Loire

Métallurgie

L’UIMM Loire s’attaque au déficit de main-d’œuvre en investissant dans l’extension de son centre de formation

Par Gilles Cayuela, le 03 juin 2022

Avec plus de 2 000 emplois à pouvoir dans la Loire et dans l’arrondissement d’Yssingeaux (Haute-Loire), la métallurgie est une filière sous tension. Pour pallier ces problématiques de recrutement, l’UIMM Loire a décidé d’augmenter ses capacités de formation.

Philippe Rascle, président de l'UIMM Loire.
Philippe Rascle, président de l'UIMM Loire. — Photo : Gilles Cayuela

Hausse des prix des matières premières, des coûts de l’énergie, des transports et des emballages, pression sur les salaires imposée par le gouvernement… L’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) Loire s’attend à une année 2022 difficile pour les entreprises. "Et pendant la crise du Covid, les entreprises n’ont pas embauché et remplacé les départs à la retraite. On se retrouve donc avec une hausse globale de l’activité mais un déficit de main-d’œuvre", ajoute Philippe Rascle, le président de l’UIMM Loire.

Dans le département, la métallurgie, qui représente 1 080 établissements et plus de 22 000 salariés, manque donc cruellement de bras. Selon les chiffres compilés par l’UIMM Loire et ELO (Emploi Loire Observatoire), 2 080 emplois sont à pouvoir dans la Loire et l’arrondissement d’Yssingeaux (Haute-Loire). Soit 21 % de plus qu’en 2021. Problème, 85 % des établissements pourvoyeurs d’emplois sont confrontés à des difficultés de recrutement "faute de candidats ou de candidats possédant la motivation et les compétences nécessaires".

10 millions d'euros dans une vitrine technologique

Pour tenter d’apporter une réponse à cette pénurie de main-d’œuvre, l’UIMM Loire a décidé d’augmenter ses capacités de formation en investissant près de 10 millions d’euros dans l’extension de son Centre de Formation des Apprentis de l’Industrie (CFAI), à Saint-Étienne. Prévu pour la rentrée 2024, ce nouveau centre sera situé à quelques encablures de la Cité des Entreprises, sur un site du Forum du Technopole laissé à l’abandon. "Il devrait nous permettre de former 300 à 400 alternants par an qui viendront s’ajouter aux 1 100 actuels et de répondre un peu mieux au besoin des entreprises. Actuellement, en prenant en compte toute l’offre de formation privée et publique dans la Loire, nous parvenons à peine à couvrir 80 % des besoins des entreprises", développe Philippe Rascle.

Ce nouveau centre de 5 400 m², dont 4 600 m² dédiés à la formation (avec 1 400 m² d'ateliers), sera doté de machines, robots et lasers dernier cri. "L’objectif est d’en faire aussi une vitrine technologique pour donner une autre image des métiers de la métallurgie", précise le président de l’UIMM Loire.

Promotion des métiers

En parallèle, l’UIMM Loire poursuit son travail de longue haleine pour redorer l’image des métiers de l'industrie et attirer ainsi des jeunes et des personnes en reconversion. Un public "de plus en plus important depuis la crise sanitaire", constate Philippe Rascle.

"Nous investissons chaque année des centaines de milliers d’euros dans la promotion des métiers avec l’organisation de nombreux événements. Et depuis l’année dernière (mars 2021, NDLR), les entreprises ont la possibilité de verser 13 % de la taxe d’apprentissage à une nouvelle association, l’APMI (Association pour la Promotion des Métiers de l’Industrie), qui œuvre pour la promotion de nos métiers. Cela nous permet d’injecter des dizaines de milliers d’euros supplémentaires dans ce travail de fond", conclut Philippe Rascle.

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