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Interview Hubert Motte (La Vie est Belt) : « Pourquoi j’ai renoncé aux 60 000 euros levés sur M6 »

Entretien avec Hubert Motte, dirigeant de La Vie est Belt

Propos recueillis par Marie Boullenger - 03 février 2020

En participant à l’émission Qui veut être mon associé ?, diffusée sur M6, Hubert Motte, fondateur de la start-up La Vie est Belt, qui produit des ceintures à base de pneus de vélo recyclés, avait réussi à convaincre trois investisseurs, prêts à injecter 60 000 € dans le capital de l’entreprise de Tourcoing. Une somme à laquelle il a finalement renoncé. Retour sur une expérience riche en rebondissements.

6 000 ceintures ont été revalorisées dans l’atelier de La Vie est Belt à Tourcoing.
6 000 ceintures ont été revalorisées dans l’atelier de La Vie est Belt à Tourcoing. — Photo : M.B.

Le Journal des Entreprises : Comment l’aventure a-t-elle commencé et comment s’est-elle terminée ?

Hubert Motte : La société de production de l’émission Qui veut être mon associé ? m’a contacté pour me proposer de participer au tournage en juillet 2019. J’ai d’abord hésité, car mon objectif premier n’était pas de lever des fonds, mais de rencontrer des entrepreneurs expérimentés. Mais c’était également un très bon moyen d’exprimer nos valeurs et une sacrée expérience personnelle.

J’avais proposé, au départ, un investissement de 25 000 € contre 5 % du capital de l'entreprise. Finalement, sur le plateau, j’ai obtenu un financement de 75 000 € par trois investisseurs, Frédéric Mazzella (BlaBlaCar), Marc Vanhove (Bistrot Régent) et Catherine Barba (Cashstore, Malinea). Après seulement trois minutes de réflexion, j’ai décidé de céder 9 % des parts de l’entreprise pour un total de 60 000 €.

J’ai revu Frédéric Mazzella quelques mois plus tard, à Paris, pour discuter des enjeux, et après une longue réflexion, j’ai finalement renoncé aux financements. Ce n’était pas le meilleur moment de concrétiser une transaction financière de cette ampleur. Je souhaite avant tout conserver mon indépendance et continuer à grandir de manière organique, à notre échelle. C’est déjà un luxe de pouvoir y arriver jusqu’à maintenant. Mais je n’écarte pas l’hypothèse d’une levée de fonds dans les années à venir.

Quel a été l’impact de ce coup de projecteur médiatique sur votre activité ?

Hubert Motte : Plus de 400 000 personnes ont visité notre site web le soir de la retransmission à la télévision, le 28 janvier. Le site n’a pas tenu, mais nous l’avons réactivé le lendemain matin. Le nombre d’abonnés a triplé sur notre page Instagram, nous sommes passés de 10 000 à 30 000 abonnés en une soirée et nous avons reçu plus de 3 000 mails de soutien. Énormément de personnes nous félicitent pour notre démarche et nous disent qu’ils ont désormais envie de mettre du sens à leur métier.

Grâce à cette émission, il y a eu un véritable impact sur les gens qui ont envie de faire bouger les choses à leur échelle. C’est là notre plus grande réussite, au-delà même des ventes…

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Hubert Motte : Nous avions prévu de réaliser 250 000 € de chiffre d’affaires en 2019, c’est chose faite. Désormais nous visons 400 000 € de chiffre d’affaires en 2020. Au total, 6 000 ceintures ont été revalorisées dans notre atelier de Tourcoing et 2 tonnes de caoutchouc ont été recyclées.

Nous recrutons actuellement deux salariés supplémentaires, ce qui portera l’effectif à cinq collaborateurs. Cela va nous permettre d’augmenter la production et de mieux gérer toute la partie logistique.

Nous avions lancé la revalorisation de textile en novembre 2019, avec des draps et housses de couette de seconde main, pour en faire des caleçons. Ce produit a très bien marché. Nous avions comme objectif de vendre 100 caleçons, nous en avons vendu 1 200 en trois semaines. Nous lancerons deux à trois nouveaux accessoires en 2020.

6 000 ceintures ont été revalorisées dans l’atelier de La Vie est Belt à Tourcoing.
6 000 ceintures ont été revalorisées dans l’atelier de La Vie est Belt à Tourcoing. — Photo : M.B.

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