Côtes-d'Armor

Nautisme

Bord à Bord s'agrandit et lance de nouvelles gammes de bateaux

Par Matthieu Leman, le 08 octobre 2021

Bord à Bord a le vent en poupe. Le concepteur et constructeur de bateaux en aluminium va plus que doubler la taille de son atelier et a lancé de nouvelles gammes d’embarcations notamment à destination des professionnels. Et il vient de racheter une agence d’architecture navale à Toulouse.

Laurence et Loïc Cheynet ont repris Bord à Bord en juillet 2019.
Laurence et Loïc Cheynet ont repris Bord à Bord en juillet 2019. — Photo : Matthieu Leman

En ce début octobre, l’atelier de Bord à Bord, à Plestin-les-Grèves, ne désemplit pas : sept embarcations se trouvent en fabrication. En plein développement, le constructeur de bateaux en aluminium se retrouve à l’étroit. Un problème de place qui limite également la taille des bateaux produits. Mais cette situation va changer. L’entreprise rachetée en juillet 2019 par le couple Laurence et Loïc Cheynet va bientôt disposer de 1 400 m², au lieu des 600 m² en ce moment. Une extension au bâtiment actuel, nécessitant un investissement de 600 000 euros, qui va débuter en fin d’année pour un achèvement l’été prochain.

Les salariés de Bord à Bord bénéficient d’équipements d’hygiène et sécurité comme des bouchons d’oreille moulés et des cagoules ventilés.
Les salariés de Bord à Bord bénéficient d’équipements d’hygiène et sécurité comme des bouchons d’oreille moulés et des cagoules ventilés. - Photo : Matthieu Leman

Objectif 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires

"Avec cet espace supplémentaire, nous pourrons construire des bateaux de 24 mètres et prévoyons d’atteindre un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros dans les cinq ans", apprécie le président de la SAS. Lors de l’exercice clôturé en juillet 2021, l’activité a généré 1,25 million d’euros, tandis qu’1,5 million d’euros est attendu en 2022, au regard des commandes engrangées. Des chiffres à rapprocher des 900 000 euros de chiffre d'affaires réalisés avant la reprise de l’entreprise. La société comptait alors quatre soudeurs. Ils sont sept aujourd’hui et Bord à Bord emploie treize salariés au total, avec notamment la création d’un bureau d’études, le 15 septembre dernier, qui a entraîné deux embauches dont celle d'un apprenti. L’entreprise a également racheté fin septembre 2021 une agence d’architecture navale à Toulouse, qui continuera à travailler avec d’autres constructeurs. Et Bord à Bord travaille avec une autre agence pour la conception de ses bateaux.

Développement vers le haut de gamme

Pour développer encore le constructeur nautique, celui qui a longtemps travaillé à l’étranger dans le secteur automobile continue de simplifier la gamme de ses produits et de l’orienter vers des bateaux plus haut de gamme et des embarcations professionnelles (transports passagers, support plongée, travaux maritimes ou fluviaux). "Nous allons passer de 35 modèles à une vingtaine, et six gammes." Parmi ces dernières, figurent les dernières créées : Argo, dont le premier bateau est sorti en 2020, et Galea et Rover, dont les premières embarcations de promenade en mer ont vu le jour en juillet 2021. Tandis que le premier voilier de la gamme Iroise, relancée récemment, est en cours de construction.

Les bateaux fabriqués par Bord à Bord mesurent entre 4,5 mètres et 18 mètres (24 mètres dans le nouvel atelier) et coûtent entre 13 000 euros HT et 450 000 euros, voire plus.
Les bateaux fabriqués par Bord à Bord mesurent entre 4,5 mètres et 18 mètres (24 mètres dans le nouvel atelier) et coûtent entre 13 000 euros HT et 450 000 euros, voire plus. - Photo : Matthieu Leman

"Ces bateaux plus équipés et haut de gamme nous ouvrent de nouveaux marchés. Notre activité est très manuelle, nous devons créer plus de valeur, par exemple en innovant dans le design des bateaux. Mais nous avons également besoin de garder des modèles moins complexes qui demandent moins de compétence à la fabrication." Parmi ceux-ci, la gamme Dervinis, dont les 96e et 97e exemplaires sont en cours de construction pour la Police aux frontières du Sénégal. L’export représente entre un tiers et deux-tiers de l’activité selon les années, notamment vers l’Afrique et l’Amérique du Nord. L’Amérique du Sud pourrait devenir importante, notamment avec une commande en discussion de l’armée d’un pays de cette zone pour des vedettes d’intervention de la gamme Foxsea. Les territoires d’Outre mer pèsent également (quatre des bateaux en cours de construction sont destinés à la Réunion, la Guyane, la Martinique et Mayotte).

Hausse de 80 % du prix de l’aluminium découpé laser

Lancer de nouveaux modèles est une clé du succès qui a un coût. "On ne gagne presque rien sur le premier modèle. Ce n’est qu’à partir de la troisième vente qu’on commence à rentabiliser", confie le Costarmoricain. Les bateaux de Bord à Bord sont vendus à trois niveaux d’adaptation : le modèle sur mesure, "mais nous y allons seulement si ça peut déboucher sur de la récurrence derrière", précise le dirigeant, la customisation (modifications sur un modèle existant) ou le bateau de série. La construction en aluminium possède des avantages : la customisation est plus facile puisqu’il n’y a pas de moule, tandis que les bateaux sont réparables à l’infini et demandent très peu d’entretien. L’aluminium utilisé provient de métal recyclé à 70 %. En revanche, il a subi comme beaucoup de matières premières une flambée des prix : plus 80 % en un an pour l’aluminium découpé laser. "Nos bateaux coûtent de 15 à 20 % plus chers qu’il y a un an mais nos clients continuent de commander : ils se doivent d’avancer, comme nous."

L’entreprise emploie treize salariés.
L’entreprise emploie treize salariés. - Photo : Matthieu Leman

Laurence et Loïc Cheynet ont repris Bord à Bord en juillet 2019.
Laurence et Loïc Cheynet ont repris Bord à Bord en juillet 2019. — Photo : Matthieu Leman

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