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En Gironde, Argolight muscle sa stratégie à l'export

Par Astrid Gouzik, le 03 décembre 2021

L’entreprise, née sur la paillasse d’un laboratoire universitaire bordelais, a l’international dans le sang. Argolight, qui développe des solutions pour fiabiliser la mesure des microscopes à fluorescence, compte intensifier sa présence en Amérique du Nord et en Chine, notamment grâce au soutien de la Région.

Gautier Papon et Arnaud Royon ont cofondé Argolight en 2012. L’entreprise est implantée à la Cité de la photonique de Pessac, au sein de la SEML Route des Lasers.
Gautier Papon et Arnaud Royon ont cofondé Argolight en 2012. L’entreprise est implantée à la Cité de la photonique de Pessac, au sein de la SEML Route des Lasers. — Photo : Astrid Gouzik

La Cité de la photonique, à Pessac, dissimule décidément bien des surprises. Le rez-de-chaussée de l’un des bâtiments abrite des fours verriers dans lesquels la jeune pousse Argolight (11 salariés) fabrique son Argoglass, une technologie vendue à travers le monde. Fondée en 2012 par Gautier Papon et Arnaud Royon, l’entreprise conçoit, produit et commercialise une solution (matérielle et logicielle) permettant de mesurer la fiabilité des microscopes à fluorescence. Argolight équipe des instituts de recherche publics ou privés, et des industriels du secteur pharmaceutique, cosmétique ou des biosciences. "Un jour une chercheuse américaine est venue nous voir car elle avait remarqué qu’avec le même échantillon, imagé par différents microscopes, elle obtenait des images légèrement différentes", raconte Gautier Papon. La solution d’Argolight permet de corriger ces écarts et d’optimiser les données obtenues.

Un pari coûteux

"On compte 20 000 microscopes de fluorescence installés dans le monde et 5 000 nouveaux sont installés chaque année", observe Arnaud Royon. Un terrain de jeu alléchant pour Argolight, mais vaste. "Nous avons conçu l’entreprise sur ce modèle dès le départ, avec une vocation à exporter car le marché est mondial, très homogène, avec des clients stables et les problématiques sont les mêmes partout", détaille Gautier Papon, président de la société.

Un hic : "L’export, c’est coûteux, cela représente des efforts conséquents pour une petite entreprise", insiste-t-il. En 2021, Argolight a bénéficié d’un accompagnement de la Région Nouvelle-Aquitaine (via les dispositifs Cap International et Talent Export) et a reçu un peu plus de 120 000 euros d’aides. Elle avait déjà reçu environ 125 000 euros les années précédentes, lui permettant par exemple de recevoir une formation spécifique au business avec le Japon afin d’y sécuriser un distributeur sur place.

Cap sur la Chine et l’Amérique du Nord

"Nous sommes entrés dans une deuxième phase de notre développement à l’export. Nous avons embauché un chargé de développement international, nous visons particulièrement la Chine et l’Amérique du Nord", précise Gautier Papon. En 2021, Argolight a vendu 245 produits en Europe (hors France qui représente 10 % de son chiffre d’affaires), 193 en Amérique du Nord, ou encore 97 en Asie. Chaque lame d’étalonnage étant vendue entre 3 000 et 15 000 euros selon le microscope à équiper. La société a réalisé un chiffre de d’affaires de 750 000 euros en 2021 et a atteint la rentabilité.

Pour améliorer sa rentabilité, la clé serait de convaincre les quatre fabricants de microscopes Zeiss, Leica, Nikon et Olympus d’intégrer la technologie Argolight directement à leurs produits. En attendant, Argolight explore diverses pistes notamment pour trouver d’autres secteurs qui pourraient exploiter sa technologie.

Gautier Papon et Arnaud Royon ont cofondé Argolight en 2012. L’entreprise est implantée à la Cité de la photonique de Pessac, au sein de la SEML Route des Lasers.
Gautier Papon et Arnaud Royon ont cofondé Argolight en 2012. L’entreprise est implantée à la Cité de la photonique de Pessac, au sein de la SEML Route des Lasers. — Photo : Astrid Gouzik

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