L’Organisation Bretonne de Sélection (OBS), union finistérienne de coopératives agricoles qui crée des variétés de légumes, a inauguré le 27 mars 2026 ses nouveaux laboratoires et de nouvelles serres, à Plougoulm, dans le Finistère. L’opération, a permis de faire passer le bâtiment de l’OBS, construit en 2024, de 200 à 600 m², tandis que les serres de 500 m² s'étendent désormais sur 1 600 m². L'investissement de 3 millions d’euros a bénéficié du dispositif de financement de l’État France 2030. Pour rappel, l’OBS emploie 34 salariés et génère 5,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec sa filiale OBS Innovation.
Un gain de temps précieux dans la création des semences
Les 22 sélectionneurs et chercheurs de l’OBS bénéficient désormais d’un outil performant de création variétale et de sélection avec, par exemple, la possibilité de reconstituer, intra-muros, les conditions extérieures de croissance. "Cela constitue un gain de temps précieux pour observer les résultats et un levier d’accélération d’importance lorsqu’il faut 10 à 15 ans pour créer une nouvelle semence", note l’entreprise finistérienne.
Les équipements permettent d’internaliser des process
Les nouveaux équipements permettent également d’intégrer des missions jusque-là sous-traitées, comme le marquage moléculaire en recherche appliquée ou le contrôle qualité des semences. "Une internalisation qui n’exclut pas les partenariats mais permet de gagner davantage en autonomie", pointe l’OBS.
"La création variétale et la multiplication des plants et des semences issues de cette création sont essentielles pour faire face aux évolutions des marchés et du changement climatique"
Avec ses nouvelles infrastructures l’organisation, qui regroupe 1 500 légumiers, répartis au sein des 4 coopératives du Nord Bretagne, compte notamment accueillir davantage de thésards et d’alternants issus des instituts de recherche et établissements d’enseignement supérieur (Inra, Instituts Agronomie, Université de Bretagne Occidentale…).
Vers le séquençage génomique
L’OBS se prépare aux nouvelles techniques d’amélioration des plantes parmi lesquelles les NGT (New Genomic Techniques), via le séquençage génomique, dont l’autorisation de mise en œuvre en Europe devrait aboutir en 2026. Quant à l’IA, elle est déjà utilisée sur des outils généralistes et sera développée à la hauteur des milliers de données récoltées et à analyser. "Dans mon équipe, il y aura d’ici 3 à 4 ans, de nouveaux métiers : bio informaticien, data scientist… Ils traiteront des milliers de données et sauront utiliser les algorithmes sophistiqués", précise Céline Jacq, directrice générale de l’OBS.
Élargissement de gammes
L’OBS va étoffer ses propositions en développant les créneaux de production pour une même espèce, avec des variétés "au mois le mois", tel le chou-fleur en production d’octobre à fin mai, mais aussi en élargissant sa gamme historique (chou-fleur, romanesco, échalote, artichaut, oignon Rosé de Roscoff, Coco de Paimpol). Les nouvelles surfaces permettront également de poursuivre plus efficacement la recherche sur le potimarron.
"La création variétale et la multiplication des plants et des semences issues de cette création sont essentielles pour faire face aux évolutions des marchés, du changement climatique, à la raréfaction de la main-d’œuvre. Nos recherches fournissent ces réponses et l’OBS, seul, est en mesure de les proposer avec un prix de rétrocession aux producteurs défiant toute concurrence. C’est à ce prix que nous gardons la confiance de nos adhérents", conclut Jean-Marc Roué, président de l’OBS.