Drôme

Textile

Thomas Huriez, président de 1083 : "Lavons-nous de nos croyances sur le coût du made in France"

Par Stéphane Vandangeon, le 28 juillet 2023

Fabriquer en France ne coûte pas forcément plus cher, assure Thomas Huriez, le président de la PME drômoise 1083, qui a réussi à faire fabriquer un jean 100 % made in France.

Thomas Huriez, dirigeant fondateur de la marque de jeans drômoise 1083.
Thomas Huriez, dirigeant fondateur de la marque de jeans drômoise 1083. — Photo : 1083

À la tête de l’entreprise 1083, Thomas Huriez a réussi un pari que beaucoup jugeaient impossible : réussir à fabriquer en France un jean, tout en restant dans les prix du marché. Filature, teinture, tissage, délavage jusqu’à la production des boutons et la culture du coton : en 10 ans, la PME de 105 salariés a peu à peu rapatrié en France toutes les étapes de la fabrication. Jusqu’à être en mesure de sortir cette année un modèle de jean 100 % made in France.

Des jeans, l’entreprise drômoise en a fabriqué 60 000 exemplaires l’an passé, ce qui lui a permis de réaliser 13 millions d’euros de chiffre d’affaires. Si la performance demeure modeste au vu de l’étendue du marché – 67 millions de jeans sont vendus chaque année en France -, elle reste remarquable pour un produit de grande consommation. D’autant que les jeans 1083 demeurent dans les prix du marché.

Le made in France n’est pas forcément plus cher

Pour Thomas Huriez, la première étape pour réindustrialiser la France consiste à se débarrasser de ses préjugés. "On associe beaucoup le made in France à un prix, cher. Ce n’est pas fondé", assure-t-il. Dans le marché du jeans, "ce n’est pas le coût du travail qui fait la différence entre le prix d’un Levi’s et d’un jean H & M, c’est le coût de la distribution".

Pour favoriser la réindustrialisation de la France, l’entrepreneur propose aussi de mieux orienter la commande publique vers le made in France, de réserver les aides publiques aux projets "verts" et de réhabiliter les métiers manuels, en commençant par changer le nom du ministère de l’Enseignement supérieur, qui laisse présager que les métiers manuels seraient "inférieurs".

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