France

Naval

 Chantier Bretagne Sud paré pour la " lame de fond " de l'hydrogène

Par Xavier Éveillé, le 08 juin 2021

En investissant le segment du bateau propre de taille intermédiaire, le chantier naval de Belz (35 salariés) s'est bâti une expertise dans les bateaux à hydrogène. Une première commande sera livrée en juillet. Des dizaines d'autres devraient suivre dans les prochaines années.

Yannick Bian, dirigeant de Chantier Bretagne Sud
Yannick Bian, dirigeant de Chantier Bretagne Sud — Photo : Xavier Eveillé, le Journal des Entreprises

Sur l'eau aussi l'hydrogène a le vent en poupe. Pour le chantier naval morbihannais Chantier Bretagne Sud (CBS - Acti Group) les développements de la filière hydrogène sont devenus concrets avec la livraison, prévue en juillet 2021, d'un premier bateau à hydrogène, pour le Yacht Club de Monaco. Ce client a fait appel à Chantier Bretagne Sud et Acti Group pour concevoir un bateau à hydrogène destiné à l'observation des baleines et des courses au large en Méditerranée et qui fera aussi office de vitrine pour les Jeux Olympiques 2024. "Nous avons intégré en 2019 Acti Group, basé dans le Var (250 salariés, près de 70 millions d'euros de chiffre d'affaires) qui a comme nous la culture de la production et de l'innovation. Grâce à ce rapprochement, nous avons de nouvelles compétences, dont un ingénieur soudure", indique Yannick Bian, ingénieur naval et dirigeant de Chantier Bretagne Sud.

Le navire à hydrogène ne ressemble pas aux autres

Le chantier breton investit ainsi le segment des bateaux à hydrogène avec plusieurs dizaines de commandes attendues dans les années à venir. "Un bateau à hydrogène est avant tout un bateau avec une motorisation électrique et des batteries. Nous sommes des intégrateurs de systèmes complexes. Nous prenons les contraintes de chacun pour concevoir et fabriquer ces navires "H2 ready", en relation avec les services d'homologation et de sécurité en mer", résume Yannick Bian. Sur les 35 salariés du chantier, 11 personnes ont travaillé sur le navire du Yacht Club de Monaco. "Un bateau à l'hydrogène ne ressemble pas aux autres. Nous avons fait le choix d'une structure trapue, à étages, avec les réservoirs tout en-dessous. L'enjeu est de sécuriser au maximum les personnes. L'hydrogène est inflammable et doit s'évacuer par le fond en cas de fuite." Autre contrainte : prévoir des batteries électriques de secours.

Le segment des bateaux propres de taille moyenne

Chantier Bretagne Sud a fait le choix de se positionner sur le créneau des bateaux propres de taille intermédiaire. Après des années de développement, il est est devenu performant sur ce segment "grâce aux capacités de son site de Port-Niscop, au bord de la ria d'Etel, et de ses compétences humaines". Désormais il veut voir plus loin en collaboration avec l'entreprise finistérienne Guinard Energies, spécialisée dans les énergies marines renouvelables, qui a elle aussi intégré le groupe. "Pour nous, le bateau à hydrogène n'a vraiment de sens que si l'on maîtrise  la filière." Avec Guinard Energies, Chantier Bretagne Sud prévoit ainsi d'équiper des pontons d'hydroliennes qui permettront la production d'hydrogène par électrolyse. Le chantier participe également au programme " Erseo " avec le Comité régional de la conchyliculture. Une barge électrique est en fabrication à Belz qui sera alimentée par un ponton à hydrolienne. "Ce projet motive énormément les ostréiculteurs. La filière bouge par conviction mais aussi parce que le coût global de possession d'un tel équipement devient intéressant" estime Yannick Bian qui se dit convaincu que "L'hydrogène sera une lame de fond."

Yannick Bian, dirigeant de Chantier Bretagne Sud
Yannick Bian, dirigeant de Chantier Bretagne Sud — Photo : Xavier Eveillé, le Journal des Entreprises

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