Rhône

Electronique

Procaly dans les starting-blocks pour le Grand Paris

Par Audrey Henrion, le 09 octobre 2018

Spécialisée dans la fabrication de câblages électriques, Procaly a décroché des contrats pour deux marchés gigantesques : le programme de rénovation de véhicules d'intervention de l'armée (Scorpion) et le déploiement ferroviaire autour du Grand Paris. La PME lyonnaise anticipe une forte croissance, même si le recrutement peut s'avérer être un frein.

« Nous sommes déjà fréquemment en danger de commandes » admet le PDG Jérôme Van Den Broeck (photo), qui utilise cette expression en comité stratégique pour alerter sur la surcharge de travail liée à la pénurie de main d’œuvre en France.
« Nous sommes déjà fréquemment en danger de commandes » admet le PDG Jérôme Van Den Broeck (photo), qui utilise cette expression en comité stratégique pour alerter sur la surcharge de travail liée à la pénurie de main d’œuvre en France. — Photo : Audrey Henrion

Du tramway de Sidney à celui de Nice, du métro de Londres jusqu’aux véhicules militaires au Mali, les câbles de Procaly se nichent dans tous les environnements à forte contrainte. La spécialité de cette PME du Rhône : la fabrication de câblages électriques. Et le déploiement d'une connectique qui ne rouille pas, ni ne propage les flammes. Employant 20 salariés en France et 80 en Tunisie (pour 9 M€ de CA en 2017), Procaly est aussi l’une des dernières entreprises à maîtriser la technique du « wrapping », la "haute couture" du circuit imprimé. Des atouts qui ont permis à l’entreprise créée il y a 25 ans de diversifier son marché.

Cette SAS détenue majoritairement par six associés dont le dirigeant Jérôme Van den Broeck, était tournée à 100 % jusqu'en 2008 vers le marché du ferroviaire, avec des clients comme Alstom et la SNCF. Et vient d'être retenue comme prestataire dans le projet du déploiement ferroviaire du « Grand Paris ».

Diversification réussie

Depuis 10 ans, Procaly est devenu un interlocuteur des industriels de la Défense, secteur qui pèse pour 20 % dans le chiffre d’affaires. La SAS va ainsi s'embarquer dans le programme Scorpion piloté par Nexter, qui consiste en la livraison à partir de 2020 de 200 chars « Leclerc Rénové » et de 18 dépanneurs de char « DCL Rénové ». Un marché pesant 330 millions d’euros au total.

La recette de cette diversification réussie ? La fiabilité. « Nous cherchons des clients qui eux-mêmes ont une image impeccable », livre le dirigeant. En réalité, la méthode est plus fine et repose sur des process qualité très rigoureux. Ils permettent de garantir à 100 % des câblages et équipements produits. Et Procaly entend renforcer encore davantage cet aspect, en s’inspirant du proccess qualité déployé chez bioMérieux avec la digitalisation de l’auto-contrôle. Avantage : accroître la réactivité, en cas de demande de modification de pièce. Et garantir une vérification des plus sûres. « Nos opérateurs utiliseront une tablette. Fini les liasses de papier ! » illustre le dirigeant.

50 à 100 % de croissance attendue

Avec le gain de ces deux marchés monstres, Procaly anticipe « une croissance de 50 à 100 % », selon son dirigeant. Reste que « nous sommes déjà fréquemment en danger de commandes », admet Jérôme Van Den Broeck, qui utilise cette expression pour alerter sur la surcharge de travail liée à la pénurie de main-d’œuvre en France. « Je viens d’embaucher un apprenti : j'en cherchais un depuis deux ans », illustre-t-il. Alors qu'en Tunisie, l’usine de 80 salariés recrute en deux heures…

Le site du Rhône peut accueillir jusqu’à 150 salariés, mais devrait être saturé rapidement par l’afflux de commandes. Du coup, le regard du dirigeant se tourne vers les pays de l’Est, « une porte vers l’Allemagne ». Ou même le Togo, ex-colonie allemande administrée par la France. « Avec un salaire mensuel à 50 euros, c’est encore trois fois moins cher qu’en Tunisie. »

« Nous sommes déjà fréquemment en danger de commandes » admet le PDG Jérôme Van Den Broeck (photo), qui utilise cette expression en comité stratégique pour alerter sur la surcharge de travail liée à la pénurie de main d’œuvre en France.
« Nous sommes déjà fréquemment en danger de commandes » admet le PDG Jérôme Van Den Broeck (photo), qui utilise cette expression en comité stratégique pour alerter sur la surcharge de travail liée à la pénurie de main d’œuvre en France. — Photo : Audrey Henrion