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JRS Marine Products accélère sur le marché pharmaceutique

Par Isabelle Jaffré, le 23 septembre 2022

L’usine de transformation d’algues JRS Marine Products, installée à Landerneau (Finistère), s’est modernisée depuis son rachat par le groupe allemand JRS en 2018. Des investissements réguliers lui ont permis de diminuer son impact environnemental et la montée en gamme de ses ateliers lui a ouvert plus grand les portes de l’industrie pharmaceutique.

Laurent Ouvrard, DG de Rettenmaier France (maison mère de JRS Marine Products), et Arnaud Delafon, directeur de JRS Marine Products à Landerneau.
Laurent Ouvrard, DG de Rettenmaier France (maison mère de JRS Marine Products), et Arnaud Delafon, directeur de JRS Marine Products à Landerneau. — Photo : Isabelle Jaffré

Propriété du groupe familial allemand JRS depuis novembre 2018, l’usine d’alginates JRS Marine Products (70 salariés), implantée à Landerneau (Finistère), s’est transformée ces dernières années. "Depuis 2018, nous avons beaucoup évolué grâce à des investissements réguliers d’environ un million d’euros par an. En sept ans, ce sont 10 millions d’euros qui ont été investis au total sur le site", explique son dirigeant Arnaud Delafon.

Les algues sont récoltées en mer par des goémoniers finistériens.
Les algues sont récoltées en mer par des goémoniers finistériens. - Photo : Isabelle Jaffré

Diminuer l’impact environnemental

Parmi les derniers investissements, 1,3 million d’euros ont été injectés pour un nouveau groupe froid permettant de refroidir les filtrats issus de la transformation des algues. La chaleur émise est également récupérée pour chauffer l’eau. "Cela nous fait économiser du gaz, ce qui est plutôt intéressant ces temps-ci", sourit le directeur. Entre 2017 et 2021, 1,5 million d’euros ont servi à moderniser la station d’épuration de l’usine, existante depuis 1986. "Et l’investissement du moment est le changement des cuves horizontales qui servent à broyer les algues vers des cuves verticales en milieu fermé, pour un million d’euros."

Les cuves actuelles de broyage des algues vont être remplacées par des cuves verticales et fermées.
Les cuves actuelles de broyage des algues vont être remplacées par des cuves verticales et fermées. - Photo : Isabelle Jaffré

Tous ces investissements ont deux objectifs. Le premier est la réduction de l’impact environnemental du site. "En cinq ans, nous avons réduit de 35 % notre consommation d’eau, note Arnaud Delafon. Si nous n’avions pas anticipé, nous aurions eu du mal continuer à produire cet été avec la sécheresse."

La transformation d’algues brunes en poudre d’alginates pour les industries agroalimentaire (50 % de l’activité de JRS Marines Products), cosmétique et technique (20 %) et pharmaceutique (30 %) demande en effet beaucoup d’eau.

Nouveaux débouchés

Le second objectif vise la croissance de la nouvelle usine du groupe JRS. Le laboratoire a été renforcé, le site modernisé, pour pouvoir monter en gamme et ainsi répondre aux exigences des industriels pharmaceutiques. "Nous sommes spécialistes des fibres végétales à destination de différentes industries, notamment pharmaceutique. Deux comprimés sur trois dans le monde contiennent un excipient fabriqué par le groupe JRS", indique Laurent Ouvrard, directeur général de la maison mère, Rettenmaier France. "Grâce à eux, nous avons eu des entrées que nous n’avions pas avant", se réjouit Arnaud Delafon. Si la production est stable à 2 000 tonnes d’alginates par an, le site est en "belle augmentation", dixit le directeur, avec un chiffre d’affaires à 23 millions d’euros grâce à ces nouveaux débouchés, davantage rémunérateurs.

JRS Marine Products produit 2 000 tonnes de poudre d’alginate par an.
JRS Marine Products produit 2 000 tonnes de poudre d’alginate par an. - Photo : Isabelle Jaffré

Et JRS Marines Products ne compte pas s'arrêter là. "Nous travaillons sur différentes choses. Le remplacement du plastique, par exemple, cite le DG. Nous constatons une hausse de la demande de nos clients industriels pour des matériaux biosourcés. La viscosité des algues les intéresse particulièrement dans beaucoup d'applications, de la cosmétique à la peinture et, bien sûr, comme une alternative au plastique."

Autre piste de développement pour le site, les effluents, actuellement rejetés avec l’eau. "Dans l’algue, il y a des alginates, de l’algiflore qui sert à l’épandage dans les champs grâce à notre partenariat avec des agriculteurs locaux, mais aussi beaucoup de molécules intéressantes sur lesquelles nous travaillons déjà", confie le dirigeant.

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