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Goodfloow veut simplifier la gestion de l’emballage industriel réutilisable

Par Thibault Dumas, le 23 novembre 2022

Incubée par l’IMT Atlantique, à Nantes, la start-up Goodfloow a travaillé avec douze chercheurs de quatre laboratoires sur sa solution de gestion de l’emballage industriel réutilisable, qui allie objet connecté et application. En recrutement, la start-up nantaise doit la lancer à l’échelle européenne en 2023. Une levée de fonds de 500 000 euros est en cours.

Ronan Le Roy, fondateur et dirigeant de Goodfloow.
Ronan Le Roy, fondateur et dirigeant de Goodfloow. — Photo : Goofflow

Les emballages industriels en carton émettent environ 1 milliard de tonnes de CO2 par an en Europe. Pour réduire drastiquement ces émissions, une seule solution : remplacer l’emballage jetable (de type carton) par l’emballage réutilisable (caisses en plastique, containers, etc.). "Cette option s’avère écologiquement très intéressante. Aujourd’hui, 80 % des emballages sont jetables, 20 % réutilisables. Ce qui reste un frein pour le réutilisable, c’est sa gestion hyper complexe. En moyenne, une entreprise perd 20 à 25 % de ses emballages réutilisables par an. Les emballages réutilisables sont parfois perdus, cassés ou volés sur fond de responsabilité juridique floue, liste Ronan Le Roy, qui a fondé la start-up nantaise Goodfloow en 2020. Notre ambition consiste à mettre au point un moyen de gestion digitale pérenne pour les entreprises, et qui fait des emballages réutilisables une solution rentable, en plus d’être écologiquement plus responsable. Cela permettra de massivement convaincre les utilisateurs de jetable de passer au réutilisable."

500 000 euros de levée de fonds

"À l’origine, je croyais que le problème était réglé depuis longtemps par des outils IoT (internet des objets, NDLR). Mais ce n’est pas le cas", poursuit le PDG de 49 ans, qui auparavant vendait comme agent commercial des emballages réutilisables à l’industrie automobile. Incubée à l’IMT Atlantique, à Nantes, Goodfloow emploie trois salariés pour l’heure et ouvre déjà deux postes supplémentaires : un ingénieur informaticien et un ingénieur d’électronique embarqué. La phase industrielle doit démarrer l’année prochaine sur le marché européen avec un objectif affiché d’atteindre 25 000 IoT installés d’ici à deux ans. Après le soutien financier de la BPI France (qui l’a labellisée Deep Tech en 2021), l’Ademe et l’IMT Atlantique, l’entreprise est désormais en pleine levée de fonds et cherche 500 000 euros.

Un objet connecté et une application

De quoi développer ce qu’elle présente comme une "technologie de rupture, une solution de logistique décarbonée 4.0", affinée par 12 chercheurs issus de quatre laboratoires (à l’Inria de Lille, l’Irisa, l’IMT Atlantique et l’IMT Nord Europe). D’abord avec un objet connecté (ou nœud) apposé sur chaque emballage qui surveille l’emballage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et non quelques minutes par jour comme les solutions actuelles. Il collecte les informations qui permettent d’identifier l’utilisateur responsable par preuve légale à tout instant. Sa durée de vie s’élève à dix ans soit plus que l’emballage lui-même. C’est un point primordial pour éviter le transfert d’impact écologique ou le remplacement de tonnes de CO2 par des tonnes de déchets électroniques dus aux IoT en fin de vie. Les industriels remplacent les IoT en entier et ne rechargent pas les batteries. Ensuite, une application web/mobile, qui analyse en temps réel la situation de chaque emballage grâce à l’intelligence artificielle, alerte sur les dysfonctionnements éventuels, les actions à réaliser, etc. Un vrai outil de gestion décentralisée des emballages pour l’entreprise cliente. Et surtout pour chaque opérateur d’usine qui intervient dans la boucle logistique, d’une manière simple et efficace. "L’idée, c’est que sur l’ensemble de la chaîne logistique, il y ait un changement de comportement, précise Ronan La Roy, ce qui évite la perte des emballages, et qui permet de créer de la valeur jusqu’au bout de la chaîne."

Lauréat de l’appel à projets Perfecto de l’ADEME en 2021, la solution est entièrement éco-conçue, c’est-à-dire que par conception, la solution réduit considérablement les impacts environnementaux liés à l’utilisation des emballages réutilisables. Il y a six mois, a débuté un test industriel en conditions réelles, qui se poursuit encore ces jours-ci. "On a validé nos hypothèses pour l’instant, cela divise par trois les émissions de CO2 par rapport à un emballage jetable", se félicite Ronan Le Roy. Autres conséquences : l’empêchement des pertes ou vols, le bannissement du surstockage et du réachat inutile, ou encore la réaffectation des postes dédiés au suivi à des tâches à haute valeur ajoutée.

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