Nouvelle-Aquitaine

Aéronautique

À Tarnos, Safran prépare le biocarburant de l’avion vert

Par Cyrille Pitois, le 30 juin 2020

Touché par les annulations de commandes pendant la crise du Covid-19, Safran Helicopter Engines a poursuivi ses recherches autour du développement de son hélicoptère vert. Objectif : faire émerger le biocarburant du déplacement aérien.

Safran travaille avec Total, l'université de Pau et des acteurs agricoles et du transport pour faire émerger le bio-carburant du déplacement aérien.
Safran travaille avec Total, l'université de Pau et des acteurs agricoles et du transport pour faire émerger le biocarburant du déplacement aérien. — Photo : DR

Dans sa nouvelle usine de Tarnos, dans les Landes, Safran Helicopter Engines (SHE), spécialisé dans la réparation et la maintenance des moteurs d’hélicoptères, poursuit son travail de recherche et d’innovation pour le développement de l’hélicoptère « vert », le moins consommateur de l’aviation régionale décarbonée et utilisant moins de carburant. « La transition écologique est un enjeu majeur pour l’aviation. Nous n’avons pas attendu la crise Covid pour nous y mettre. Nous travaillons depuis de nombreuses années sur la technologie de l’hybride électrique appliquée au domaine de l’aviation et des carburants alternatifs, notamment les biocarburants », a confirmé le président de Safran Helicopter Engines, Franck Saudo, à l’occasion le 25 juin de la visite d’Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, sur ce site qui compte 1 550 salariés.

Intégrer jusqu’à 5 % de biocarburant dans le kérosène

Safran Helicopter Engines, spécialiste mondial de la motorisation pour hélicoptères avec plus de 75 000 moteurs produits, filiale du groupe Safran (95 000 collaborateurs, 24,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2019), franchit une nouvelle étape en répondant à l’appel à manifestation d’intérêt du gouvernement et en réunissant autour de la table tous les acteurs d’une filière qui ira du champ à l’avion. « La crise vient percuter une démarche sur laquelle nous travaillons depuis longtemps et une prise de conscience encore renforcée par la crise du coronavirus. Avec le plan de relance du gouvernement, on en profite pour passer une vitesse surmultipliée car les engagements pris par l’industrie aéronautique sont des enjeux forts : - 50 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. C’est un travail qui ne peut pas attendre : le groupe Safran est aux avant-postes et nous passons à la réalisation maintenant ». De 2 à 5 % de biocarburants pourraient être intégrés au kérosène de l’aviation dès 2025.

Des pistes dans l'agriculture ou le bois

Safran travaille avec Total, l’université de Pau et de nombreux acteurs agricoles et du transport pour boucler un dossier d’ici le 31 juillet, date de clôture de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par l’État pour faire émerger ce biocarburant du déplacement aérien. Safran se positionne sur ce sujet comme un client de cette filière biocarburants.

Le bioéthanol est bien sûr en ligne de mire, avec la possibilité pour Total de dévier une partie de sa production de la plateforme de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) vers un bioéthanol compatible pour l’aéronautique. Mais des pistes d’utilisation d’autres gisements d’origine agricole ou du bois sont également à l’étude. Le futur carburant de l’aviation décarbonée sera peut-être une « AOC » Nouvelle-Aquitaine.

Safran travaille avec Total, l'université de Pau et des acteurs agricoles et du transport pour faire émerger le bio-carburant du déplacement aérien.
Safran travaille avec Total, l'université de Pau et des acteurs agricoles et du transport pour faire émerger le biocarburant du déplacement aérien. — Photo : DR

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