Financement

Comment l’affacturage inversé peut aider les entreprises à raccourcir leurs délais de paiement

Par Valérie Dahm, le 10 décembre 2019

Les retards de paiement sont un fléau pour les entreprises. Pour améliorer la trésorerie des PME-TPE, la loi Pacte vient donner un nouvel élan à l’affacturage inversé collaboratif. Il revient moins cher aux petites entreprises, mais suppose de passer à la facturation électronique.

Travail de bureau.
A la différence de l’affacturage classique, l’affacturage inversé est diligenté par le client, et non par le fournisseur. — Photo : ©Kittiphan - stock.adobe.com

Ce dispositif est mal connu. Et il est passé quasiment inaperçu parmi l’ensemble des mesures de la loi Pacte. Pourtant, le dispositif de l’affacturage inversé collaboratif peut devenir un levier essentiel pour améliorer la trésorerie des TPE-PME. Son objectif : lutter contre cette fâcheuse tendance, en France, des retards de paiement. Lesquels sont responsables d’un quart des faillites d’entreprises, étranglées par des difficultés de trésorerie. Aujourd’hui encore, une entreprise sur trois n’est payée qu’après les 60 jours réglementaires. Un très mauvais pli que l’État veut combattre avec le dispositif d’affacturage inversé.

À la différence de l’affacturage classique, l’affacturage inversé est diligenté par le client, et non par le fournisseur. Petit rappel : dans le cas de l’affacturage classique, le fournisseur passe par un intermédiaire (un « factor »), à qui il vend en quelque sorte sa créance, moyennant une commission. Par la suite, le « factor » ira se faire rembourser par le client. Un système qui offre aux PME plus de sécurité et de rapidité dans le règlement des factures. Mais qui coûte cher, car l’entreprise fournisseur doit souvent s’engager sur un volume de factures suffisamment important pour que le factor y trouve sa rentabilité.

L'affacturage inversé dans la pratique

La loi prévoit que la mise en place de l’affacturage inversé passe par une contractualisation. Une convention doit donc être signée entre le trio. Le fournisseur transmet les factures, l’acheteur les valide, ce qui déclenche le paiement par le factor.

Ce système repose sur la confiance et la bonne circulation des informations entre les trois parties. Les échanges doivent donc impérativement passer par une plateforme informatique, et supposent que les factures soient électroniques. Un cercle vertueux, qui engagera les TPE vers le passage à la facture dématérialisée, prévue pour 2020 sur les marchés publics.

Quels avantages pour le donneur d'ordres ?

Pour les petits fournisseurs, l’avantage est réel, puisque le montant de la commission est partagé avec le donneur d’ordres. Mais comment s’y retrouve ce dernier, s’il porte ce coût ? Pour lui, la mise en place de ce dispositif permet de sécuriser ses approvisionnements et de renforcer les relations avec ses fournisseurs clés, en leur offrant une réduction des délais de paiements.

L'affacturage inversé ouvre aussi la possibilité d’obtenir des escomptes, en négociant éventuellement avec le factor une date de remboursement des factures, qui dépasse la date normale d’échéance. Ce système s’adressera donc sans doute plutôt, dans un premier temps, aux fournisseurs réguliers…

Ce mode d’affacturage collaboratif est déjà bien développé chez nos voisins espagnols. À l’inverse, il est très peu utilisé dans l'Hexagone, et seulement par de grands groupes. La France, pourtant, est une grosse consommatrice d’affacturage. De nouvelles perspectives s’ouvrent mais restent à élargir, car le déploiement de l’affacturage inversé relève de la bonne volonté de l’acheteur.

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