Le groupe Michelin (plus de 27 Md€ de CA en 2024 ; 129 800 salariés dans le monde) aborde la fin 2025 sur un ralentissement marqué : son chiffre d’affaires recule de 4,4 % à 19,3 milliards d’euros de juillet à septembre 2025, pénalisé par la contre-performance du marché nord-américain. Outre-Atlantique, la demande de pneumatiques a chuté dans presque tous les segments, notamment en poids lourds, où la première monte s’effondre de 20 %. Les transporteurs, confrontés à une activité économique atone et à des incertitudes politiques, retardent leurs investissements, tandis que les constructeurs écoulent encore leurs stocks de camions.
Le segment automobile souffre également. Les importations massives de pneus à bas prix ont déstabilisé le marché du remplacement, rognant les volumes du leader du pneu, surtout sur les marques intermédiaires. À cela s’ajoute la réorganisation de son modèle de distribution en Amérique du Nord, qui a temporairement pesé sur les ventes.
S’y greffe un effet de change défavorable : la dépréciation du dollar face à l’euro ampute encore le chiffre d’affaires. Résultat : le groupe révise à la baisse ses objectifs 2025, désormais fixés entre 2,6 et 3 milliards d’euros de résultat opérationnel, contre plus de 3,4 milliards espérés initialement. Face à cette conjoncture, Michelin mise sur le haut de gamme, les pneus " 18 pouces et plus " et les segments porteurs comme l’aéronautique et le minier pour rebondir en 2026.