple : remplacer les numéros internationaux appelés par des numéros français de substitution", raconte le scientifique de 56 ans, diplômé d’HEC, né d’un diplomate algérien et d’une mère est-allemande. Avec l’avènement en 2012 de nouveaux acteurs comme Skype ou Viber, le business historique de Manifone s’effondre l’obligeant à engager un virage stratégique vers le BtoB.

Démarchage intelligent

"Alors que nos clients n’avaient auparavant qu’une faible visibilité sur leurs coûts réels, nous avons développé une technologie suffisamment robuste qui leur permet de mesurer et optimiser en temps réel la qualité de leurs appels sortants", avance Lounis Goudjil. Confrontés à l’indisponibilité voire la réticence de leurs prospects, les agents des centres d’appels supportaient jusqu’alors une certaine marge d’erreur, de l’ordre de 20 à 30 %. "Nos outils permettent de décupler leur productivité, en prévoyant par exemple le déclenchement d’un répondeur. L’idée consiste à développer un démarchage téléphonique intelligent, à l’exact opposé du harcèlement", renseigne le patron de Manifone.

Bien implantée sur le marché francophone de la téléprospection, estimé à environ 40 millions d’euros, la PME vannetaise se montre conquérante à l’export. "Environ 75 % de nos appels sont émis depuis l’étranger, où est concentrée plus de la moitié de notre activité", estime Lounis Goudjil qui s’appuie sur des data centers à Lyon, des bureaux commerciaux à Paris, Tunis et Casablanca, ainsi que des ressources support en Hongrie et en Serbie. Le dirigeant de Manifone se montre confiant pour l’avenir : "Nous avons récemment installé une équipe à Madrid sur un marché hispanophone très prometteur où nous espérons développer 5 millions de chiffre d’affaires supplémentaire à l’horizon 2025."

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