Maine-et-Loire

Industrie

Grolleau s'agrandit pour anticiper l'essor des data centers et de la 5G

Par Florent Godard, le 28 juin 2021

Connu comme fabricant d’armoires électriques pour les villes (pour l’éclairage public, etc.), Grolleau se positionne de plus en plus sur des applications pour les data centers et les réseaux télécoms, en France et à l’étranger. La PME d’environ 200 salariés prévoit d’investir 3,5 millions d’euros pour s’agrandir et moderniser ses machines d’ici l’été 2022.

Specialisée dans les armoires métalliques extérieures intégrant des équipements destinés aux réseaux d’infrastructures, Grolleau va investir au total 3,5 millions d’euros.
Specialisée dans les armoires métalliques extérieures intégrant des équipements destinés aux réseaux d’infrastructures, Grolleau va investir au total 3,5 millions d’euros. — Photo : Moschetti/REA

Historiquement connu comme expert des armoires électriques, Grolleau (197 salariés) retrouve peu à peu son niveau d’avant crise sanitaire. Mieux, l’entreprise s’apprête à s’agrandir pour répondre à la demande. Une extension de 2 500 m² avec un atelier doté d’un pont roulant est d’ores et déjà prévue sur son usine de Montilliers, afin de porter sa superficie à 17 500 m².

Extension en septembre 2021

La première pierre sera posée à la rentrée 2021 pour une livraison prévue en juillet 2022. "L’investissement s’élève à 2 millions d’euros. En incluant le renouvellement du parc machine, l’enveloppe totale avoisine les 3,5 millions d’euros", indique le PDG de Grolleau, Laurent Marbach. La PME prévoit en effet de remplacer certains de ses équipements de découpe et pliage par des machines plus performantes.

Pour rappel, Grolleau réalise 20 % de son chiffre d’affaires via la livraison d’armoires métalliques destinées aux équipements urbains (éclairages publics, réseaux d’électricité, traitement des eaux et autres infrastructures). Son métier historique. Ses autres marchés se trouvent dans les télécoms (50 %), secteur tiré par l’essor de la fibre optique et la demande en data centers, dans les énergies vertes et les bornes de recharge électriques (15 %) ou encore dans l’industrie (15 %).

Si son marché historique repart, deux autres segments tirent fortement l’entreprise vers la reprise. D’abord le marché des bornes de recharge pour véhicules électriques (+30 % actuellement comparés à 2019, +100 % comparés à 2020). Grolleau livre par exemple Total pour l’équipement de la ville de Paris. Un secteur qui connaît un nouveau boom en France, après que le gouvernement a annoncé son objectif d’atteindre les 100 000 points de charge ouverts au public d’ici fin 2021. Et a débloqué une enveloppe de 100 millions d’euros via France Relance pour développer les bornes de recharge rapide.

Autre marché en vogue : celui des data centers. Un marché qui explose et justifie principalement l’extension. "De plus en plus d’acteurs veulent développer des data centers en France pour conserver la souveraineté de leurs données, explique Laurent Marbach. De plus la 5G, afin d’offrir un réseau plus rapide, nécessite davantage de points de partage… Et donc plus de data centers de proximité. Ce qui va, là encore, tirer notre activité vers le haut." Grolleau propose notamment une gamme de "shelters" ou nœuds de raccordement optique (NRO), des petits bâtiments de 8 mètres de longs tout équipés (avec système de climatisation, onduleur, groupe électrogène, etc.).

Export en Côte d’Ivoire et au Royaume-Uni

L’export, enfin, progresse aussi. Notamment grâce aux télécoms. La filiale d’Abidjan (Côte d’Ivoire) de la PME angevine a réalisé 600 000 euros de chiffre d’affaires en 2020. "Par ailleurs, Grolleau vient de créer une filiale au Royaume-Uni en mars 2021", confie son dirigeant. L’entreprise a expédié son premier NRO outre-Manche l’an dernier. "Nous avons signé un contrat-cadre portant sur la livraison d’une trentaine d’équipements là-bas d’ici deux ans, pour un opérateur télécom", ajoute Laurent Marbach. Le montant des commandes pourrait atteindre jusqu’à 2 millions d’euros. À noter qu’une mission vient d’être lancée avec Business France en Allemagne, en vue d’y commercer aussi.

Une vingtaine d’embauches prévues

Malgré l’épisode Covid, Grolleau maintient ses ambitions de croissance à moyen terme, seulement un peu décalées dans le temps. Après un chiffre d’affaires en berne en 2020 (22,3 M€ au 31 mars 2021, contre 34 M€ l’année précédente), l’exercice en cours devrait atteindre les 30 millions d’euros, avec pour objectif d’arriver à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2026. L’effectif bondirait alors à 300 salariés, contre près de 200 (plus 40 intérimaires en moyenne) aujourd’hui.

Reste toutefois à trouver les ouvriers et cadres nécessaires. Grolleau recherche actuellement 18 personnes, du "dessinateur mécanique" et du chef de projet communication et marketing, à l’acheteur, au contrôleur qualité, aux câbleurs, plieurs et soudeurs… Ces trois derniers profils étant particulièrement compliqués à trouver. "En mai, Grolleau a dû refuser 15 % de commandes, faute de main-d’œuvre pour pouvoir les honorer", regrette Laurent Marbach.

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