Angers

Agroalimentaire

Les graines du semencier Sakata poussent en Anjou

Par Florent Godard, le 02 mars 2021

Récemment implanté aux Ponts-de-Cé, le semencier japonais Sakata y a racheté puis rénové l’ex-usine Syngenta (7 500 m² aujourd'hui). Et cultive des légumes sur les champs voisins. Après avoir déjà injecté 5 millions d’euros depuis 2018, Sakata s’apprête à investir 3 millions de plus. 17 emplois ont déjà été créés.

Producteur de semences, Sakata a créé 17 emplois depuis son arrivée en 2018 aux Ponts-de-Cé, dans l’agglomération d’Angers
Producteur de semences, Sakata a créé 17 emplois depuis son arrivée en 2018 aux Ponts-de-Cé, dans l’agglomération d’Angers — Photo : Florent Godard

Le japonais Sakata a tenu ses promesses. Arrivé aux Ponts-de-Cé en 2018, le semencier a déjà créé 17 emplois et investi plus que les 4,5 millions d’euros initialement prévus, notamment pour rénover, adapter et équiper en machines l’usine de 7 500 m² qu'il a reprise, ou encore pour refaire une partie des bureaux, sur ce site 8,5 hectares précédemment occupé par Syngenta. Mieux, Sakata Vegetables Europe prévoit d’injecter "3 millions d’euros supplémentaires, portant l’investissement total à 8 millions d’ici 2024", indique Jean-Noël Hérault, directeur du site angevin. De quoi développer sa production de semences potagères.

Semences de choux, d’épinards, de betteraves…

Concrètement, l’unité angevine commercialise des semences de betteraves, d’épinards ou de poirées (aussi appelées bettes) fournies par des sous-traitants. Le site des Ponts-de-Cé prend en charge une série d’étapes dont le conditionnement.

Mais il produit aussi ses propres semences de choux (choux rouges et cabus, brocolis, etc.) récoltées directement dans ses 4 000 m² de tunnels (dont la superficie devrait s’agrandir de 3 600 m² avant l’automne). Une production expérimentale, essentiellement. Il s’agit, par exemple, de tester comment produire avec succès de nouvelles variétés en Anjou (comment s’adapter au climat, à quelles dates réaliser les semis, etc.). Et ainsi de glaner des informations utiles pour aider les agriculteurs multiplicateurs à produire les graines à l’avenir.

Maîtriser toute la chaîne

Si cela reste son modèle, Sakata entend toutefois internaliser certaines étapes sous-traitées jusqu’alors. En témoigne l’ouverture toute prochaine d’un laboratoire de contrôle qualité (génétique et sanitaire) aux Ponts-de-Cé, qui traitera les lots angevins ou issus d’autres sites du groupe. Sa mission : vérifier si les semences ne contiennent pas d’éléments pathogènes (bactéries, virus…) ou encore qu’il n’y ait pas mélange ou d’hybridation accidentelle dans un lot.

" Les Pays de la Loire sont la première région productrice et exportatrice de semences en Europe "

Autre exemple, avec le nettoyage de graines, aujourd’hui réalisé par des sous-traitants comme Terrena : une partie des investissements futurs devrait en effet financer l’installation de nouvelles lignes dans l’usine, pour nettoyer, calibrer ou encore désinfecter les graines " brutes " récoltées par les agriculteurs. Une stratégie aux multiples avantages. " C’est un moyen de réduire les coûts et les délais, pour livrer plus rapidement. De fait, on maîtrise aussi toute la chaîne ", synthétise Jean-Noël Hérault.

L’Anjou séduit les Japonais

Filiale du japonais Sakata Seed Corporation (2 500 salariés), Sakata Vegetables Europe (160 personnes, 65 M€ de CA) exporte environ 98 % de sa production en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

Pourquoi les Japonais ont-ils choisi d’investir en France ? Président de Sakata Vegetables Europe, Alain Sicard cite (entre autres) les conditions climatiques et un écosystème favorable, des universités et écoles d’ingénieurs de très bon niveau jusqu’à la présence d’instituts comme l’INRAE ou l’Office communautaire des variétés végétales en Anjou, sans parler du savoir-faire des agriculteurs. " Les Pays de la Loire sont la première région productrice et exportatrice de semences en Europe " a récemment déclaré Alain Sicard, lors d’une visite des ministres de l’Industrie et du Commerce extérieur sur son site angevin. Le Crédit d’impôt recherche et les infrastructures logistiques ont également séduit les Japonais.

Producteur de semences, Sakata a créé 17 emplois depuis son arrivée en 2018 aux Ponts-de-Cé, dans l’agglomération d’Angers
Producteur de semences, Sakata a créé 17 emplois depuis son arrivée en 2018 aux Ponts-de-Cé, dans l’agglomération d’Angers — Photo : Florent Godard

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail