Pas-de-Calais

Textile

Safilin inaugure sa filature pour relocaliser une partie de sa production de fil de lin

Par Jeanne Magnien, le 17 mai 2022

La production est désormais lancée au sein de la nouvelle filature que Safilin a réimplantée à Béthune (Pas-de-Calais). Une trentaine d'opérateurs a été recrutée pour produire, dès 2023, deux tonnes de fils de lin destinés à l'habillement comme aux produits pour la maison.

Une opératrice polonaise de Safilin forme une nouvelle recrue, au sein de la nouvelle filature du groupe, à Béthune.
Une opératrice polonaise de Safilin forme une nouvelle recrue, au sein de la nouvelle filature du groupe, à Béthune. — Photo : Jeanne Magnien

Le vrombissement des machines, et surtout, l’odeur de paille humide, typique des filatures de lin, font leur retour dans les Hauts-de-France. La filature que Safilin (600 collaborateurs, 30 M€ de CA) réimplante à Béthune est désormais opérationnelle. Une trentaine de salariés ont commencé à travailler sur les lignes, d’où sortira, dès cette année, une centaine de tonnes de fil de lin. Le site va rapidement monter en puissance et emploiera une cinquantaine de personnes en 2024, pour une production de 400 tonnes de fil, et un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros.

5 millions d’euros d’investissement

Le projet ne coulait pas forcément de source pour Safilin, contraint comme tant d’autres acteurs du textile de délocaliser progressivement sa production dans le courant des années 1990. L’entreprise basée à Sailly-sur-la-Lys a renoncé en 2005 à son dernier outil industriel français. Si le siège est resté en France, c’est désormais en Pologne que sont situés les principaux effectifs du groupe, et ses machines, qui produisent 4 000 tonnes de fil de lin chaque année.

"Nous avions en projet d’augmenter les capacités de notre site polonais, nous avions d’ailleurs des machines à disposition pour le faire. Mais en étant à l’écoute du marché, nous avons finalement décidé de créer un site en France pour abriter ces nouvelles lignes. Il ne s’agit pas d’un transfert, mais bien d’une augmentation de notre capacité de production," souligne Olivier Guillaume, le PDG de Safilin. Les machines ont été transférées depuis la Pologne, tandis que les recrues françaises sont allées se former sur place, auprès des équipes polonaises, à ces métiers disparus en France depuis 20 ans. L’ensemble de l’opération représente un investissement de 5 millions d’euros pour l’entreprise, soutenu à hauteur de 800 000 € par le plan de relance.

Une demande en forte hausse

Les 10 % de production de Safilin supplémentaire devraient être rapidement absorbés par un marché qui s’intéresse de plus en plus au lin. Dans l’habillement, la décoration comme dans les textiles techniques et les composites, les caractéristiques de cette plante ultra-locale, qui pousse le long de la côte entre la Normandie et les Pays-Bas, intéressent de plus en plus les marques et les designers. Mais aussi, les consommateurs cherchant à limiter l’impact environnemental de leurs achats.

"Ce pari qui paraissait fou il y a encore cinq ans, tombe aujourd’hui sous le sens. Nous avons déjà de belles commandes, et nous sommes très confiants sur le fait que, maintenant que l’outil de production existe, est visible, de plus en plus de gens vont s’y intéresser. Nous sommes encore au début de la relocalisation de la chaîne de production. Même si nous ne retrouvons pas les niveaux d’avant la crise, il y a une demande dont les industriels doivent se saisir. C’est une tendance de fond", assure Olivier Guillaume.

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