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La CCI Hauts-de-France se dessine un avenir sur-mesure

Par Elodie Soury-Lavergne, le 06 septembre 2019

Dans un contexte de réduction drastique de ses ressources fiscales, la CCI Hauts-de-France actionne différents leviers pour s'assurer un avenir. Parmi ces derniers : développer les services payants à destination des entreprises.

La CCI de région Hauts-de-France tente de se dessiner elle-même un avenir.
La CCI de région Hauts-de-France tente de se dessiner elle-même un avenir. — Photo : Anne-Sophie Coisne-Laurent

De 110 millions d’euros en 2012, à 50 millions d’euros en 2019 : les ressources fiscales de la CCI Hauts-de-France s’étiolent très rapidement. D’ici 2022, ce chiffre passera même à 27 millions d’euros. Dans un tel contexte, quel avenir pour cet établissement public au service des entreprises ? « Les CCI ont un avenir à condition de le créer elles-mêmes, en devenant des établissements publics autonomes », répond Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France. David Brusselle, directeur général de la CCI, commente de son côté : « Les CCI sont la voix du monde économique, c’est ce qui leur confère une légitimité. Mais il y a un modèle à réinventer, et c’est ce que nous sommes en train de faire ».

Les leviers actionnés

La CCI Hauts-de-France fonctionne avec un budget annuel de 150 M€, pour ses activités strictement consulaires, et 770 collaborateurs. Ce budget atteint 400 M€, si l’on prend en compte ses filiales (ports, organismes de formation, etc.). Pour compenser cette baisse de la recette fiscale, la CCI compte actionner différents leviers. D’abord, une optimisation de ses dépenses, qui sera complétée par une hausse du chiffre d’affaires qu’elle génère via des services payants. « Nous pouvons gagner 8 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2022 », indique David Brusselle. Enfin, troisième et dernier levier évoqué, la CCI optimise son patrimoine immobilier. « Il est important », reconnaît David Brusselle, « depuis deux ans et demi, nous opérons un grand toilettage : nous mettons en vente les locaux inoccupés et nous en profitons pour investir dans l’immobilier pour le compte d’entreprises ».

Les sources de chiffre d’affaires

Outre ce nouveau métier d’investisseur immobilier, la CCI Hauts-de-France bascule dans « une logique marchande », selon les mots de Philippe Hourdain, dans bien d’autres domaines. D’abord, celui de la transmission des TPE, une typologie d’entreprise qui n’a pas une valeur suffisante pour intéresser les organismes d’accompagnement déjà en place : « Nous lançons une équipe, avec des collaborateurs formés à ce métier », précise le président. La CCI régionale va également se concentrer sur la formation : « Nous sommes le deuxième opérateur régional en matière de formation, derrière l’éducation nationale, avec 14 écoles, 30 000 personnes formées par an, 400 salariés permanents et 53 millions d’euros de chiffre d’affaires. » Pour accélérer encore dans ce secteur, la CCI annonce la création à Lille d’un campus de la formation (formation initiale, continue, demandeurs d’emploi), sur un site 8 à 12 000 m², qui sera dévoilé d’ici la fin de l’année. Ce campus, qui regroupera quatre de ses organismes de formation lillois, sera réalisé en partenariat avec l’Yncrea, qui regroupe les écoles d’ingénieurs HEI, ISA et ISEN. L’ambition est « de devenir leader sur ce marché ». Enfin, la CCI veut également devenir un acteur important de la data en région : « Nous sommes l’un des acteurs ayant le plus de données sur le monde de l’entreprise », affirme Philippe Hourdain, confiant.

La CCI de région Hauts-de-France tente de se dessiner elle-même un avenir.
La CCI de région Hauts-de-France tente de se dessiner elle-même un avenir. — Photo : Anne-Sophie Coisne-Laurent

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