Bretagne

Innovation

Le CEA Tech veut accélérer l'innovation agroalimentaire depuis Quimper

Par Pierre Gicquel, le 09 juillet 2018

La direction de la recherche technologique du Commissariat à l'énergie atomique a posé ses éprouvettes à Quimper. Son but : accélérer l'innovation dans l'agroalimentaire, en partenariat avec les industriels et en rayonnant depuis la Cornouaille sur l'ensemble de la région. Témoignage des intéressés.

Un des showroom du CEA Tech où les entreprises peuvent y découvrir les technologies transférables pour booster leur activité. — Photo : JAYET - CEA

Le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) comporte un pôle de transfert technologique. Son nom : CEA Tech. Il compte 4 500 chercheurs, situés principalement à Grenoble et Saclay. Mais un essaimage voulu par l'État depuis 2013 pour se rapprocher des problématiques régionales, a donné lieu à des implantations à Lille, Metz, Toulouse, Bordeaux ou encore Nantes.

La Bretagne et ses fers de lance économiques que sont l'agriculture et l'agroalimentaire ont désormais leur antenne CEA Tech, installée à la Pépinière des Innovations de Quimper depuis fin juin.

Le CEA Tech Bretagne, c'est un showroom et 5 chercheurs sur place, mais avec 4 500 chercheurs derrière eux et le plus gros pourvoyeur public de brevets en Europe. - Photo : JAYET - CEA

Renforcer la compétitivité

Cette implantation concerne directement les entreprises. « Sur les cinq dernières années, 600 partenariats industriels ont été signés, pour deux tiers avec des PME et 250 industriels ont pu bénéficier de technologies brevetées dans le cadre de contrats R&D bilatéraux en régions », annonce Stéphane Siebert, directeur de la recherche technologique du CEA.

Après deux ans de travail et 130 entreprises rencontrées localement, c'est donc Quimper qui a ouvert grand ses bras à cette plateforme de transfert technologique. Un choix logique au vu de l'expérience acquise ici, en matière de recherche et de production agroindustrielle. Mais un choix qui a un coût : le CEA Tech Bretagne est financé sur une période de quatre ans par la Région Bretagne (5,5 M€), le Département du Finistère (750 000€), la communauté d'agglomération de Quimper (2,4 M€) et le Feder (2,1 M€). Les recherches sont quant à elles financées en co-développement avec les entreprises, qui pourront ensuite bénéficier de licences exclusives sur les technologies brevetées.

Philippe Cloarec, directeur des achats pour Jean Hénaff, Jean-Robert Geoffroy, directeur du centre d'expertise Adria, Olivier Le Strat, dirigeant de Ijinus et Jo Dréau, dirigeant de Kerhis. - Photo : Pierre Gicquel

Accueilli à bras ouverts

Les industriels nourrissent de nombreux espoirs, comme Philippe Cloarec, directeur des achats pour Jean Hénaff, qui avait fait partie de la délégation bretonne à Grenoble il y a deux ans pour découvrir le CEA Tech : « J'ai été bluffé. Nous avons par la suite gardé contact. Après une visite à Pouldreuzic nous travaillons depuis sur un projet pour améliorer nos flux ». D'autres groupes comme Cooperl, Terrena et Agrial font aussi appel au CEA tech pour s'attaquer à la problématique des troubles musculo-squelettiques. « Nous observons les gestes grâce à des caméras 3D, confie Stéphane Gétin, responsable du CEA Tech Bretagne. À partir de là, nous pourrions concevoir un exosquelette qui va aider et compenser les gestes de l’opérateur. »

Olivier Le Strat, dirigeant de Ijinus à Mellac, aussi président des sept technopôles bretons, voit un autre atout : « Déposer un brevet et le défendre à l'international coûte une fortune. Avoir accès à des banques de données et des technologies de rupture permettra de sécuriser nos activités ».

De son côté, Jo Dréau, dirigeant de Kerhis à Châteaulin, espère que le CEA Tech « jouera son rôle de locomotive pour les recrutements, principal frein à notre développement. La gestion et la valorisation de données, la traçabilité et la sécurité alimentaire, ou encore à la modélisation d'outils prédictifs par de l'intelligence artificielle sont autant d'enjeux d'avenir pour nos filières. »

Un des showroom du CEA Tech où les entreprises peuvent y découvrir les technologies transférables pour booster leur activité. — Photo : JAYET - CEA