Geneviève Fioraso : La star de la mise en réseau

Par la rédaction, le 02 octobre 2009

Adjointe à la Ville de Grenoble, 1ere vice-présidente de la Métro en charge de l'économie et P-dg de SEM Minatec entreprises, la députée de l'Isère est un maillon incontournable du milieu économique grenoblois. À 55 ans, Geneviève Fioraso fait sauter les cloisons pour favoriser les coopérations fructueuses.

Geneviève Fioraso est un maillon fort du microsystème économique grenoblois. Celui qui arrive à faire travailler ensemble industriels, chercheurs et universitaires. «Mon boulot est de favoriser les coopérations, explique-t-elle. Le but est que 1+1 +1 fasse au final beaucoup plus que 3.» Avec sa démarche pragmatique, la députée de l'Isère est de tous les projets d'envergure de l'agglomération, dont Giant, un projet de 1,5 Md€ sur 15ans avec 14 maîtrises d'ouvrages différentes. Adjointe à l'économie à la Ville de Grenoble, 1ere vice-présidente de la Métro en charge du développement économique, P-dg de SEM Minatec entreprises, députée PS de l'Isère, qui participe à plusieurs commissions à l'Assemblée nationale, Geneviève Fioraso fait sauter les cloisons, à l'image de son parcours professionnel mais aussi de sa famille.




Des milieux sociaux opposés

«Mes parents étaient tous les deux Normaliens mais venaient de milieux sociaux complètement opposés, confie-t-elle. Ma mère était plutôt une aristocrate de Province désargentée, tandis que mon père venait du quart-monde paysan. J'ai donc toujours été en contact avec des mondes sociaux très différents, l'un où l'on se vouvoie entre époux et l'autre où l'on parle patois.» D'où sa forte conviction envers le modèle républicain. Et d'où son appartenance à la famille politique de gauche. «Je refuse que l'avenir de chacun soit pré-déterminé par son milieu social d'origine.» Fille de prof devenue prof, elle a eu «envie de prendre l'air» quand elle démissionne de l'Éducation nationale en 1978. Dotée d'une maîtrise d'anglais et d'économie, elle fait alors le choix de venir à Grenoble parce qu'elle y a de la famille et parce qu'elle trouve que c'est une ville ouverte à l'international où chacun amène sa pierre à l'édifice, qu'il soit boulanger, ingénieur,etc. «À Grenoble, on ne porte pas trop de jugement sur le pedigree des gens», note-t-elle. C'est d'ailleurs sans piston qu'elle intègre le service information de la mairie de Grenoble en 1979. «J'ai su qu'un poste se libérait par mon voisin du dessus qui travaillait dans ce service!» Et comme elle parle bien anglais, elle suit Hubert Dubedout, alors maire de Grenoble, sur des conférences internationales. En 1983, elle devient son assistante parlementaire. «J'ai beaucoup appris à ses côtés, se souvient-elle. J'ai appris à aimer la recherche. Comme il était ingénieur, il m'a aussi donné le goût des projets. Et il n'était pas non plus très à l'aise dans les clans. Il préférait le pragmatisme.»




La bougeotte

Elle l'a aussi vu perdre une élection. «Ce n'est pas le tout de faire plein de belles choses et d'être reconnu comme le meilleur maire de France, il faut aussi le communiquer et le faire partager, retient-elle. Ça, c'est mon côté un peu pédago.» C'est d'ailleurs en partie pour cette raison qu'elle a créé un blog, qui reçoit en moyenne 1.000visites par jour. «Il faut expliquer», répète-t-elle. Et c'est encore des cloisons qu'elle fait sauter quand elle intègre en 1989 l'équipe de direction de la start-up Corys émanée du CEA, où elle se charge des montages de projets de recherche européens. «J'étais la première personne extérieure embauchée, au milieu de physiciens. À un moment, ils m'appelaient Miss dollar, s'amuse-t-elle. C'est vrai. Ça ne sert à rien de chercher à faire le top du top si on ne le vend pas. Il faut coller à un cahier des charges et dégager de la marge pour réinvestir dans la R & D...» Une expérience qui lui plaît aussi beaucoup pour ses déplacements dans les pays de l'Est. «J'ai tissé un réseau européen qui me sert encore aujourd'hui. Et puis, ça m'a appris à me débrouiller, le ?faut y aller ?.» En 1995, elle devient directrice de cabinet de Michel Destot, élu maire de Grenoble, puis adjointe à l'économie en 2001. P-dg de SEM Minatec entreprises depuis 2003, elle est l'une des chevilles ouvrières du pôle Minatec. À 55 ans, elle a changé de job environ tous les cinq ans. Geneviève Fioraso a la bougeotte.

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