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Infrastructure

Aéroport de Lille : à nouvelle concession, nouvelles ambitions

Par Elodie Soury-Lavergne, le 01 août 2019

Au 1er janvier 2020, l’aéroport de Lille-Lesquin aura de nouveaux concessionnaires : Eiffage et l’Aéroport Marseille Provence (AMP). Ces derniers comptent investir près de 170 millions d'euros sur vingt ans pour doubler le trafic de l’aéroport lillois et l’amener à près de 4 millions de passagers par an.

Passagers dans un aéroport
L'aérogare de Lille-Lesquin s'apprête à doubler de taille, passant de 18 000 à 33 000 mètres carrés. — Photo : CC0

La nouvelle est tombée durant l’été : dès le 1er janvier 2020, l’aéroport international de Lille-Lesquin va se séparer de son concessionnaire historique, la CCI Hauts-de-France. C’est une alliance formée par Eiffage et Aéroport Marseille Provence (AMP) qui vient d’emporter la délégation de service public, pour les vingt prochaines années.

Pour exploiter l'aéroport lillois, les deux partenaires ont constitué une société commune, dont l’actionnaire majoritaire est le groupe Eiffage. Elle s’engage à reprendre les 115 salariés de Sogarel, la société de gestion actuelle, mais aussi à recruter 70 personnes supplémentaires d’ici à 2039.

Vers les 4 millions de passagers par an

Pour sa toute première concession aéroportuaire, Eiffage voit grand. « Ce sera une concession d’investissements », annonce d’ores et déjà le géant du BTP, qui entend engager près de 170 M€ durant les vingt prochaines années. L’objectif est clair : faire s’envoler l’aéroport lillois vers les 4 millions de passagers par an, contre 2,5 millions actuellement. Le tout, avec moins de mouvements (nombre de décollages et d’atterrissages) annuels, et donc des taux de remplissage plus importants des avions. « On recense aujourd’hui près de 20 000 mouvements, qui passeront à 25 000 en 2039 : la croissance de l’aéroport se fera donc de manière maîtrisée », souligne Christophe Coulon, président du syndicat mixte des aéroports de Lille et de Merville (SMALIM).

Doubler la surface de l’aérogare

Première étape, les deux partenaires vont investir 90 M€ dans l’aérogare, dont la capacité est limitée face aux nouvelles ambitions. D’ici à 2023, elle va passer de 18 000 à 33 000 m². La surface des restaurants et commerces va, quant à elle, croître de 1 800 à 3 500 m². Enfin, les flux de départs et d’arrivées vont être séparés. L’extension sera réalisée dans le prolongement ouest de l’aérogare, une manière pour Eiffage de réaliser les travaux sans interrompre l’exploitation de l’aéroport.

Par ailleurs, la rampe d’accès au 2e étage, située en façade de l’aéroport, va être supprimée, tout comme le parking qui lui fait face. « L’idée est d’ouvrir l’aéroport sur la ville et de créer une vraie entrée, marquante », explique le cabinet d’architecture Enia, en charge du projet. Un auvent sera également créé à l’avant du bâtiment, pour unifier la partie ancienne et la nouvelle, tout en redonnant ses lettres de noblesse à la façade. « Un aéroport, c’est la première image qu’on a d’un lieu quand on arrive et la dernière image qu’on emporte avec soi », justifie Philippe Bernard, président du directoire de l’Aéroport Marseille Provence.

À terme, le nouvel équipement proposera de nouvelles destinations, avec l’Europe comme cible prioritaire, tout en consolidant le trafic au sein de l’Hexagone. Le futur gestionnaire va aussi développer de nouveaux services, grâce au numérique, et faciliter la mobilité. L’objectif est de passer, « le plus rapidement possible de 5 % à 17 % de passagers se rendant à l’aéroport par les transports collectifs, en travaillant par exemple sur la fréquence des navettes », indique le président de la SMALIM.

Passagers dans un aéroport
L'aérogare de Lille-Lesquin s'apprête à doubler de taille, passant de 18 000 à 33 000 mètres carrés. — Photo : CC0

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